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Full text of "Le saint Rosaire [microforme] : guide des fidèles"

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Collection de 
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(monographies) 




H 



Canadian Instituta for K'storical Microraproductioni / Institut canadian da microraproductions historiques 





• !• 





Technical and Bibliographie Notes / Notes technique et bibliographiques 



The Instilute has attempted to obtain the best original 
copv avallable for fllmlng. Features of this copy which 
may be bibllographically unique, whIch may aller any of 
the images In the reproduction, or whIch may 
signifirantly change the usual method of lllmlng are 
checked below. 





D 

n 

D 
D 

n 

D 
D 
D 



Coloured covers / 
Couverture de couleur 

Covers damaged / 
Couverture endommagée 

Covers restored and/ .r laminated / 
Couverture restaurée et/ou pellicutée 

Cover title missing / Le titre de couverture manque 

Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations / 
Planches et/ou illustrations en couleur 

Sound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 



Hyl Tight binding may cause shadows or distortion 
— along mterior margin / La reliure serrée peut 

causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 

la marge intérieure. 

I ] Blank leaves added during restorations may appear 
' — ' within the lext. Whenever possible, thèse hâve 
been omitted f'"om filming / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, métis, lorsque cela étéut 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 



L'Institut a microfilmé le meilleur examplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plairp qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode normale de filmage sont indiqués ci-dessous. 

I j Coloured pages / Pages de couleur 

I i Pages damaged / Pages endommagées 



n 

n 













Page? restored and/or laminated / 
Pages restaurées et/ou pelliculées 

Pages discoloured, stained or foxed / 
Pages décolorées, tactietées ou piquées 

Pages detached / Pages détachées 

Showthrough / Transparence 

Qufility of print varies / 
Qualité inégale de l'impression 

Iricludes supplementary material / 
Comprend du matériel supplémentaire 

Pages wholly or partiaily obscured by errata 
slips, tissues, etc.. hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc. ont été filmées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
image possible. 

Opposing pages with varying colouration or 
discolou rations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposani 
ayant des colorations variables ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



O 



Additionat comments / 
Commentaires supplémentaires: 





This ittm is 
Ce docume 

lOX 


filme 
it est 


d at t 

filmé 


lie réduction ritio checked below/ 
au taux de réduction indiqué ci-dessous 
14X 18X 




22X 








26 X 








30X 






1 


















y 






























f 






t2X 








16X 








20X 








24 X 








28 X 








32 X 



Th* copv filmad h«r« h» bmn rsproducad ihank* 
to th* s«n«ro(iIV of: 

National Library of Canada 



L'*x«mpl«ir« filmé fut reproduit grict À la 
générosité dé: 

Bibliothèque nationale du Canada 



The imagu «ppéaring h«r* «r» thé beat quality 
poaaibla conaidaring tha condition and lagibilitv 
of tha original eopv and in kaaping with tha 
filming contraet apacificationa. 



Original copiât in printad papar covara ara filmad 
baginning with tha front covar and anding on 
tha laat paga with a printad or illuatratad improa- 
tion, or tha bach covar whan appropriata. AH 
othar original copiaa ara filmad baginning on tha 
firit paga with a printad or illuatratad impraa- 
(ion. and anding on tha laat paga with a printad 
or illuatratad improasion. 



Thé laat racordad frama on aach microficha 
shall contain tha lymbol -^ Imaaning "CON- 
TINUED"). or tha lymbol 7 (maaning "ENO"). 
whichavar appliaa. 

Mapa, platat. chartt. atc, mav ba filmad at 
diffarant raduction ratio». Thoaa too larga to ba 
antiraly ineludad in one aipoaura ara filmad 
baginning in tha uppar laft hand cornar. laft to 
right and top to bottom. ai many framaa as 
raquirad. Tha following diagrama illuatrata tha 
mathod: 



Las imagas suivsntas ont été raproduitas avec la 
plus grand soin, compta tanu da la condition at 
da la nattaté da l'axamplaira filmé, at an 
conformité avac laa conditions du contrat da 
filmaga. 

Laa aaamplairaa originaux dont la couvartura an 
papiar aat Imprimée sont filmés 9n commençant 
par la premier plat at en terminant soit par la 
dernière paga qui comporta une empreinte 
d'impreaaion ou d'illustration, soit par la second 
plat, salon la cas. Tous laa autres exemplaires 
originaux sont filmés en commençant par la 
première pege qui comporte une empreinte 
d'impreaaion ou d'Illustration et en terminant par 
la darnièra paga qui comporta une telle 
amprainta. 

Un daa aymbolaa suivanta apparaîtra sur la 
dernière image da chaque microfiche, selon le 
cas: la symbole — » signifie "A SUIVRE", le 
symbole V signifie "FIN". 

Les cartaa. planchée, tableaux, etc.. peuvent être 
filmée i des Mux de réduction différents. 
Lorsque la document eat trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé é partir 
da l'angle supérieur gauche, de gauche é droite. 
et de haut en bes, en prenant le nombre 
d'imegea nécessaire. Les diagrammes suivants 
illuatrant la méthode. 



1 2 3 




1 


2 


3 


4 


5 


6 



MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART 

(ANSI and ISO TEST CHART No, 2) 




_^ APPLIED irvMEE Inc 

^5^ '6'- East Main Streel 

=^= Rochesler, Ne* Torl. U609 USA 

■— ^ (716) -182 - 0300 - Phone 

^= [7!6) 288 - 59S9 - Fo« 



s III de c/cs ficic/cs 



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M O iV T I ,' E A L. 



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) 




Nos cum proie pia benedieat Tirgo H«iit. 
Qu' avec son tendre fils la vierge Marie nous bénisse. 



PÈRE J. HARPIN 

DOMINICAIN 



LE SAINT ROSAIRE 




Gnide des fidèles 



MONTRÉAL 
IMPRIMERIE DES SOURD3-MUETS 

1916 



.. \\îi.\'iih 



l'KHMIS DIMPKIMKK : 

It'r itiiit l'JICt. 



VU. AM'IIONSK I..\N(iL.MS. 

Prufinvial din Frùrcii-l'rtcluuni. 



IMI'KIMATUK : 

15 août 191C. 



* DANIEL rKEHAN, 
Evêque de Fall River. 



0U1I36136 



Al X fh>i:M':s dk makii;. 



"/,( lldxairc eut lu iiicilli lire maiiiirc île prier, 
|i u\ii i|ii.' vous sachiez le dire connue il l'iiiit ; et, 
I«iiir y |i;ii vitiir, iiruciirer-rdun ijHeU)ue pelit lirre 
(jiii Iriiile (/, 1(1 iiitiiiiiri 'e le rieiter." S. l''riuiei)is 
<lr Siili's. Inhod. ù i;i vie dévote: secofKh' partie, 
.•II, I. 

''( //i/// // ■, le miei. ^^a cotistaiitc prtwMX'iipa- 
lion en ri'crivanl a l'Ii'' d'être le plus clair et 
le plus exact possible. Qu'on veuille doue le lire, 
el peser niiiijneuaemeiil ' n i iineiquemeiils qui y 
xoiit lionnes. Us nous luient surtout i\o. lic'oii 
XIII ipii ponnait ètri' a|)peli' le Jlocteur du Rosain-, 
tant il s'a[)pli(jua <à découvrir et à louer les beautés 
de celte fleur de dévotion dont la tige jaillit des pro- 
fondeius mêmes du tlognie catholiiiuc. 

Jic Pape l'ie X estima que la tâche de son pré- 
décessem- étant parfaite, il ne pouvait y ajouter que 
du eôl(' des iiididgences. C'est ce qu'il fit avec ime 
libéralit(' dont la piété des fidèles ne saurait trop lui 
être reconnaissante. 

J'ai appuy(' fortement sur le Rosaire, comme mé- 
ditation ou contcmi)lation, afin qu'on le vît d'aborà 
sous son aspwt le [tlus saillant, dans e(; qui en cons- 
titui> l'âme même, [tour tout dire. 



i .->• 






LE TRES SAINT K0>A1RE 



NOTIONS PRELIMINAIRES. 



Si vous saviez i.v. don m-: ^Farir ! . . . 



"Dr tncmc qu'on ne peut aller nu l'ère que par 
"!e Fils, ())( /((' jirut arrirer au Fils que par sa 
'■Mère." ' 

Voilà résiiim' en deux lignes par Léon Xlfl, le 
lôle (le lii Sainte Vierge en ce qui regarde notre 
salut : nous ne nous sauverons que par elle. Ij(> tilre 
de .lA\i-\ Cd-.r.i — l'oiiTK DU Cinr. — sous lequel 
nous l'invoquons, est vrai à la lettre. Si nous n'y 
allons pas par .Marie, — Dieu l'a ainsi réglé — le 
Ciel demeure et demeiireni irrévocablement fermé. 
Sa Mère, il a daigné en faire la nôtre; et, du com- 
mencement iiis(|u'à la fin do notre vie, nous ne 
pouvons être vis-à-vis d'elle, dans l'ordre surnaturel. 



' Quô modo a<\ summum Patrcm nisi per Filium, nemo potcst 
accedere, it;i ferè ni^i per Mariam accedere nemo posait ad 
Christum. Octobri mense., 22 sept. 1891. 



que de faibles enfants. Il avait bien vu, le poète, 
quand, s'adressant à Marie, il l'crivait : 

"Je suis un vieillard, mais je suis ton enfant." 
Toujours, en effet, aurons-nous besoin de sa main 
pour nous guider, comme de .son cœur pour réchauf- 
fer le nôtre, l'orienter du côté de Dieu et de la 
vertu. 

Cette vérité est mise en particulière lumière dans 
le culte catholique qui fait à Uinie. une part telle- 
ment prépondérante qu'elle semblerait à un regard 
superficiel, empiéter sur les droits souverairis de Dieu 
même. 



Part de jM.irie d.\ns le Cur/n-, Catholique. 



Dans le cours de Vannée, fingt-qualrc frtcs rap- 
pellent les radieux souvenirs de sa vie pleine de 
grâce, et les éclatants témoignages de l'amour qu'elle 
porte à ses enfants. Sur les douze mois, deux — le 
mois de mai et le mois d'octobre — lui sont consa- 
crés ; cela, non pas d'une façon nominale, mais par 
des prières publiques et solennelles. Chaque se- 
maine, un jour lui est dédié : le samedi est le jour de 
Marie, comme le dimanche est le jour de son Fils. 

Ti'année, les mois, les semaines lui ayant apporté 
leur si riche part d'hommages, il ne restait plus que 
les jours fissent de même. Aussi, chaque jour. — 
et, trois fois par jour — du beffroi de la majestueuse 
cathédrale, comme du clocher de l'humble chapelle. 



les cloches s'('l)iiiiilt'iit poiii- convier l'Eglise à se 
|ii-o.st('riiiT (Icviitit !;■ tiôiio de la Vierge, en lui ré- 
citcUlt l'iUKjilun. 



IjV. Tiiii'Li; EMiiLÈMr': de la Piéti'; knvkrs ^NIarie. 

TiC liûsdirc est devenu la iirUrc par excellence, 
ayant sa fête à liait et des plus solennelles. Enri- 
chi d'indulgences sans nombre, il constitue, après 
Il Sainte Mess(>. le plus puissant secours de l'Eglise 
Souffrante du l'urgaloire, parce que c'est la prière 
officielle de V lUjline à Marie. 

ln' ncapuhtire du Mont-Carmel est le premier des 
seapulaireh et a aussi sa fête propre, parce que c'est 
le scapnlaire de Marie. 

De toutes les médailles, la Médaille Miraculeuse 
est la première, avec fête spéciale encore, — con- 
cédée le 10 juillet ]S94 — parce que c'est la mé- 
daille de Marie. 

"llji triple lien se rompt difficilement'-" dit l'E- 
criture ; Ilosairc, Scapulaire, Médaille, voilà le triple 
lien qui unit le Cœur de la ^lèrc au cœur de ses 
enfants. 



Maiuk, T'iiiîMiKii ^Ministre de Dieu au Départe- 
ment DES Grâces. 



Pourquoi donc ce déploiement vraiment extraor- 
dinaire du culte de Marie, lequel — comme dans le 

• Funiculus triplex difficile rumpitur. EcctisiASTi, IV, 12. 



■ — 8 — 
l?os;ii.v oh ,,o„s n',.i(„„s ,Uk Avr contre un Vntor - 

Tn ''''n- ''''''^'"''■, "'" ^''"^ '"'-'"^■""^ "" «econd 
!■ • Dkmi a voulu nous rn|.,,.-lor par cette clo- 
"" '"«• leçon ,1c choses, que toutes 1rs qrûccs sont 
< -njv .V..* nuuns, ,,u-cllc est son vmmer y,hmtrc an 
dcpurtnncut^ de sa Miséricorde, ' et qu'il est double- 
ment honore quand il Test dans sa Mère Dès lors 
SI les pratiques de piété en l'honneur de I\rarie ont 
l'n ranff einineniment à part, c'est qu'elles .ont l'ex- 
prcssion de son rôle unique et ,.rovidcntiel dans 
œuvre de notre salut, lequel lui est d'autant plus 

n?oï,i?i ^"'""'p''!'?. ''«"^.^'■endre à l'excellence 
s. ns pa.allele que l'Eghso revendique pour le Ro- 



Le ViîAi CijRKTiKN Reçoit Marw. chez Lui. 

"eShÏ'f "'^'" ^.'"■'^^' """^ "« P"uvons.nous 
"X eÏe, r' T° ' '°"'' '<^^ ''""■^'•■^« Paroles 
" ment r " " "°'!' '" '"'^^'^'''^ «°™me en tes- 
tament : ]o,ci tolrc mère - S. .l,an, XIX 27 

1 OMS nos vœux seront comblés, si tous les fidèles 
on .sonnais rien de plus à cœur que le eu " 

•• en c o', ''.""/'^"t '-^''P'i'l-^- « chaque chré- 
tien, te que saint -lean a écrit de hii-m .me ■ Le 
disciple la re<:ut chez lui." VuGUSTissml io 

sept. 1897. '4U(^usTissiM/E., 12 

1 sept"ï^r' "''"'"'^'^'' en.ti.ru.. Léon XIII, Su..«EMr., 



L'Eglisi' naissiinto, à rexomple du disciple bien- 
aimé, iirit Mnric chfi cUc. "\ia VicrK»' ilcvcnue sa 
"intTc iidoptivf, iii soutint luluiiniblcnicnt les com- 
"Mii'ticciiicnts (lilTicilcs, par lit saintotô de ses excm- 
"plt'K, l'iiulorité de ses conseils, Ui douceur de ses en, 
' coui-iifienieiits, l'efricacité de ses prières. Après 
"avoir été la Cooiiérati-ice de la lîédemption des 
"lioiiiiues, elle est devenue aussi — et pour tous les 
"temps — par le pouvoir prcscpie illimité qui lui a 
"été départi, la dispcnsatri^'C de la piraee qui découle 
"de cette lîédemption." Ad.tuthicf.M., r, sept. 189"). 

"Telle est la f,'randeur de Marie, si jwissante est 
"la faveur dont elle jouit auprès do Dieu, que ne 
"pas recourir à ell(> dans s.'s besoins, ce serait vou- 
"loir, sans ailes, s'élever dans les airs." AuousTIs- 
sim.t:., 1-2 sept. Ifs'.)7. 



T,r RosAiiii;, rniiT.r; OFFiciF.r.LK nF. l'Eglise 



\on contente de la rccrroir citez elle et de lui 
faire dans son culte, la part prépondérante déjà 
mentionnée, IT'.Klise veut que tout fidèle reçoive 
aussi la Sainte Vierge ehez lui; qu'il place en elle, 
la confiance et l'amour dus à la meilleure mères; 
qu'il voie dans le Eosaire, cette toute . .lable et 
p- , -ieuse fornude d'étiquette divine qu'elle aime à 
trouver sur les lèvres de ses enfants, quand ils se 
présentent devant son trône, pour solliciter l'obten- 
tion des prâces dont elle a été constituée l'auçuste 
gardienne et dépositaire. "Le "Rosaire nous conduit 



— 10 — 

Tie X' /,; Pape de V Euchamtie, aurait-il nn ir. 
vaillcr de façon si efficace à restaurer ê r'hnlf 
sommet de la vio chrétienne, nuï c des enfaï f "" 
a conH>,un,on fréquente, si Léon XIII /" Pa //l 

et^dë'le «! '' f'=^»^^™ais d'aimer réellement Dieu 

».on particulière de la ProvSenc!' i£' on ^^Tn' 
separables dans l^Vonomie de la ffrlcc e de nn 
-lut, qu-ds le sont dans l'ordre de la naîme " 

, ^_,ï^y"cintlic, dominicain polonais, fuyait devant 
les Tatars qm venaient de s'emparer de h v^lllde 
iMev, en 1240. Portant le Saint Sacrement i ran 
cl..ssait la balustrade du sanctnau-e, quand il en en" 
dit une vo.x d'une douceur ineffable, qu sen bS 
venir d une statue de la Sainte Merjre Sérée d ns 

Fus. EmportcnwK" Comment soulever u^ pare 
POKS, se demandait le saint, en regardant l'S 
d albâtre couronnée d'or, présent du duc VhSfr 
Mais sans effort, la main du serviteu doaitT,u' 
levait la statue, et les eaux du Dnieper se / îsa ent' 
ïS/^LS^-^ '^ --- ^-^ -Sr eî . 
Durant notre court séjour sur la terre, harcelés 



— 11 — 

el pressés de toutes parts, par le mal, appliquons- 
nous lu parole adressée à Hyacinthe : Emporlc-moi. 
Oui, emportons — non plus dans nos bras — mais vi- 
vante dans notre cœur, la virile tendresse de ces 
deux amours de la Sainte Vierge et du Saint Sacre- 
ment qui sauront assurer notre fuite de l'enfer, et 
guider notre course vers la paix de l'éternel bon- 
heur. 



L'homme s'ajitc et Dieu te mène, dit un pro- 
verbe N'eus pouvons ajouter que la prière, à so-i 
tour, mène Dieu, en ce sens qu'il s'est engagé à se 
rendre aux supplicii'ions qu'on lui adresse. Quand 
ces supplications lui viennent de sa Mère, elles lui 
sont irrésistibles. Marie est, en effet, la Toute-Puis- 
sance Suppliante, — Omnipotevtia Supplex — et 
elle n'est jamais mieux amenée à remplir ce rôle 
que par le Rosaire, sa prière préférée. La Véné- 
rable Mère Hallahan, religieuse dominicaine, disait 
des grains de son rosaire: "Ce sont les b'^'ilets de 
oanon de Notre Dame" ; et en réalité, elle 3S avait 
vus abattre plus d'un formidable ennemi, pulvéri- 
ser des obstacles humainement infranchissables. 
C'est contre le mal, l'arme des victorieux, parce 
que c'est l'arme de la Reine de la Victoire. 



Les titres du Rosaire ont été proclamés avec des 
accents incomparables par un Pape qui incarna sur 
la Chaire de Pierre, la piété des âges pour la Vierge. 
Sous la plume de Léon XIII, c'est toute une litanie 
d' excellence qui jaillit à la louange du Rosaire ; 



— 12 — 

'•dont Marie, fut laideur et la mattrtsse ; Vexcrcice 

"(le ptèté le plus utile; la formule de prière la plus 

"Umeluinle et la plus eifieace; le mode idéal de sup- 

''pl-xatu,„: Ir moyen assuré d'attirer la clémence 

'divine; la prière incomparable et d'efficacité sou- 

"veraine; l'arme inrincible contre les ennemis de la 

"foi; la prière toute belle et toute féconde; le ré- 

"sumé du culte dit à Marie; le moyen sans 'égal de 

'mériter sa protection et ses grâces; le 7ioblc cm- 

blcine (le la piété chrétienne" ' 

Inspir,' par lo môme vibrant enthousiasme ]e 

■Souverain l^o ntifo Benoit XV i^crit au oèrc Becchi, 

' ■■ ""■''.'''n'oor'''"' '*'""''■"' christianaj pietatis. Superiore., 30 
âout loo4. 

.. summa cKhiti Xtariœ cultûs, Octobri., 22 «ei t 1891 

.. bellicum instnimentum ad hostfs fidei debellando. prœva- 
lidum. Ibid. 

■■£r:tsopt™Î8"9^"''"' """ ''''- p^^^^p*^- 

■ • CUJU8 Xlaria inventrix el magistra. LMTniJF.., 8 sept. 188:^ 

.. optimum priesidmm diviniB propitiandae clementise. Ju- 

.. cuNDA., 8 se^jt. 1894. 

• . aacratissimâ prece et saluberrimae virtuti». Ibid 

.. siipplicandi gcmi-i pra-stantissimum. Diuturni., S sept. 

.. probatiasima et piissima precandi formula. Ub; primum., 
2 oct. 1898. ' 

.. saluberrimum pietatis of'icium. Ibid. 

. . de variia diyin,-e Matris lormulis et rationibus, Rosarium 
nominatim indicnre placet. Octobri., 22 sept 1891 

. . per admirabilem Rosarii orandi ritum, splendidissimus Dec 
exhihetur religionis cultus et plena fidei christianœ con- 
ffssio. Inteb., 11 sept. 1887. i 

.. hoc vero munus (conciliandae nobis divinœ gratiœ) in t 
nulle fortasse orandi modo tam p^tci. expressum quam in i 
Rosario. Jccunda., 8 sept. 1894. ^ n • 



— 13 — 

I,' 18 s(|)!.'iiil>ii' l'.M."); ■■()\H' le juMinlc cliiVlicii licii- 
•■|ic i>:n\i- cfitiiiii ipi'" ''■ /''"■'""''■'' '■"' '" /''"•' f"'"'' /'/''"■ 
••(/(• /)/'('/(■ hii.niiuir, ht plus /('iiiiulr fKiiurc ilc.i ijrAfi-H 
"(('•If si m." 

Pour aec;'iituer oiu oro (Uiviinhifje ce (■iiiiictt''rp d'ex- 
colleiK'e et coiisiR-ror jiis(|iU' dans le liiiitiiiHc usuel, 
un piivilèf,'!' unique de grandeur, \'K(.iUsc interdit de 
déxitiner lotit atitre ehapriet , sou.i le nom de Ba- 
sai re.^ 

('"est donc iiit ii.;»l réserté, iniili('riid)li', tout coiii- 
ine le rôle niédiateiu- de Marie dont il est l'exiire,,- 
siou : de même qu'il n'y « '^«'«11^; yi<'rfj<^, " »'?/ " 
qu'un Rosaire. 



]jU lîosAiiiK ivr i.A C'(iN( ruHKNci:. 

Au temps du Tape HenoifXlIU, les fidèles non 
contents de bénéficier des avanta<,'es attachés au 
chapelet de sainte Briffitte, s'avisèri'nt de l'opiwser 
au Rosaire. C'était ijrovotpier \in rappel à l'ordre 
de la part du Chef de l'Eglise. En effet, le 1.'5 avril 
1726, le Souverain Pontife ajoutait au Rosaire, au- 
tant d'indulf,'ences que pouvait s'en prévaloir le cha- 
pelet de sainte Brigitte. La piété se trouvait ainsi 
ramenée au sens de la niesiuv. 

On se rappelle que tout récemnient encore on 
faisait une réclame aussi bruyante qu'indiscrète au- 
tour du chapelet des Croisiers, dévotion utile, à con- 

1 . . nec aliaî coronte cujusvis furmie, Rosarii nomine appel- 
lentur. U»i ppimcm., 2 oct. 1898. 



— 14 — 

0» wu „„,„ „„„„ „.',:',;;,;;;:, „•;;';;• ;[;; 

"Ht aux associés du lîosaire de kiner I f ' ' 

8 attendre à ce qu'elle en laisse impunémer^t «m 
mer ou bouleverser l'ordre an ;™P"°'^'"^'^'. rema- 
l 'heure. ' ^"^"^ "^^^^ caprices de 

iom'ltt^'^^ "^"^ '"^^'^"^ '''^ •''''» pénibles réflex- 

r„ni.::ï^itrrDr*drR^"^-'^^^^ 

que la ATère do dÏ" Ml -'"'"'■^' '" ^^^'^ ^^ <=« 

-sus.cbns:^;aSrf:;ï^r,s;^aS:ï^^ 



— 15 — 



IJipsMiir, KT N(iTi!i;-|).\Mi'. l'i; I,nriii>r.s. 



C'est le 1-2 iivril 1840, '-n,' le Vive Lacoidiiiic ré- 
liil)liss;iit l'Onln; des Fièn s l'iêelieiiis en terre de 
Fniiiee <|ui avait t'Ié son licireiiu. Le Hosaire y 
rentrait avee lui. 

En IHôiS, à Jiourdes, non loin de rroiiille où le 
hienlieureiix |ière l)oniini(|nc avait excrii' de pré- 
IVrenee, son fécond apostolat, une jeune fille de 
quatorze ans vil tout-à-eoup se dress-r devant elle, 
une ap|)arilion d'une ineoniparal)le splendeur. 

.\u milieu d'un iiuaije couleur d'or, une dauic 
"jeune et l)elle, liellii surtout connue je n'en avais 
"jamais vue, vint se placer à l'entrée de la grotte, 

"au-dessus du buisson Klle avait l'air d'une 

"jeune fille de seize ou di.x-sepl ans. Elle était 
"vétiKî d'une rolie blanche serrée à la ceint\ire par 
"un ruban bleu {.'lissant le long de la robe. Sur la 
"tête, un voile également blanc et laissant à peine 
"apercevoir ses cheveux, retombait jusqu'au des- 
"sous de la taille. Les pieds était nus, mais cou- 
"verts par hs derniers plis de la robe, si ce n'est à la 
"pointe où brillait sur chacun d'eux, une rose d'or. 
"F;ile tenait à son bras droit, un chapelet à grains 
"blancs, dont la chaîne d'or était luisante comme les 

"deux roses des pieds \ussitôt elle me regarda. 

"me sourit et me fit signe d'approcher comme si 
"elle avait été ma mère." Paroles de Bernadette. 
"Ije premier jour de l'apparition, elle ai)prit à 
"l'enfant à faire dignement et pieusement le signe 
"de la croix, et, prenant dans la main, le chapelet 



— ir, _ 

I '" ' M III 11 •. :i h, Il cil:,!,,,!! ilii Silni P 

<•'' nu .'lli. l'Ii . >.lllil lios.iirc ; 

' ' '" 'I l'Ole ;lll 1MI11-- I 

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::7";.-" :..':^^.!:::si;:''!:';;:::;''''';r'"v;^'''' 

..^:'\v.>/.i.,,,.,,,,,,;,,,:l';^ ■;-■'.- f.i.- 

.^/l'iv. \|| • j .., , •^""' ' l'iv, notre 



«S:ï.s1';-s:;--~.^ç.„. 



— 17 — 



,„„, t.,nv il.- ivsmivc'tiim. On lu- m> in.'pnt ps sur 
I,. wi.s .I.H visiirs ,U- Mmi.' à la voyiiiiti" : n,n. conmio 
VK-nt ch- !.• .(iiv Mur «l'ilulst. "/^i. /*»"/,.« «...i.iif 
Dicorc imisiiii'il iiniis niroljiiil <'i vii .\/i n." Aprt's 
iivnir .ii"r MM ■ s(.in|iliwus(. biisilicuu- il lil «loU"' '1'' 
||m,„„nil.'- I niuvi.lioii, h \nr\r .!.■« fi.lM.'S voulut 
...nstruin. iiu |.i.Ml <lu n>cli-i- .if^' iiiin\clos. une so- 
(•(lidf .'r'Iisc plus vasi.. .'n.M.iv t\uv lu piVMil.'w : 1 c- 
f;lis.' .lu lt.)sMirv. /.' l'Iii" '""" l>nnl<'',ir ''<' Af^ric 
,i< lu.itrnit rtrr rrirhrr .liiim iu,„l ./».• /«ir M /''"" 
l)(7/c prlirr. 

('..(tf iiiihuv iMMilfVtMsrf, ros n'-.'i"iis pleines (W-î- 
fn.i d" Mii>*salM.'ll.- oii I,- .li'Mion vwvc-.ùi juscpu'-là un 
.■.liiU).'.' cinpiiv, vil I. pi.Ml .1.' rinuMiiculcV ."ci-ascr 
oncoiv un,' lois U t.'tr du S.Tpcnt. I.à où avaient 
retenti les l.luspiiènics ,1c IKnler, ueeourront de tous 
I..S points du monde, des multitudes immenses qui 
lil béniront comme elle n'ii jiimais ('li' l.c'nie. Et 
c'est au murmure ilu Rosaire ('veillant dans les airs, 
des échos du Ciel, (pie Marie de-eend encore nu- 
i(,ura'hui dans la J.'rotte 't y iiiodiuue aux âmes 
comme aux corps, les faveurs sans nombre de son 
auguste et maternelle bon.e. 

Tjéon XTTT, arrivé au ternie de sa lumineuse et fé- 
conde carrière, et ipii avait tant fait pour restaurer 
dans l'univers oatliolique, le culte du Tîosaire, salu- 
ait en termes émus, dans son encyclique TaiîTA ttu- 
MANO r.i-.NElU., du 7 septembre 1001, la consécration 
de ce nouveau sanctuaire, comme la spicndide ima?e 
matérielle de cet autre monument — immatéi , 1 
celui-là — qu'au prix de loups et patients efforts, il 



— 18 — 

VnlTXi^'^'l^' ■^^''"'' ° ™"» ^'"^ Immaculée, 

Vous, blanche a travers les battements d'aik^ des anrr.. 

Qu. iK.sez vos pieds sur notre terre conso"." ^ ' 



Le Pape, comment a-t-il été obéi? 

A vingt-trois reprises différentes, ' Léon XIII 
avait elevei.i vo,x j.oiir montrer ,kns cette dévotion 
In pn.rc du parUadur, la prurc de la famille là 
pnere de la société, la prière de V Eglise InUèrc: Il 
m se contenta pas de la recommander, il ordonna en 
vertu de sa suprême autorité, que chaque chrétien 

evient "tV ?"■ '"'''T '''"'"""'""• -^"i ^"'^ '"i 
revient II est inoui, dans Tliistoire de l'Eglise 

qu_un_-^apo^nt jan.ais parlé et écrit pour „nf dé-' 

ficaulf" pnr ordre de date, ces vingt-troi, documents ponti- 

1883, Sept. 1: Supremi. 

1883, Dec. 24: Salutaris. 

1884, Août 30: Superiore 

1885, Août 20: Inter 
i^' Dec. 22: Quod auctoritate 
™6, Acut26: Post éditas. 
J886, Oct. 31: Piu volte. 
;i^,' ?^P'- " ■ ^"t" densas 

;S ^""^ ^- Diuturnis, 
1^-;^°"'"^ Q"'in,quan,. 
1890, Oct. IS: Dali -alto 



1891, 

1892, 

1693, 

1894, 

1895, 

1895, 

1897, 

1898, 

1898 

1899, 

1901, 



Sept. 22 
, Sept. 7 
, Sept. 8 
Sept. 8; 
Sept. 5 
Sept. 20: 
Sept. 12 : 
Sept. 5: 
Oct. 2: 
Août 29: 
Sept. 7: 



: Octobri. 
; Mpgnii. 
: La»ùise. 

Jucunda. 

Adjutricem. 

Fidentem. 

Augustissimœ. 

Diuturni. 

Ubi primum. 

în eâ. 

Parta. 



— 19 — 

votion, oomme Léon XIII devait le faire pour le 
Rosaire. A-t-il été compris? A-l-il été obéi? A 
([uoi ont abouti ces efforts persévérants, ces accents 
juessants du Chef de l'Eglise, si touchants et si 
éloquents échos de l'apparition virginale de 
Lourdes? A une magnifique floraison de piété pour 
Marie, d'une part, tandis qu'ailleurs, — c'est lui- 
même qui nous en fait la confidence attristée — "la 
semence de la divine parole, à raison de la dureté 
des cœurs, était piétinée et étouffée. 

Elle se heurta, faut-il dire, à l'indifférence, à la 
légèreté, au parti pris, à la vanité, à la paresse d'es- 
prit qu'effraye l'effort réclamé par un instant de 
méditation, au prurit du nouveau. Toutes ces peti- 
tesses bousculées par les appels vibrants et vigou- 
reux, tombés de la Chaire de Vérité, se liguèrent 
spontanément pour opposer au Rosaire, une résis- 
tance qui devait aller jusqu'à prendre les allures bru- 
tales de la révolte : "piétiné et étouffé" selon le mot 
de Léon XIII. 



Le Rosaire et h\ Routine. 



Dans notre pays, on n'alla certes pas jusqu'à a- 
dopter cette déplorable attitude, mais, il y eut aussi 
résistance, la résistance d'inertie: on fit la sourde 
oreille. Tout en tenant compte des efforts tentés 
et des magnifiques progrès réalisés, il faut recon- 
naître que le Rosaire est encore loin d'avoir parmi 
nous, la place qui lui convient, et, de droit, lui re- 
vient. La routine est son pire ennemi, et elle est 



20- 



.■ostée mahrosso .1„ ,o„,,in dans une mesure qui 
.- >. <.,.nn,uno ,lo vous fai.o entcnd.o qu I iS 

4m' i:^;;'?'M- réussi .iav;i,ta,,A^.W 

on .,0 cl,a.,. "on pas r W ' "''r^'"^""*' '^^ ' ' ' 
'lo'-'i'H <. la d vo(i„n t r*"' '''"'^''''''^ '''^"^ ''' 



LlO ROSAIR,. KT LA FArsSE SPiniTL-ALITlC. 

.votions for ô es '•■'■'''' '?"--^"""^"<^« ""x <1i- 
"liso- yj' ■ ^^''^''PO'-iqnos, imp.'.riousos de l'E- 

^ii-so, s oxconimiiniant ainsi do n'u.^ ,^,-^f i 

STiicos ronrôs-nt,!o „ '""-^ /" f<'l(>^ Jirofusion de 
In Pnc ' T ''■" ''' '"'1ère catJioliqne à AHrie 



— 21 — 



dans les offices pul)lics du culte. Elles u'ont peut- 
être ius(iu'à se considérer néanmoins comme pla- 
nant d.ins les hauteurs de l'union à J)ieu et favori- 
sées d'états d'âme extraordinaires. N allons pas 
accorder trop facilement créance à ces ascensions. 
Quel est le confesseur qui n'a pas été aux prises 
avec cette spiritualité inquiète qui décore du nom do 
direction, un débordement de verbiape dont les li- 
<.nes fuyantes, décousues, tourmentées semblent 
plutôt révéler la nature chaotique d'un cauchemar 
qu'ii'i phénomène de prâc?. 

].a véritable piété à Marie, celle des dévots du 
Rosaire, n'a pas de ces exaltations fébriles, de cette 
loquacité intempérante des âmes vides. Elle est 
simple, autant que solide et profonde: c est son 
caractère distinctif ; elle n'attire pas autrement 1 at- 
tention. Elle n'a pas de c?s problèmes insismfiants 
autant qu'enchevêtrés et tapageurs dont est prodi- 
gue la piété de surface. C'est qu'elle va à Dieu, non 
par un chemin à elle, mais par le chemin de 1 obéis- 
sance à l'Eglise, simplement, à cœur ouvert, en 
droite ligne, à l'exemple de sa ^lèro qu elle prie. 
Voilà le secret de sa tranquili.. comme de sa force. 



I 



T,F, Ro. ..(liF. ET LES Petites Dévotions. 

\ la place du Rosaire qui devrait être si bien con- 
nu si cher à tout cœur catholique, on a voulu 
ad()pter de petites dévotions, de petits exercices qui 
ont été approuvés il est vrai, mais pour une certaine 
catégorie de personnes seulement. Chez ceux qui 



-Si 



— 22 — 

S "ïïïâ^':,rS«« clans , es voies c,e 

'P fenut un j„„et ,1 Vnf'lf . ''"'^^'•««ens, ainsi que 
sonne adulte. *''"' ^"^ mains d'une pe"! 

i'arlez-lcnr du P„o • 

" »"'l™t s e,„„ nh'i',^ '' "'■«'■ Ils ie reoon, 

oii! (Tovez-Ia. " ^"P<^. crovez i,j [p,,/ 

..""« piété beaucoupVu ' si^nf""* ''^"' ^-^n 
..connaissaient un scapS£;''"P'«'î"e la nôtre: ils 

,.,';.".«''"!'elot, celui de S n " ^" -^^«"t-Carme ^ 

'^"■e'euses du dioeè.se d'oSn^"'"'""'"'^-" ^°"-'es ' 

r^E VaAr RôLK DES Pptitps nn 



^^l^^^uSriï -±^- ,,,ce la Plus .. 

^ '^« approuve : sous k 1- ^* '^ ^'* t^''^ 

' la condition expresse 



pere 

V 



23 — 



toutefois, qu'elles ne sortent point de leur rôle qui 
est de préparer et d'cneouragcr les débutants à la 
pratique des grandies. Si elles tentent de les rem- 
phiocr ou de les ilétrôner, de se hisser dans l'âme 
(l(-s fidèles, à une plate qui ne leur appartient pas, 
e est un désordre contre lequel l'Eglise est la pre- 
mière à protester. Encore moins en religion qu'ail- 
leiu-s, nous est-il loisible de mettre sur le même pied, 
1 > capital et l'accessoire, l'essentiel et le secondaire, 
le porche du temple et l'autel. 

Que le lecteur me permette de lui faire voir cette 
vérité dans un exemple à point, le Rosaire Vivant. 
Institué à une épcxpie où les pratiques de piété 
avaient sombré dans les ruines de la Révolution 
Erançaite, ses minimes obligations se réduisaient à 
W. récitation d'une dizaine de chapelet par jour, ac- 
compagnée de la méditation d'un mystère, en union 
avec quatorze autres personnes, de façon à parfaire 
le Rosaire entier. Comme l'on voit, le fardeau n'é- 
tait pas de nature à terrifier; mais l'P'glise aussi 
patienie que sage, y vit un moyen de ramener petit 
à petit, les fidèles au grand Rosaire, sc>is sa forme 
traditionnelle et complète. Ce n'était donc là qu'un 
procédé de transition, un régime provisoire de con- 
valesc::>ne' dont étaient appelés à bénéficier, les 
enfants et les âmes peu solides en piété qu'auraient 
rebutées des prières en apparence trop difficiles.' 



> .... hanc dovotionem Eosarii Vivcntia non pssc niai tyro- 
cinium ad compklum Rosarium .... nihil aiiud qnam aditus 

ad confraternitatem SiS. Ropp.rii propriè dictnm pro pueris 

piipllisfT|iin .^d rpcititioneiï! t^?'. Rosarii assuefnciçndis, prn ppr- 
sonis in pietate adhuc debilibus. .... Acia SS. Ros. vol. 1, 
n. 359. 



-24- 

;""""' "«r '/rumir./ '"!: ' ' ''"'""o», un achcmi- 

■"""'■''""-^*' arec /,. "Îtr/,''V" *"'' '"'•' ^"^"^'^ 
<loc(nn,.; ;V ,-o,.5 ,/„,;„ ''" . -'""' 'î'saifde la 

'-Ir^'l!'' ronrirni Inualin""''"' '' "°"^"'«^« *- 
!-te:mcr;n>i';;::'^^î;™'|;- destinées 

^""'n.e l'i.lA,, p,, , ^^ " ';''>'^«' «o'ent prônées 
«^ -•>-.•.•.«. voila n , ■\Z;Vr'"-''"* '^'•--- 
l'oser avec vi.„o„r cZ ^ '' ' "^'^ ''«^ «'"P- 

'oin de noinrirel do (r.,n«f„ ^ ■'"H'nuqiie qni, 
Py '^'"P-^^ -Pides à • Sr'" ''^^ ^"'^«. 'conduit 

t'<"re, r,'p,,nd,e et affermir ''''*' ^" ^°"- 

''vô<p,e français:' ''De Zht T™'" ''.?"''"fff"so d'un 

, ■\'H>s Mvons les <lel,o,s dé h V ^"* "'"'"^ ''« foi- 
/■■^'''•.■-•.■n,o.s dont ôns n„, ''^T''' '^^ '^••'■'*i'P"'« 

P'is nos ân.es." ^ " '^"''-'"^■'"e ne pénètre 

I^i'poiallez ce verdrV-f i 

P- la situation Tf^l^tSn S"?*"'^''^' ^-«'-^ 

«apphqne, on ne pe ,t ' '■ """ ^"''- ^* '' 

J'^ viens cresqnisse II l',"' " ' ^*^t d'âme que 

'il explKjue cette affligeante 



I 



— 25 — 

anomalie que le Rosaire soit encore on butte aujonr- 
(l'hui ;i une opposition systrinati-pio autant que 
sournoise. Oh ! elle ne s'affiel.e pas au tiraml jour, 
c" qui lui serait fatal ; mais, ell,- opère dans 1 ombre, 
se livre clans les conversations, so filisse avee des al- 
lures innocentes, au bout d'une i.hrase, par quelques 
mots jetés là lu'fîliS^'minent, comme a.i basant. J.e 
l^osaire de la M-'re partaf;erait-il avec la Cro.K du 
Fils le |>rivilèt.'e détre un sifjne de contradiction. 
x',.„s allons tenter ici, un nouvel effort, en vue de 
1,. faire mieux eonnaîtro et d'en-aper les fidèles a 
|„-.,„'ficier des incomparables faveurs dont il est la 
srairce. On réalisera ainsi pour son propre compte, 
. suave parole de saint Jean: '■// pnt la Sainte 
Vicrqr chez Un'; et, dans VEqUse, cV..t comme à 
Lourdes, la Sainte Vierge ne ra pas sans son tio- 
saire. 



^«TIO>S GENERALES. 



Le Nom de Rosaire. 



■ M' 



" '^f'rrr p,,„„ ,,/ ^J^/'^"'' «ot qui signifie 

.. '^'"^ Cette prière ,h, r "' '' ««"^ servi- 

., '-"mme si elle avait^;i„t '?''««''•« '''"«'' Welôe 
,;;'« roses et de la ffrâee £ ^nS ' f " P''"'^""^ «"ave 
J'">KNTEM., 20 sept. ] 896 ^""^'""''«« fleuries ...•■ 
''Iiaque Pater rt \ 

",'"• à d'autres j'ater et 1 f '' '^""^ ""'^r «e ré- 
'"■^'-Pa.notrepi,te^:^i:it--^nde 

/"''"'■^^'^ "'^ " «— .. Hos.«„.. 

chaque sdrie de mystères c^l ^'T '*^ Rosaire 
co;.leur spéciale.- /J, ftiE?""' K"^"' ^°«<^« "e 
\mnes, les myst^ },!::,;; f^res douloureuL ; 

•^ous donnons la rose hlnn\ 

blanche aux mystères 



— 27 — 

joyeux : |o blanc est une couloiir cûlestp ; elle ex- 
prime la joie, la pureté, la sainteté. Quand les 
anges se sont montrés à la terre, ils étaient vêtus 
de blanc. Dans cette première série de mystères. 
Marie nous ajipaniît dans tout l'éclat de sa beauté 
virginale, et, par son consentement à la INfaternité 
divine, elle apporte au monde, cette grande joie, 
(|ue les anges de Hotliiéem annonceront aux bergers, 
dans la nuit de Xoi'l. 

Tjc rouge convient aux iinintères douloureux qui 
font passer sous nos yeux, les cinq grandes scènes 
de la l'assion. (^ettt- couleur d'un symbolisme si 
énergicpie, dira les douleurs du Christ, sa mort, son 
sang versé pour le salut du monde. Le rouge ex- 
prime aussi les ardeurs de la ebiirité, les flammes de 
cet amour qui a accepté le Calvaire. 

Aux mystères glorieux conviendra la rose d'or, la 
couleur des moissons mûres. Tj'or forme le sceptre 
et la couronne des rois ; les mystères glorieux nous 
montrent Jésus-Christ sortant du sépulcre, pour en- 
trer dans son Royaume, et Marie associée à sa des- 
tinée, proclamée Reine du Ciel et de la terre. 



Explication de la Dévotion elle-même. 



" Le Rosaire — dit saint Pie V — est une ma- 
"nière de prier Dieu, facile et à la portée de tous. 
"Il consiste dans la récitation de quinze dizaines de 
"Je vous salue Marie, précédées chacune du Notre 
"Père, jointe à la méditation des quinze mystères de 
"notre sainte religion, lesquels nous représentent 



— 28 — 
"'" vie. In |,,i.ssi(ni ,.( |„ „|„i,.,. ,|,. v ( c, • 

:::t: •-:•:"• -::-::i':s,::;t",^ 



IVl.i,.nù,., n.,„s,„rl..„sà |)i,.„ 
''''•■"""'"^'""".'•Vs. I ),■..„ surfont 



i|iii nous parle 



loii.s 

'<'S|lfil, |,.s 



'•s t'Ii'iMontK. .savoir: 

llIlCliotlS (lu c-Mlf, 

il <"n)|)lt'|(. ,.,,.s 



' "'1'' inani.'.r,. ,'vi,|,,Mi 
les «•ousidrralious lU 
'.?; '■•■«<>'"» ions ,K. la voiont,-. K( 

'•'--'•-.-o,' .i,,;rl7;;^''-«'''ppc.iient 

'■toile sono „'J''r'';-'''?'' ''^'' ""'^•'. ''« 
-Par h, prir^TvJîiJ"''"^''''^ '""(uelk.mei.t. 

IWnard. s:.-,,, f.,.. r ./" " •"'"'/'"""m'." s. 



priera 
ir l'ascli. 



■^'«»«w/./« "•.';,'' '■";"'■"'/''"""" r^ /a ;;„,-,. 
"ront le. non, I A ..'rt . -? f*"' '''"'''' ''« ''^^P'^te- 

" • .Mil.innes oratou-os, vol. ], ,,. 7- 



NOTIONS 1>F,TA1LLKK,S. 



UKCITATION 1»KS l'HlKRKS DU ROSAIRE. 



RllSAIIII'. IVr Cll.M'KI.KT. 

Le. /.'..^■'i/rr >u|>p.^s.. l.'s (i.iin/c .li/.iines, tandis 
,„u. lo rhai>rlrl - cl o'.st ..M.jou.s .h.ns ce sens qno 
,',ous le puMuln.ns - n'a que rn„, dnainc», ou le 
tiers (lu Uosaiie 

\„ .In.i/i.Mue et ;u, t> ■i/i.'.ne si.Vle, jeunes j;ens 
et jeunes tilles ,,„rtaieut volontiers e.m.ine co.lture 

les mots (le clKipnUi et de clmprlrl . 



l'iilKlii^s AVANT i:r Ai'iiKs i.i: Kosvittl.;. 

Ces prières ..e forn>unt tus partie du Kosaire, je 
■ intenîioiuu-ll.Muent, nfui de deguRei 



It'S omets ICI 
cet exercice 



de dévotion, de tout ce qui n'est pus 



ui. 



— 30 — 



^'p- Cimx, 



ne 



("MAfrvrKMKX 



T. 






'''■ "'.i>r(;r: 



■""" "■ lï:«,: 



'■i™v"l!r;;:;''i:;.:;,.'',y- ■■"■ .«" „.,„ , 

"ïï;;r" ■"■■'" i'"i-r':.';;,:: ;■■■■«'■■''».'; 






'*^>i i.r. 



'JoNAmi;. 



''■•"■ lin f),',-iï.( ,1,, ,s ;.,. . 



VI 



''■f^, (1.. !• 



En greffant ainsi l. Sacré r 



— ai- 
le Souverain Pontife nous ramenait aux inspiration» 
d'une foi dont l'histoire a recueilli ce touchant sou- 
venir : Quand la Révolution voulut imposer son im. 
piôté aux religieuses populations de l'Ouest de la 
l'^rance évanpi' listes par le Bienheureux (irignon de 
Montfort, surnommé le Dominique de la Bretagne 
et de la Vendée, il sortit de ces pauvres chaumières, 
toute une lésion de héros et de martyrs. Le Hoiatre 
à la main et l'image du Sacré-Cœur sur la poitrine . 
ils donnèrent au monde, le spectacle d'un courage 
que rii-n ne put abattre, et qui valut à leur résis- 
tance d'être appelée — selon un mot des ennemis — 
"une guerre de géants." 

IjE lieu, l.\ manière et le langage. 

Il n'y a pas de lieu, de manière ou du langage 
sp.écialèment désignés pour la récitation du Rosaire, 
à laquelle on peut vaquer chez soi, à l'église, seul 
on avec d'autres. Quoique à genoux soit l'attitude 
la plus respertueuse, rien n'empêche — si raison il 
y a pour cela — qu'on puisse le dire assis, debout, 
en marchant et même couché. S. C. I. 15 mars 
1852. 



On peut Séparer les Dizaines à Volonté. 

Autrefois, il était nécessaire de réciter, au moins 
cinq dizaines sans interruption; le 13 octobre 1906, 
le Pape Pie X permit de s'arrêter après chaque di- 
zaine, si on le juge à propos. 



— 32 — 

'»''C- bb. Itos. n. 119. 

J'-^ES SOURDS-AIUETS. 

I^e confesseur neuf r, 

''"''•e œuvre do piét TT ''', ?'^^^^^- • e^Z 
■ ""■ '■■ 15 mars 1852. 



Coutume d'Altehner. 



eha'^:nr;r..fï;-- °" '^ -^^iter avec d'autre 

' -0 sept., 1896. 



RÉCTTATIO.V E.V COMMU.V. 



/^i. 'e Rosaire est réoiu 

J'/e Denit, et tous ceur n„; - ^" ^^'n, son rn 

" «''^P'^'et. S. C.'l. 22Ï:nt "S ''""'"''"^«' 



33 



RÉCITATION DU ROSAIRE PENDANT LH TBAVAIL 

Manuel. 

Dan- c.-jtpines communautés, les religieuses se ré- 
uni . lit, et, to .'es ensemble disent le Rosaire en 
travtillrat, une seule tenant le chapelet. De cette 
façon, il'e'f? !?af,nent toutes les indulgences. 

La couture, la broderie, le remaillage, le trico- 
tage ne sont pas des travaux qui empêchent cette 
attention intérieure requise pour réciter dévotement 
le Rosaire. S. C. I. 13 nov. 1893. 



i 



RÉPÉTITION DES MÊMES PRIÈRES. 

La grâce ou le secours de Dieu doit être le prix de 
notre persévérance à la demander : "Il faut toujours 
prier sans jamais se lasser," disait Notre-Seigneur : 
Luc xvin, 1. 

"Nous répétons tant de fois, la même salutation 
"à Marie, afin d'insister sur les titres glorieux 
"qu'elle a d'être exaucée." Jucunda., 8 sept. 1894. 
"Nous croyons que son intercession sera d'autant 
"plus merveilleuse qu'elle aura voulu se laisser im- 
"plorer plus longtemps." QtJAMQUAM., 15 août 
1889. 

Les mots d'une prière fervente ne sont jamais les 
mêmes autrement qu'en apparence. C'est l'âme 
qui leur donne un accent, une vie qui les varient et 
les transforment comme à l'infini. Lamartine é- 



— 34 — 

;'f que ce qu^ou dî pSt^d/'^^'^f P™-' 

■f°is." N'est-ce pas en K ''f /^ '' ^^^'^^^ 

çlassjque du Père Lacordaire ' 'f • ^ ''''^ ''^^''""^ 

«-ot, et en le disa^ ou-o^rs ^l'nTr "Z.'^"'"'' 
mais." "«Jujours, u ne le répète ja- 

II. 

MEDITATION DES QUINZE MYSTERES. 
MÉDITER EST Chose Facile. 

i! le serait de Lt qu-rcTr'°"'*^' *""* — ' 
connaître les principaurmtTi ^^'' ^^^ ^^^^^ ''e 

^^«'rf'^er, en effet, c'esi rrï//c;M-r • f .,,-. 
le.s mystères du Rosaire c'e7tr7f/i' "^^ '^"' '"' 
Vnt et son cœur, sur l'an'iulf "*"" '"" '*" 
d'enseignements ed'exfmp es """'"* ''°"' "°"'' 



-Manière de .AIéditer. 



Disons d'abord que Ion n'a pas à 

es P 
'^ons dcvotemeni. au nom de 



sens des mots qui comnoLVl^^. ''"'='="P^^ ^u 
euffit que nous les réS^tl^^^^' «* Ave; il 



— 35 — 

l'Eglise qui met ses propres prières sur les lèvres de 
ses enfants et leur assure une efficacité spéciale. 
Toute l'attention — au sens raisonnable du mot — 
doit porter uniquement sur le mystère de chaque di- 
zaine. 

"L'art sacré du Eosaire - écrit le Père Monsa- 
■■bré — consiste à réciter dévotement les prières, 
"pendant que lame saintement occupée du mystère, 
"contemple, médite, goûte et produit des af ections 
"conformes aux diverses circonstances dans lesquel- 
"les nous apparaissent Jésus-Christ et sa tres-sainte 
"Mère." 

On se représente ce mystère avec les personnages 
qui y figurent; on voit ce qu'ils font, on écoute ce 
qu'ils disent, on considère les sentiments qui les 
animent, les vertus qu'ils pratiquent, etc. Bret, 
cette méditation ne requiert, a strictement parler, 
qu'un pieux regard de l'esprit sur le mystère énonce, 
«t un élan affectueux du cœur. Ce n'est qu un re- 
gard jeté vers le but mais il embrasse toute la route 
qui y conduit et nous empêche de nous en écarter. 

"Ce simple regard du pauvre, de l'humhle chré- 
•-tien qui ne prétend pas raisonner, mais voir et ap- 
'•prendre, lui fera connaître plus de divines choses 
"que les livres de beaucoup d'érudits .... Aussi 
"n'est-il pas douteux que de pauvres femmes en ré- 
"citant doucement leur Rosaire, font mieux l orau 
••son mentale que ne la font bien des savants qui se 
"croient supérieurs au reste des hommes, et que 
"leurs superbes oraisons ne laissent cependant que 



— 36 — 

Les enfants - dit S v. ' "-/^'^^I- 
d'ouïr leurs m.res et de l'^ ^'''''■~* ^°"'* 

;-nt à parler Ctt,.t':lZT7 ^"""' '^PP-- 
du Sauveur par la médUaiLT.'u''^'''"'''^ Près 

yoies, ses actions et ses afZr °''''"^"* «^« P^' 

l'e.posé général, les ^dï £3,^ -""^ P- 00.' 
d» ehaque mystère. ^^* "^^ *«'^» "ttéral 

*a draine, s. C. T. 12 Juillet "yge" "'''^''«'«"^ -' 



QWND Paut-IL MÉniTFR? 

ment y suppléer, immél^tem^^'' °"/'"* P^^^^^'f^- 
a^i moralement unie fî^"* T''.' l'"-.^tant 



1839. 



S. C. I. 1 f 



juillet 



— 37 — 



Enonciation des Mystères. 

Il n'est pas nécessaire d'énoncer le mystère, pour- 
vu qu'on le médite. Toutefois, pour la méditation en 
public, la coutume s'est établie de réciter le lundi et 
/(• jeudi, les mystères joyeux; le mardi et le vendredi, 
les mystères douloureux; le dimanche, le mercredi 
et le samedi, les mystères glorieux. Cependant, il 
reste loisible de méditer sur d'autres mystères si on 
le juge à propos, par exemple pour compléter la 
récitation du Rosaire entier. S. C. I. 1 juillet 1839. 



Vœu du Conqrès Marial de 1000. 

Le Congrès Mariai tenu à Lyon, France, du 5 au 
8 septembre 1900, émettait le vœu suivant : 

Attendu que dans ses principales apparitions, au 
XIX" siècle, la Sainte Vierge a clairement et spé- 
cialement prêché le Rosaire ; Attendu que le Vicaire 
du Christ, Léon XIII, faisant écho à la Reine du 
Ciel, a, dans de nombreuses encycliques — insis- 
tance inouïe depuis le commencement de l'Eglise, 
pour aucune forme de prière — recommandé, non 
le chapelet simple, mais le Rosaire avec ses mys- 
tères, et qu'il n'r- cessé de redire qu'il attendait du 
Rosaire bien compris, le salut de la société chrétien- 
ne; Le Congrès émet le vœu que le Rosaire soit 
propagé avec une ardeur nouvelle et que dans ce 
but, dans toutes les familles, écoles, pensionnats, 
eollèges et timinaires, on énonce en tout temps, 






iÛ 



m 



— 38 — 
dans la .^citation du chapelet, les mystères du Ro 



ï ■ ■' 



J:^es Ignorants, les Enfants rr« ^r 

cerfaines personne», do, r "'?'• ''' ^-^PO^Bible à 

blesse, etc' dZ^ZI ^,^"^;,f 'f -ance. de fai- 
de gagner les précieuses' n^^ ' '"' '"''* ^ ™«me 
pourvu qu'elles en Sen/ I. ^'"'^' ''" ^''«^'^«• 
Toutefois, elle veut oTZ 'u l""'""'' '^^^'^ P^-^'é 
faire cette médit^tJon daï 1 ' ^'^''"^"* P^" à ^u à 
S- C. I. 28ianvSo"''"'"''^"'-^ de leurs forces. 

personnes involontairement dW ^'''"T'''^ ~ «es 
«ance à fixer leur esSe î r'\^' ''°"' ^''«P"''^- 
constitue une infirr^ïf ^ ^ , f ^^ -^ imaginafion, 
qu aux yeux de Dieu et A rt /, ^ «avaient déjà 
t^- leurs prières ontlVe^f ''"^- '°""^ ^°'°- 
va.ent se demander s, dn ? '' ""^'f' '"^« P»"- 
pouvaient gagner le, Z'a i '"'' conditions, elles 
citation duVosa r ' Metr? ^"f'''^^^^ ^ '^ " 
J^ viens de mentionner et si M '"■" l" ''^''^«'°° ^"e 
le miséricordieux esprit de 'fe '°.''^™°"^e avec 
sans hésiter, avec 4 auto Ir!^ '' '" '^P^""^' °"i. 
question. ^"^''"'^s qui se sont posé la 



— 39 — 
Mystères du Rosaire et Intentions Correspon- 

DANTES. 

"Chaque mystère qui passe apporte un nouvel ar- 
"gument de prière on ne peut plus puissant sur le 
"cœur de la Vierge." Jucunda., 8 sept. 1897. 

Nous nous contentons de donner ici, pour chaque 
n.vstère, des intentions spéciales que nous recom- 
mandons à raison de leur extrême importance, mais 
qui n'engagent, cependant, la liberté de personne. 



MYSTERES JOYEUX. 

L'ANNONCI.^TION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE. 

Prions pour obtenir ou conserver l'état de grâce. 

La Visitation de la Très Sainte Vierge. 
Demandons la grâce de ne donner que de bons ex- 
entples. 

L\ Naissance de Notre-Seigneur. 
Demandons la grâce d'être des âmes de bonne vo- 
lonté. 

La Présentation de Notre-Seiqneur au Temple. 
Demandons le respect et l'amour de la Sainte Eu- 
charistie. 



'il! 



— 40 — 

^*fiBcouv«EMH.VTOB Notées., 



••^"^«BS DouiOir^HUl 



Jj'.ACO.Vlli; ne M 

^-^E Portement de r. p 

I^E Crucifiement de m. 

P'-^'^ndons pour !e. """'^^■«^'«"^-^B- 
♦"«we,, /o arâJl^- * '^(ionisants t 

' Qrace d une bonne mort. ^"'"' "^«*- 



I 



lltt. 



IN DES 

et Ihor- 
* scan- 
'ligion I 
^t les 



— 41 — 
mysteres glorieux. 

La Eésurrection de Nôtre-Seigneur. 
Prions pour h conversion des pêcheurs. 

L'AscENSiON DE Notre-Seiqnedr. 
Prions pour les Ames du Purgatoire. 

La Descente du Saint Esprit sur les Apôtres. 

Prions pour que la vraie Religion se répande de 
plus en plus dans le monde. 

L'Assomption de la Très Sainte Vieroe. 
Demandons la chasteté parfaite et l'esprit de péni. 
lence. 

Le Couronnement de la Très Sainte Vieme 

DANS LE Ciel. 
Prions pour que la dévotion du Rosaire soit plus 
connue et mieux pratiquée. 



ous- 



«EMARQUES NECESSAIRES 
Sl^« LE ROSAIRE 
COlf ME MEDITATION OU CONTEM- 
i'I'ATION. 

CONTEMPLATION. ^ 

Une Question ve Paît. 

«alen,ent des aufres " ■';« ^r", ' '^'^^'"^"^ ^^di- 
fn effet, se réclamer tou a,?.;,- K "'■'' P^^rraient. 
breux Pater et Aye mT }'!''' rf ^^i . de nom. 
'<"re son caractère dîs'tiS J T '^''"'^^ "« ^o- 
commun de prières ilnTfl') ^"' ''"^ "«'• ce fond 

^ • On m a dit que le Ro- 



' —43 — 

saire ne comptait pas pour ma môditation." L'igno- 
rance l'étroitpsse rt la routine, ces trois sœurs insé- 
narables, s'acharnent donc - et s'acharneront peut- 
'tre encore longtemps - à saper le,Ko«a're. p.ir sa 
base en niant sa valeur, com.ne mcchtation Nous 
sommes en face d'une déconcertante anomalie. 

Voilà en effet, que toutes sortes de méthodes de 
méditation ou de contemplation ont ««"';«■- f,il|| y 
aurait que celle prônée désespérément par 1 Eglise 
pour ne pas avoir sa place au grand soeil du monde 
des âmes! Je ne m'attarderais pas à réfuter pareille 

aberration, n'était mon souci /^«J'^'"'^ . '^f/^' 
sciences honnêtes dont la bonne foi s est laissée sur- 

prendre. 

L'opposition au Rosaire, comme rnéditation, re- 
monte assez loin, car, on lit de saiate Rose de Lima 
morte en 1617, qu'elle insistait souvent auprès des 
prédicateurs et des confesseurs, pour qu ils établis- 
sent la vérité sur ce point. Le préjuge est donc au 
moins tricentenaire ; mais son âge ne le rend pas 
plus raisonnable, encore moins lui constitue-^-il des 
quartiers de noblesse. 

Fidèle à mon programme, je demande à l'Eglise, 
de produire les titres de son Rosaire, comme médita, 
tion ou contemplation . Léon XTII va nous répon- 
dre Sa piété est allée d'instinct au Rosaire, comme 
son fier génie devait aller d'instinct à saint Thomas 
d'Aquin — l'Aigle de la doctrine catholique — 
pour la 'solution des questions vitales qui Féoccu- 
paicnt alors le monde. Voulant appuyer la piété 
sur une base solide, il la voulait avant tout doctri- 



— 44 — 

SlnllesXnoilïr* ^^ ""^ ^^^^^ 

'sauvegarde de l'E„ise;,e''sJï'2„de"'' 

-ts. sVe^;:inot:;:;^;?^^t'^'^^ 

•nsistance marquée - ni . '^'^ "" «'^ '»^ec 
contomplation,'^;^^; '7 '"ots de méditation, 

croire ou d-aff'eet:."^^;"^;'"', '^'^^< 
««^^J. ou q„',l en ignore le seris^ ' ''' " ^''^ 

Châ^TpEgîiiSr",''"-- ^«"-meque 

irine du Docteur À7nZl T'" f""'""'''^' '« ^^ 
œuvre en ^«nou../. f/t" ,;, /°"'" -"^P'^'ter s, 

fiosa,re. D'une main a„ i S f"'''' ^"^ 

'«c«a ce/ «er^iV;^ „.• /„f''^^' «"^' q"e ferme, il n 

l- belle ^i»,pliZV"S^^ '" ""''^''"'ion, 
che^ ce maître inœmpaSt " ""'"'""^ P-«^ 

'"/nroT;.rt:.''Tt ïneTr" .^''r '^ --?'-««.//. 

«ance par tous ceux qn d/plor" ."'■''' ^^™""^'« 
eussent été découragé" de v^"'. '3"" '^« ^'^'èle, 
t^°t on le leur avait monLl''.""' " '^^^ exercice, 
Il était, en effet de?e„utn ^' ^'^^^'^'^^ 

pour la piété des plus n"r"n1 'P°"^'''"*«''. rr.v,e 
que trop TimprossL f Sf^in? T °'*"'P'''3"- 
due aujourd'hui que pour m^/ •f^'"^"' 'épan- 
™nt. et avoir beLcoSp 'Setiï.' " '"" '■*"«- 



'il 



ise indbranla- 
il s'en fit l'n. 
l''»?- Il pro- 
^'1 des ûmes, 
onde. 

l'iieuro, il va 
par les som- 
et avec une 
■ditation, de 
ridicule, de 
?8 a pas pc- 

-me que le 
les études 
'ité, la doc- 
"plL'ter son 
e'^^ par le 
rine, il ra- 
ditation, à 
"'■« puisés 

^tionnelle- 
econnais- 
es fidèles 
exercice, 
ifficu'û' 
1, m'r.,,: 
'explique 
it répan- 
être sa- i 



- 45 — 

.\ ,.„ noir.. cTtains th.'oricie..s à la mode une 
,,o„„e ....•dil.t„>n doit .r.l>o,d .-.tre 'Pf ^^ f"*'' 
.i'ennuv.ux de sec. d.. froid, d'encheve re. Le mo- 
d'iè en est unique pour tous les temp raments et 
toutes les aptitudos. No..« sou.n.es plong.s dans 
une atiuosphèr,. factice, où les choses les plus s m- 
n!es sont ,.xa«ér.Vs, fjrossics, fauss.es '■"•"«>p /^ P';'' 
sir Bref la uu'ditation ainsi comprise et déformée 
est' une torture, une véritable cnuùsole de orce et 
Ion comprend que pour y échapper, 1 ame pante 
anto et Ucé.lée se laisse entraîner au sommeil 
"nmc dans un asde sauveur. f-"^--\ ^^ ". 
rait-on pas que pour s'approcher de Dieu et Un par 
K,,. _ ni la simplicité, par essence - 1 on dut 
' ivre le ;éré,nonial prétentieux, pot.rmé rul.cule 
eS par l'<fq-'ette de l'Escurial pour s'approcher 
de Sa Majesté Philippe TI, souveram de toutes le» 
Espagnes. 

La n.éditation du Rosaire, si simple, si "n'^V"»- 
dest.. et humble comme la Vierge ne pouvait pa- 
raître, évidemment, que bien peu de chose en face 
de cette méthode fastueuse et contournée . une 
sorte de pavsanne en sabots devant une marqu se 
d'Ancien Régime. .Tuchée sur ses hauts talons, cette 
dernière ne pouvait le prendre que de haut, et de 
haT lie le prit: Vous une méditat.on ! et vous 
n'avez, ni co loque, ni soliloque, m foiu-naise d a- 
moùr ni Sinaï enflammé, ni les trente-deux deg^ ■ 
de l'Echelle de Dilection, m . . .. allez, passez 
votre chemin. Vous n'êtes qu'utie ^f^^^^J^^?'^. 
turière. - La marquise avait parlé : la cause n était 
pas finie 






.1 ' I 
■i i I 



--46 — 
Les Priscipes. 

fo« procfrfe gw , ^ 2®. <?"■ 180, art q IT,» 
^* et la recherche T' """'''^' int .w" 1 

I^a méditation et 'ip . 
«^ ^;^*- ^»i «'par. ™ S.rp7e^i!r„ 



il - 



con- 



— 47 — 

"Après que par la méditation, nous avons con- 
" sidéré dans ses diverses circonstances, un mystère 
• du Christ, la flagellation, par exemple, il devient 
"facile d'embrasser ce mystère, d'un seul regard 
"de l'âme, non plus dans ses détails, mais dans son 
"ensemble: ce qui est contempler. Avec un peu 
"d'exercice, tout le monde est donc capable de con- 
"templer aussi bien que de méditer." Brancati. 
De orat. christ. Opuso. ITI, c. XVII. 



Les Principes Appliqués au Eos.aire. 

Voulez-vous maintenant que l'on applique ces 
principes au Rosaire? Il sera facile à l'œil le moms 
exercé, d'y démêler le rôle qui vient d'être assigne 
à la méditation et à la contemplation. La parole 
est à Léon XIII : 

"Cette méditation est parfaitement à la portée 
"même des esprits sans instruction; car, présentés 
"avec leurs circonstances de lieux, de temps, de 
"personnes, les faits que les mystères du Eosaire 
"rappellent, s'impriment d'autant mieux dans 
"l'âme qu'ils l'émeuvent plus utilement. Lors- 
"que, dès l'enfance, l'âme s'en est pénétrée et im- 
"prégnée, il suffit de renonciation de ces mys- 
"tères pour que celui qui a du zèle pour la prière, 
"puisse sans aucun effort et par un mouvement 
•'naturel de pensée et de sentiment, les parcourir 
"et recevoir abondamment de la bonté de Mane, 
"kM grâces d'en haut." Jucunda., 8 sept. 1894. 



— 48 — 

"Ces mystères augustes, si les fidèles, dans u«e 
'•pieu e méditation, se les rappellent dans leur or- 
"dre, sont destinés à leur procurer un admirable 
"secours, tant pour nourrir leur foi et la protéger 
"de l'erreur que pour ranimer et entretenir la vi- 
"gueur de l'âme. En effet, la pensce et la me 
•'moire de calui qui prie de la sorte, sont entraînées 
"vers ces mystères, avec l'ardeur la plus suave; 
"elles s'y absorbent, les parcourent, et admirent 
"l'œuvre ineffable de la Rédemption des hommes. 
••L'âme s'enflamme alors, d'amour et de recon- 
••vaissance, devant ces témoignages de la chanté 
"divine- elle sent se fortifier et s'accroître son es- 
••pérance et devient plus avide de ces récompenses 
••célestes' que le Christ a préparées pour ceux qm 
••se seront unis à lui, en imitant ses exemples et 
"en participant à ses douleurs." Octobri., 22 sept. 
1891. 

•'Cette prière s'exhale dans les paroles émanées 

■ "de Dieu même, de l'ange Gabriel et de l'Eglise; 
"pleine de louanges et de vœux salutaires, elle se 

■ ••renouvelle et se continue dans un ordre déter- 

■ ••miné et varié, et elle produit sans cesse de nou- 
••veaux et doux fruits de piété." Ibid. 

"Des distractions nombreuses provenant de la 

■ "fragilité humaine, o..t coutume do détourner de 
"Dieu, celui qui prie ; mais, quiconque y réfléchira, 
"comprendra aussitôt combien le Rosaire a d'effi- 
"cacité, soit pour fixer la pensée et secouer l'indo- 
••lence de l'âme, soit pour exciter le salutaire 
••regret des fautes et élever l'âme vers les choses 
••du Ciel." Jucunda., 8 sept. 1894. 



— 49 — 

••Dieu nous a donné en Marie, le modèle de 
•toutes les vertus le plus à notre portée En la 
■'regardant et la contemplant, notre esprit ne se 
■•sent pas comme écrasé par l'éclat de la Divinité 
■■nais attire, par la varenté d-unceommunena. 
'Lre nous travaillons avec plus de confiance a 
'■rimitcrr iNIagnoî., 7 sept. 1892. 

"Quiconque contemplera fréquemment, non pas 
■•seulement des yeux du corps, mais par la pensée 
•■et la méditation, d'aussi grands exemples de 
-rertu, comment ne hrûlerait-il pas du désir de les 
-imiter"? Lœtitiœ., 8 sept. 1893. 

••\ussi, le Eosaire inonde-t-il Tame de ceux qui 
■•le récitent, d'une douceur de piété toujours nouvel- 
•'le leur donnant la même impression et émotion 
••nue s'ils entendaient la propre voix de leur très- 
• -miséricordieuse Mère leur exp.iquant ces mystères 
-et leur adressant de salutaires exhortations. 
MaguED., 7 sept. 1892. 

■•Le Rosaire se compose, comme Ion sait, ae 
••deux parties à la fois distinctes et unies, lamé- 
-ditation des mystères et la prière vocale. Or,ce 
'■mode de prière exige une attention spéciale du 
•■fidèle car, il requiert, non pas seulement qu il 
•'dirige d'une façon quelconque, son esprit vers 
"Dieu, mais qu'il soit plongé de te le sorte dans la 
"considération do ce qu'il contemple qu il y pnise 
"les éléments d'une vie meilleure et les alimenta 
"dp toute piété. Ce qu'il contemple est, en effet, 
"S SI -Ife de pJqrand et de plus admiraW 
"car, ce sont les mystères fondamentaux du Chns- 
••tianisme." Jucunda., 8 sept. 1894. 



— 50 — 

"Toutes les fois que, dans la récitation du Ro- 
saire, nous méditons les mystères de notre salut 
nous imitons, en quelque sorte, la fonction très 
sainte confiée jadis à la milice des anges. Ce 
sont eux qui ont révélé ces mystères au temps 
marqué. Ils y ont joué un rôle important, dans 
une attitude tour à tour joyeuse, douloureuse et 
triomphante Quoi de plus suave que de 

contempler et de prxer avec les Anges? Quelle 
confiance, quelle espérance on peut concevoir de 
jouir un jour dans le Ciel, de la bienheureuse so- 
ciété des Anges, lorsque ici-bas, on les a en quel- 
que sorte aidés dans leur ministère." Aueustis 
simœ., 12 sept. 1897. ^ 

Si ces citations déjà longues ne suffisaient pas 
d autres du même genre pourraient être fournies 
par les encycliques Magnœ Dei., 7 sept. 1892 La^. 

sept. 1894, et Diuturni temporis., 5 sept. 1898. 

«»n^^r i^"J, ^ .^^'■'"^"PP^ Pî^rtout - et dans "son 
sens le plus élevé - les paroles employées de temps 
immémorial pour la bénédiction des rosaires : divina 
contemplando mysteria, par la contemplation des 
mystères divins. 

rpiî^m ' ^ ?1 ^^ '^ P"^'^ ^"'^^''^ q"' suppose le 
recueillement des sens et fait du corps entier, un 

nZA? '" ,°'^" 'î"/"^ ™Plore. le Pape vient de 

Tl^î , '' f^' ^^ *°"*^^ '^« f^''"!^^^ internes 
absorbées dans la méditation ou la contemplation 
de ces mystères: la mémoire, l'imagination l'in- 
telligence, la volonté, le cœur. C'est un védtable 



51 — 



petit traité où se détachent les expressions emprun- 
tées à S" maître préféré, saint Thomas d'Aquin, 
traitant de la même matière. Par l'oraison men- 
tale du Rosaire, qui joue vis-à-vis des prières vo- 
cales, le rôle de l'âme vis-à-vis du corps, la Foi 
resplendit, l'Espérance se fortifie, h Charité s'em- 
brase. La variété même des mystères écarte les 
distractions, cet écueil ordinaire et redouté des mé- 
ditations. L'âme nous est montrée dans cet exer- 
cice, atteignant l'Eglise Militante qu'elle protège 
e*^^ qu'elle sauve ; l'Eglise Souffrante qu'elle sou. ,« 
et délivre par d'innombrables indulgences; réjouis- 
sant l'Eglise Triomphante vers laquelle elle s'élève 
d'un vol rapide et sûr, par l'imitation des vertus 
et la participation aux souffrances du Christ et de 
la Vierge. Devenue par sa contemplation, l'émule 
même des Anges, elle goûte des joies inten- 
ses, "comme si elle entendait la voix de la plus 
douce des mères." Bref, poème d'allégresse ai- 
mante et de tendre piété que ces encycliques im- 
mortelles, et, bienheureux, les dévots de Marie qui 
en auront recueilli les enseignements au plus intime 
de leur conscience et de leur cœur. 



— S2 — 



n. 



I^E ROSAIEE SERAIT DONC LA qFTTT tt at™ 

THODE DE MEDITATION ou D^^^^^ 

TEMPLATION ACCESSIBLE A 

LA GENERALITE DES 

FIDELES. 



^^^ la généralité, afin de sauvegarder le» 



ceptions. 



ex- 



Les Simples Fidèles doivent Méditer. 

La méditation des vérités ^fc-^^ii 
taine méditation â,, Zl éternelles — une oer- 
nécessaire Tto ° t Xu- ~ ''' '"d^bitablement 

non plus à se sanvpr f °®^'^> ' °° °e peut réuss r 
souvent à son saS k r°' ^"'v'" «^"«"««««ent et 
'ï'vine qui en est la .on^V '°"P''''"'"^°* ^^ '^ loi 

"S. Thomas, la^ méditation etT"" ^' ^^^"' ^^' 
"de la vraie dévotïn ô„ Ï!^ ^ ''''""^ principale 
"Ijéte de la veSu.'" ^'ll^triTt '' '=°™- 

d-âmes. exhortent tes Mèts'àTl''"^ '^^ P^*^"" 
iiaeies à ne passer aucun jour 



— 53 — 

sans faire oraison; car, remarque-t-il, "si nous cé- 
"dons si vite, même aux moindres attaques des ten- 
"tations, c'est que nous n'avons pas soin d'exciter 
"en nous l'amour de la vertu, par la méditation des 
"choses célestes." 



NÉCESSITÉ POUR EUX, d'uNE MÉTHODE COURTR, 

Simple, Variée. 

S'il est nécessaire de méditer, — et cette néces- 
sité est indiscutable — quelle est la méthode d'orai- 
son qui va remplir les vues de Dieu et de l'Eglise, 
de ce côté? Sont-ce les méthodes en cours? Je ré- 
ponds sans détour et sans palliatif, non. EUe^ ne 
répondent pas à la tournure de l'esprit du peuple, 
. non plus qu'à son tempérament et à ses aptitudes. 
.Excellentes en elles-mêmes, elles ont produit et 
, produisent encore dans bon nombre d'âmes, d'admi- 
rables fruits de sanctification, mais, le fait indéni- 
able est qu'elles n'ont même pas pu entamer la 
masse. L'ejxpérience en fut faite et marquée par 
uu échec complet. 

Un jour, nous raconte la Sainte Ecriture, le jeune 
berger David est amené en présence du roi Saul qui 
lui demande d'aller se mesurer en combat singulier, 
avec le géant Goliath lequel lance ses défis insolents 
à la face des armées d'Israël. Le jeune homme ac- 
cepte et va prendre congé du roi, quand ce dernier 
insiste pour qu'il revête une armure de fer, la. sienne. 
David qui en était à un premier essai, pouvait à 
peine marcher. On le laissa donc libre de ses mou- 
vements, et il revint avec la tête de Goliath. 



— 54 — 

Les méthodes usuelles sont un peu l'armure de 
fer sous laquelle de nobles âmes livrent les grandes 
luttes de la perfection, mais, affublez-en le David 
populaire, et il en sera gêné lui aussi, à trouver à 
peu près impossible de se mouvoir. 



Le Rosaire Réunit ces Conditions. 



Quelle est donc la méthode d'oraisOn qui ait chance 
d'être sérieusement pratiquée et goûtée par lui? A 
ceux que l'on appelle les simples gens, il faut une 
méthode simple aussi, naturelle courte, variée ; et il 
est remarquable que tous ces éléments sont donnés 
par les meilleurs auteurs comme les conditions idé- 
ales de la contemplation. La question de temps n'y 
est pas un facteur nécessaire. S'imaginer, selon 
un préjugé assez répandu, que l'immobilité de l'âme 
arrêtée devant une seule idée et se nourrissant d'un 
seul sentiment durant un quart d'heure ou une de- 
mi heure, soit essentielle à la contemplation, est 
une pure chimère. De ce côté-là non plus, pas de 
règles arbitraires, pas d'inutiles entraves. Vacant 
vol 3, p. 1621. 

Déjà, de son temps, sainte Thérèse disait: "Sou- 
vent Dieu donne dans un moment de prière plus de 
grâces qu'il n'en accorde dans une oraison de longue 
durée. Ses œuvres ne se mesurent pas sur le 
temps." 

"Plusieurs pensent méditer qui ne f<mt que spé- 
"euler, que s'efforcer de produire de belles pensées, 
"à se faire de beaux discours. Ceux-là perdent leur 



lure de 
grandes 4 
1 David i 



ue spé- 
•ensées. S 
înt leur 



— 55 — 

■•tempB et il. l'emploieraient beaucoup mieux à dire 
.1 u„„,xiot- par en arrêtant simplement L; re- 
■■S deîet âme -r les adorables mystères de la 
•■S de la pas'ion. de la mort, de la gloire de leur 
•Maître ils y verraient plus clairement ce qu il 
■•Snt savol. faire et souffrir, qu'ils ne le voient 
"dans leurs prétentieuses oraisons. .... 

•■Nous répétons à dessoin le mot de «'«"P^ ^^f^;^'^ ' 
••pour qu'on ne suppose pas que nous voulions trans- 
••Lrme'r le Saint Rosaire en méditations aboneuses^ 
••Non il doit rester une simple et douce pri^ire ce 
••ïuT^e l'empêchera pas d'être une vraie pniredu 
••Lur, une oraison en esprit et en vérité une vraie 
"oraison mentale, si nous y récitons ^Jj^^^L^^ 
•TAve en regardant Jésus-Chnst et «^ Mère. Car- 
dinal Dechamps. La Nouvelle Eve. Ch. XXXI. 

Quel beau et pratique commentaire de saint 
Thomas qui, dans les trois mots qu'il donne à la dé- 
fiSn de îa contemplation, mentionne d abord la 
simplicité: simple regard de l âme, dit-il. 

"Mon brave homme, demandait le Bienheureux 
"Curé d'Ars à un de ses paroissiens qu est-ce que 
••vous dites donc au Bon Dieu, quand vous êtes de- 
••vant le Saint Sacrement?" - "Je le '•«i^f «; «* 
••Il me regarde," fut la réponse. H donnait ainsi 
sans y penser, une des plus exactes dé mitions de 
acontemplation, et qui rappelait celle de Bossu^^^ 
•■L'oraison de simplicité ou de simple regard écrit 
••ce grand évêque, consiste dans un simple regard 
••de IW vers quelque objet divin, -t . Dieu en 
••lui-même ou quelqu'une de ses perfections, soit 



— 56 — 

v^yit. est profon/e; clî:"„.tt ^^0^;^?' ' '^ 
"<a<.on rfc /'e/cW ., ] attention la piété, la médi- 

£=e^;itLt:r/r^^^^^^^^ 

vient de Marie.! mK S' '"" ''"'^"^ °°- 

•'action le Lu vivaScon'l"' '^°"^ .r'^trent en 
"chose dans rE™aui np 'f ^" '' ^ ^ '^"«'q"^ 
"ces institutions s simnL " ^'^ "^^ ''h°'"'"«. 

;;iaires de ce qu iryTd'e pVsT Tf °? ^' P,°P"- 
-J'ai connu de pauvres ncZ fr ' ' P'"' '«'«^^■ 
;>.-.«. le Rosaife d'Z HnZSTTj"' ''■ 
aussi que dès nn'nr, ,ii, • / . ""*^- -Kemarquez 

"leux, oVse dégoL du Elt;™^'^.'"^"* °'^"^''- 
;>en scandalisl /i /a2 S7'r,' ^° "?'^"«- °" 
"comprendre ce qui vient du m "U ^ '^'"*''" ^""^ 
Mgr d'Hulss 22 oot l^ ff'' '^' '" '«'^"''«•" 
o- ri > ^ "CT- io»«. Lettres, p. 199 

B^. pa°;?; RoÏÏrT " ""^^ ^'^'"^•^ ^ «"^d-ter. ce 
"C'est la prière des sin^ples,- écrivait le cardinal 



— 67 — 

"Wiseman — et, par consëquont la meilleure qu« 
"nous puissions employer pour vaincr» l'orgueil, 
"vice dominant de notre nation." 



La généralité des filèles a donc à sa disiwsition , 
la méthode d'oraison simple, courte, variée, vivante, 
qui lui convient. Elle n'est ni raffinée, m subtile. 
Un enfant, à raison même de son innocence et de 
sa simplicité est préparé à jeter aur les choses de 
Dieu, dans le Rosaire, co regard de la foi et cet élan 
affectueux du cœur qui constituent la contemplation. 
"C'est la prière des âmes simples et filiales qui 
"aiment à entrer par cette petite et humble porte 
"dans les sublimités de la contemplation. .... 
■•Quelle est la bonne femme illettrée, quel est l'en- 
•'fant qui ne pourrait pas contempler de la sorte" ? 
Mgr D'Hulst. Lettres, 2 oct. 1881. 

"Oh que voilà une belle science ? Elle n'est point 
"orgueilleuse, elle ne revêt pas de formules difficiles, 
"elle s'offre aux simples, elle est le lait des enfants 
"comme le pain des forts." Id. et ibid. 1 oct. 1871. 
Qui parlait des pauvres et des humbles avec cet 
accent si pénétrant de sympathie, ce sens si élevé de 
leurs besoins? La famille de Mgr d'Hulst était des 
plus illustres et comptait des rois dans son histoire. 
P voulut cansacrer le meilleur de sa vie au service 
■ des derniers des misérables. La façon dont :'. s'incline 
ici derdut le chapelet d'une pauvresse ou d'un en- 
fant, laisse pressentir la grandeur de cette âme sain- 
tement royale. 



— 58 — 

"piété soit partout Sbiier in '""'**^ P™*'1"« «le 

"les atelier, cl7Z7r'.lV'i 'T'"^" «* «''»"'' 
JucuNDA.. 8 sept m! "^"' ''" »>"">ble8." 

Leur Poi suuïoct y est Intéressée. 

ce qui regarde la foi! '°°' "^ *™«' «"^*°"t en 

religion^" ''*"°° ^ '^°'""«'- P™«q"ement tout de la 

-chrétienne^-' ^^ * î"-«nc.patta; de /a /o,- 

euses" ^^''''•*"" ''^''^^ «''^ connaissances religi- 

_ 3 ^otre foi est-elle éclairée: 

Bosario insit facili» ■■«■.. . j 

oapita ,uad*nda an^r MAaNTT ''^''ioSi"'"»"» I 
' • • • . ampla atque facili. A,l. "**""*' ' »ept. 1892. i 

• • • • prompta atque facili» ratio auâ fi,!.™ , ' 

Jt7T«icEM., S «ept. 1895. ' ''*" »""» »'at- Ad- | 



— 69 — 






4° Notre foi est-elle en butte aux tentations : 
"De secours plus à la portée de tous et plut facile 
"que le Rosaire, il n'y en a pa»'." 

5° La méditation requise, serable-t-elle difficile : 

"Bien compris, le Rosaire est de pratique fn'He et 

"à portée de tous. Quiconque est un tant -(l't 'eu 

"instruit de la religion, peut vaquer à cet exercice, 

"facilement et cvcc fruit'." 

Le Chef de l'Eglise ne pouvait pas oublier les pré- 
ventions et les préjugés invétérés qu'évoquent les 
mots mêmes de méditation et de contemplation. 
Aussi, dans sa haute sagesse, il veut rassurer les 
fidèles contre des difficultés imaginaires, et, a cinq 
reprises différentes, — on vient de le voir — il leur 
déclare que le Rosaire est une méthode d'oraison 
courte, facile, à portée de tous, et qu'ils en retireront 
les plus précieux avantages. 

Ainsi expliqué et recommandé, on serait porté à 
croire que le Rosaire dût ne rencontrer aucun obsta- 
cle sur la route des âmes de bonne volonté. Il n'en 
fut rien. Le principal obstacle vint do ceux qui 
hantés par l'obsession d'un idéal exclusif de mé- 
thode de méditation, le donnent volontiers comme 
un appendice de l'Evangile ; tout ce qui ne cadre pas 
avec ce moule arbitraire, tout ce qui s'écarte des 
dimensions de cet autre lit de Procuste, étant impi- 
toyablement mis de côté et censuré. 



adjumentum tam promptum omnibiu atque expeditum 
ut nihil mngis. Fidentem., 20 sept. 1896. 

uau facilem et populi ingçoiio accommodatum. Quivii 
«nim religions v«l mediocriter instructug eo facile uti 
et eum fructu potest. Dictceni., S «ept. 1^. 



m 



— 60 — 



lit 



Idée Fausse sur la Contemplation. 

Ce que je viens de dire de la méditation, s'appli- 
que aussi à la contemplation proprement dite Les 

3 Pr ^T' T" '^«'™«-t-°°. P°"ront peut-être 
médi er, mais à coup sûr, ils ne pourront pas con. 
emp er. Il n'y a, en effet, selon eux, qu'une œn 
templat.on, la contemplation infuse laquelle suppose 
les extases, les ravissements, les visions, etc et 
accessible seulement à quelques âmes d'élite. L'hu 
milite nous ferait même un devoir de ne pas la dési- 
rer, à moms que Dieu lui-même ne nous y conduise 

■chréti;nTen"V'f°'^'r""' '^ P^^^*!- totalité de. , 
cnrétiens en est forcément exclue. j 

Je ne relèverais pas pareille fausseté si mal- 
heureusement, elle ne traînait encore dans des au 

«"dén'rrr""™* '' ^'«"'^ ^1'""^ certaine vogue' 
en dep t de leurs écarts de doctrine. En outre ell,: 
nous aide à nous expliquer cette oppos^ion tla 
qu. n a jamais voulu voir dans le Rosaire une con 
templation digne du nom ' 

J^ Ï'I V, T '"°'"/^' J>™*''^ P'"« mûrement qu. 
Sise ^'^';T'^^'' 7-itable enseignement^do 
'„n T' *^.'^'/ «T^ cet enseignement exposé par 
I un de ses interprètes les plus autorisés saint Thn 
nias ,1 y a à côté de la conlemplation infuse SJr^t 

;A porté! TÎ: r" ™t"*' '" -«*^-/"««"« o^a- 
re à portée de toutes les bonnes volontés et n„';i a t 

-J^^^^un^Vle regari ie V ^m::^:^ tZ Èanl 
' ^^ "''• Q- 3. 'îrt. î et IV ; lia riao Q^, jy^^gg 



— 61 



cœur vers Dieu. A celle-ci tous sont appelés, et de 
celle-ci tous sont capables. 

La contemplation infuse pousse les âmes dans les 
voies extraordinaires ; la contemplation ordinaire 
n'est qu'un développement normal de l'âme chré- 
tienne ; c'est un sommet, mais le sommet où l'ache- 
mine le simple exercice des vertus morales. II ne 
faut donc pas y voir un article de luxe, une entrave 
à la vie active, laquelle, au contraire, doit y chercher 
sciii aliment et son soutien de tous les jours. Par 
conséquent, la contemplation des mystères du Eo- 
saire telle que la demande l'Eglise, ne requiert au- 
cunement, une autre nature que la nôtre, mais, 
cadre parfaitement avec ce que nous sommes. L'es- 
Bcntiel, c'est d'abord de la bien connaître. 

Ne nous en laiss as donc pas imposer par cette 
piété bien intentionnée mais à courte vue, élevant 
ses préjugés à la hauteur de dogmes, les dressant 
comme une nouvelle muraille de Chine, pour en- 
rayer la marche triomphale d'ime dévotion si chère 
au Cœur de ^Marie et à l'Eglise. 

En dépit de tous les efforts en sens contraire, il 
reste acquis que grâce au Rosaire, la méditation et 
In contemplation sont aujourd'hui l'apanage de tous, 
le pain même des petits enfants. Certes, — et nous 
pouvons le déclarer bien haut — il n'a jamais été 
dans les intentions de l'Eglise d'en réserver le pri- 
vilège à une espèce d'aristocratie fermée, une sorte 
de Confrérie Sérénissime des hauts et puissants man- 
darins de la vie intérieure. Tous ses enfants y ont 



s fou?' '''' • ^'"* ""^-^ - ^-0- q-- les at- 
Un pauvre paysan de Fmnre. fit ,.„ • 

Doui PèrP "1 "î"® ' °" appelait le Très 

et les avantales immpnf ' ..P"'' '^"^"e vaut, 

fixer à leur pT^e'^oTr^n^^ ^^«"^ '• ^^ 

de sa douce ft v^g^inTiT/ndt"; ' ''"""'' "° P^^" 



-63- 



III. 



LE EOSAIRE SERAIT DONC, PAR EXCEL- 
LENCE, LA ÎMETHODE CATHOLI- 
QUE DE MEDITATION OU DE 
CONTEMPLATION. 



Comment pourrait-il en être autrement après tout 
(•<• que nous avons dit des titres (pii établissent son 
incontestai)ie supériorité ; supériorité que tous les 
(■■loges des Papes font consister avant tout dans 
l.\ contemplation des mystères, comme telle. Evi- 
demment, tontes les oraisons sont bonnes dès lors 
(prellcs conduisent à Dieu ; mais, quelle est celle qui 
peut se prévaloir, comme le Rosaire, de nous venir 
des mains mêmes de :\Iarie, — inventrix et magistra 
— soit à Prouille, soit à Lourdes. Quelle est la 
méthode d'oraison qui, en même temps qu'elle potu- 
suit son but essentiel d'élever à Dieu, les âmes, re- 
présente comme le Rosaire, — appelé à bon droit le 
sacrement de la Vierge — toute la force d'interces- 
sion de Afarie en faveur de l'Eglise Militante, et, 
par d'innombrables indulgences, sa toute puissante 
miséricorde, dans les prisons de feu de l'Eglise Souf- 
flante? Aucime, ab.solument aucune. Quelle est 
U méthode d'oraison qui porte à un si haut degré, 
'■(- caractère frappant d'univensalité — sceau bien^re- 
i-onnaissable des ouvres de Dieu — 1 



a smi 



iplicité 



C4 



flans la profonde-.ir ; ravissant la piété du génie de 
[.('on X 11 1, cl cliiiiiiiiuil l'âme candide d'une humble 
fille des clmmps, lieniadctte Soubirons. Aucune n'a 
ecltr ainplcnr, cette envergure du manteau déployé 
de ia Virrfje. 

"Si \me prati(|ne de piété — remarque le cardinal 
"l'crraud — devait trouver grâce devant une société 
"passionnée |iour les principes égalitaires et démo- 
"cratiques, c'est bien le Rosaire qui unit dans la 
"récitation des mêmes prières et la méditation des 
"nién s mystères, le savant et l'ignorant, le riche 
"et le pauvre, le théoiogien le plus familiarisé avec 
'les profondeurs du dogme et la pauvre bergère in- 
"capable d'épelcr ses lettres." 




Quelle est la méthode d'oraison qui ait été comme 
le Rosaire, endossée officiellement par l'Eglise, re- 
connnandéc à tous ses enfants, avec une splendeiu' 
de verbe, une vibrance d'accent qui laissèrent le 
monde sous le charme. Elle nous disait que cette fa- 
çon de coutem|)ier nous venant de ^larie, est tout(> 
l)elle connne elle. — piilchcrrinia — toute sainte comme 
elle. — .<i(nirlis.tiiti(i — toute bonne comme elle, — 
optimn — toute bienfaisante comme elle. — saluber- 
rimn — toute aimable comme elle, — peraccepfa — 
toute lumineuse comme elle, — splnididissima — 
sans égale, connue elle. — prti.itnnfis.ti ma. — Voir 

"Ah ! si une pensée de foi nous faisait ressouvenir 
"de cette prière. — écrit le savant Père Vermeesch, 
"de la Société de Jésus — nous comprendrions pour- 
"quoi elle faisait les délices d'un S. François de 



65 



Sales et d'un S. Alphonse de Ijiguoii ; nous serions 
de ceux qui ne voudraient l'omettre pour rien au 
monde, et notre fidélité nous remplirait de force 
dans les traverses et les difficultés de la vie." 
Méditations, vol. 1, p. 145. 

H. François de Sales, dont le nom vient d'être 
mentionné, attribuait une telle importance au Ro- 
saire que sainti' Jeanne de Chantai disait, au ])rocès 
de sa canonisation ; "Il employait une heure à cette 
■sainte pratique, car, il méditait chaque mystère, 
■et il était si attentif à n'y jias manquer, que les 
•affaires l'en ayant empêché pendant le jour, il por- 
■'tait le chapelet autour du bras, pour se rappeler 
'de le dire avant de s? retirer pour la nuit." 

Pour ce qui est de S. .\lphonsp de Liguori, sa vie 
tout entière fut un long et ardent témoignage de 
confiance au Rosaire. Tl disiiit dans un sermon : 
"Parmi les hommages (jui lui sont dus, je n'en con- 
"nais pas de plus agréable à la Mère de Dieu, que le 
"Rosaire. Oh! qu'ils ont une belle espérance de 
"se sauver, ceux qui le disent tous les jours avc< 
"amour et persévérance." 

Quelles belles et réconfortantes paroles! Et lui- 
même les vivait. Le Rosaire fut toujours, en effet, 
s,i dévotion favorite: dans sa vieillesse surtout, il 
avait rhabit\ide de le réciter, plusieurs fois ))ar jour. 
On le voyait du matin au soir, le chapelet à la main. 
Avant de mourir, il disait au prêtre qui l'assistait : 
Vous ne savez pas que de cette dévotion, dépend 
"mon salut." 



— 66 — 

C'est ainsi que pensaient et agissaient les plus 
finmds saints, nos modèles. Xoiis ne courons donc 
jias le lisciue de nous égaler, en voyant avee eux, 
dans le Rosaire, notre propre salut. 



MYSTKRKS 1)L ROSAIRE. 



MYSTERES JOYEUX. 



l'BliMIEK MVSTÈHb: JOiEU.X. 



L' AumiHcuduin de la Tris Saiiilc Vicryr. 
Prions pour obtenir ou conserver l'état de grâce. 



Dieu a résolu de se faire lionniie afin de sauver 
11' monde. Mais, il y a sur la terre une puissance 
qu'il lui est impossible de ne pas consulter au pré- 
alable, rien ne devant se faire sans son concours. 
Dieu a appelé un de ses anges, Gabriel, et lui a 
donné pour mission, de soumettre à cette puissance, 
une demande qu'elle sera libre d'agréer ou de re- 
jeter. 

T/ange se dirige vers le village de Nazareth. Tià. 
dans une pauvre mai.son, une jeune fille est en pri- 
ère. L'es|)rit céleste la salue comme une reine, 
et, de même qu'il s'était prosterné devant le Tout- 
Puissant qui lui donnait sa mission, il s'incline ici 
comme devant le sanctuaire où Dieu lui-même ré- 
side : "Le Seigneur est avec vous." 



— 67 — 

Gubric! l'xpusc à Mario, la demande du Dieu qui 
li'siro l'avoir pour iiii'rt', et .... il attend. La Tri- 
iiilr, dans la personne de .son ambassadeur .... at- 
iiiiil. l)iL'u a un tel respect do la liberté humaine 
I II Marie que même pour sauver l'univers, il ne fer- 
rera pas le consentement qu'il exige d'elle. 

l'ette modeste jeune fille qui se troublait tout à 
i heure aux paroles de l'anj^c, va lui répondre, — 
I . qui sera aussi répondre h Dieu — et cette réponse 
I st une (|uesti(>n : "Coiiiiiiciit cela se fcra-t~H" ? 
I Ctte hésitation ne doit pas nous ('-tonner, car, avant 
ilr voir Dieu dans les magnifiques promesses de 
i'aiige, elle le regardait dans son cmir de vierge, 
't là, elle le trouvait plus beau encore. L'ange a 
rassuré Marie dans sa délicatesse virginale, et elle 
lionne à l)ieu un consentement qui la fait devenir 
<•/ Mtrr, (ilars qu'elle rient de ne dire sa servante. 



('liiieii)i de /loMV, )icut-on dire, a niin.fi son mys- 
'irr de l'Annaiieiiitian dans lequel, à la place do 
iliiliriel. .lésus-Cbrist lui-même, l'.Vnge du Grand 
' ciiiseil, nous offre de devenir ses frères et les héri- 
Mirs du Ciel. Mais, si Dieu n'a pas voulu forcer 
' consentement de la Sainte Vierge, quand il étaH 
ini'stion de sauver le monde, il ne forcera certes pas 
: nôtre, et tipriit iioii.i aroir créés sans nous, il ne. 
'< ■/c fiiiinra /iiis siin-t nous. 



— r.8 — 

DlilXlKMl; MVSTKItr. .lOYIJfX. 

La Visitiiliiiii ,}, hi Tn'x Saiiitr l'icrr/r. 

Drniii niions la rriâco di' no ilonnor quo de bons ex- 
pmples. 



Elisiihotli, l'poiiso (le Zachniie, se cachait dans sa 
donieiMo, depuis six mois. Pendant ce temps, elle 
Il avait ei>ssi' de piiiT, la saint(> femme, sontemie 
par l'intense et religieux respect qne lui inspirait 
son enflant — 1,- fntnr saint .Tean Baptiste — dont 
le riel luî avait annonce' la naissance. 

C'est alors qne Marie, sa cousine de Nazareth, 
afirès avoir reçu la visite de l'anjre Ciahriel, se mot 
tait on marche ponr visiter elle-niême sa vieille pa- 
rente. ■Riche d'nn tii'sor qni n'e'tait antre (]ne Dieu 
lui-même ayant pri.^^ corps en elle, la Sainte Yierfrc 
ne vonlait pas le ^Tarder ponr (die senle. 

.\piï's un \(iyaj:e de qnati'c on cinq jonrs. elle esi 
anivre à la maison d'Klisahi-th qu'elle salue à l;i 
façon !ui\e: "Que h Siiqucnr soit nrrc rom - 
Jhiwiiiiis trriiiii." — Te souhait tout ordinaire n'esi 
tondu' des lèvres <',• :\rane. (|u'après avoir passé pai 
son âme sainte, et le Seigneur fait aussitôt sentir 
sa présence, de façon admirahlo, :'• "^lisabeth, et pu 
rifi(\ du même coiq-t, l'âme de sr, nfant. 

Elisabeth reconnaît dans sa cousine, la Mère d- 
Dieu qni vient enfin sauver le monde. Elle ne sai 
comnKMit exprimer sa joie, et prononce ces parole. 
qui n'ont pas cessé d'être répétées depuis lors: 



— 09 — 

l'on* itis biiiic au-dessus de lutttes 1rs jrinnies, 
it il est béiii, l'eufanl dont toits éles II mère." 

Il PII l'.st iiiiisi ili's ûmt'S justes où ]>i<ii liiiliilo: 
Iles le loiit sentir iuitinir d'elles, ne l'ùl-ei' ipie ilaris 
ii!i lefiiird, une bonne parole, voire uiêine, h l'ixeni- 
|ile (le Miirie, un sihi|>lo bonjour, "l'arloul où piis- 
■ieiit les siiinls, — (lis;iit le l'>ienbeureu\ Curé 
il'Ars, — ils liiisseiit (|ueli|ne eliosi' di' |)iiu." 
.Miirie riinportiiit siu' Klis:d)etli, de toute lu 
liiiuteiii' ineonniiensunible de lu dignité <le Mère de 
I lieu ; et eipendiint . c'est elle, s:i sn|>i'rieure, (pii 
l:iil \\n long voy:\}.'e pour lu \isilcr, et siilue 
b première.) I>(nis l'AiiiKnieidlidii, Mtirie s'éluit 
ih'elarèe lu sernnile du Seiifni iir; dmis ht \'isittilii)n, 
ille se fuit, diinnil Irais mais, hi srrriliile de sil ser- 
iiiiile, E isitheih . Ces deux mystères ainsi rnpjiro- 
clirs nous montrent, do f.içon bien saisissiinle, (pie 
/' serriec de l'iieii — le vnii — ve fnil i\u' ini nree 
h serriee du jiroelidiii , et que nf)s vertus privées fi- 
niraient par se résoudre on jiur éfioïsmo, si elles 
n'étaient trempées dans la eliaiité pour autiui. 



TliOISlÈMH MVSTHIÎF, .JOVKrX. 

/.(( Naissance de Xalre-Seigiieiir. 

i 'finandons la ^'raee d'être des âmes de lionne vo- 
lonté. 

Le Ciel est descendu dans l'étable de Piotldéem, 
• ' les anges, en chantant, adorent dans son coi[is 



— 70 — 



fl'> chair, f'clui (|ii'iin des leurs iinnouçait, il y i 
neuf iiiDJs, ;'i Miirli' de Nii/iiivtli. I,c Christ' est ii.' 
Il- Siiiivciir est . iiUm iiM-ivr. lH,. niiiiifr.'oirf d'iini- 
iiiiiux :i rc(;u ses petits niciiihres nus (iiriino iiièi. 
l'iiuvrc s'fiiiprcssi' d,. recouvrir de liiiij{<s hief 
I>iiiivres niissi. J,e Dieu d(- toiile t,'riilideMr s'e^ 
uhiiissé jusinrii revêtir un ior|is de l.oiie. J,e Tonl 
l'uissiiiit (lui iiulrefois, jetait diins l'espace, des mil 
liiirds et des milliards de iiM)Md<'s, est là sdus n< - 
yeux, dans la «piasi impossibilité de faire un mk.iiv, 
nient. J,o Verhe, e'esl-à-dire la parole elle-mênu 
s est condamné à ne pas proférer ime senle paroN 
.Afuis n'y aiu'u-t-il p;-rsonne jiom' lui pivter s 
VOIX, exprimer le senlimcut (pii fit Lattre son e.eui 
son Sacré C(eur, eu ce moment mille lois héni d 
son arrivée? Ecoutons ces diauls .pii viennent d'en 
haut :^ "Pdi'j;, xiir hi tcrrr, ,iux âmes iJc bonne r, - . 
loiilc." Voilà I,. salut do hienveiiue (pie l'Knfan 
Dieu adresse au monde 
anges. 



par 



(pie 
intermédiaire 



La paix dont il s'a-it, c'est la r.'r. iiciliation av, 

J)ieu, laquelle doit avoir pour terme, rimmense bon 

heur du Ciel. Cdtc pnir ,ion.i r.<<t „ff,rtr nuiix , 

une condilhui: la bonne volonté: la bonne voloni 

de nous faire la truerre à nous-mêmes, de souteiii 

avec couraj.'e, la lutte contre les tentations du ,i,' 

mon, contre les si'dnclions d'un monde conupten 

et corrompu. Nous n'irons pas nous persuader (ni 

no.re salut pourra se faire, .sans trop nous d('ranfv,, 

en prenant nos aises, en jouis.snnt le i.lus possiî.l, 
des "'"•-:•- 1- 1 • -- 



plaisirs de la vi 



X 



on, votre bonne rolonté J. 



t. .1 y 

it est m 
l'o (riini- 

IIIC llIt'IV 

;,'!■» Iiicn 
•ur s'cs' 
Le Toiil- 

(lis mil 
SDiis n<i» 

I lllOUVt 

l'-niûnu 

1(1 CU'llI . 

Iii'ni (1 
l'iit d'en 
iinii' (■(.- 
'l'infiiiii 
lilV (Ir- 



11)11 iivc' 

ISO l)OH- 

niiiin '/ 
voloni ' 
îontoni' 
(In ili' 
rupteii 
:loi- <|ii 
rniifrci . 
nssihii . 



n 



nii mil relu r ilc jniir, uni' In Ixnnic rnlaiitr Dii'iiir 

■h lUlIl. 

Alliilis donc iuiplrs de celte crèelie, et niliessoris- 
li' dn tond du cieni', {•elle conrle prière: >r(in Dieu, 
:iii eli's descendu itiins rid)inn' de mes iiMscres. pour 
Mie tendre la main et inc sauver; donnez-moi, s'il 
'NUS phiil, d'être une àine vraiment coniatJeus.', 
'. raiUM'Ut e,'||i'r-euse à vous obéir et servir, ô vous 
'jui ave/ dalyru' être ;;i'ni'ren\ à l'infini, i)our moi. 



(,)iAi'i(ii';\ti; MVSTHiii; .tovrux. 

/.'/ I'ri'firiiliili"ii (h \(ilri -S(i(fu(ur au Tniiplr. 

l'eniandons li' respect cl l'amour de la Sainte Eu- 
charistie. 

• ,>uarante jours après sa naissanci- à Botldéem, 
li'siis est porté ])ar sa ^^ère, au Temple de .Tcnisa- 
: Ml. et présenté à Dieu, sidon que l'ordonnait la 
I .oi <]■■ 'Moïso. 

l'ans l'offrande qu'il fait alors de Ini-même, de 
Mil lui-même, avec ses travaux, .ses années de si- 
!' Mce et d'inmdile obéissance, jusqu'au Orand Sa- 
'■' iri<e (|ui inar(|uera la fin de sa vie, c'est notre 
~ilul (|u'il a en vue. 

f.^ui va leconnaître Dieu ainsi dépuis(' si ,is les 
l'iuvres apparences dont il a voulu s'envelopper? 
I' v avaif alors au Temple, deux vieillards, Siméon 
' .\nne la Piopliétesse. Guidés par une attraction 

inatiirelle. ils vont à lui et discernent sous les 



II 



ll;ilN ih. ,•,. |„.|j| riifMlil, Ir S;ni\viir si l()i)rr(oin|is 
'''■'*"''' '■! iiti.n.lii, Siriii'dii |,icihI ra(l(<ial.lc imu 

WilM-n.' ,I;,I|S srs llKlillM l|V||,l,l;,|ll,.S 1,. ri.tl I flll |)1. 

Mwc raviss, innil, puis .l.-iiaN.I,' à |)i,.|i ,1,. ril|)pi'ln 
^"" ■'""■• ''i l'i'. '!'• rrirncr à la lunii/av .In jour, s.- 
}'ns saïK-iili,'-, |,ai- la visi,,M .le la I .iimiriv du inotidr 
' ll'-rin m,'. Aiin,., irnr v.'ii.'iaKIr vt cliasto v<Mlv, 

lll' <|Mal|V. M, |n|.,||, .,,,.,, ,||,j,^ ^,,,|,, ,.„„^,„.,.p,. ^pj, ,|,,|, 

"i''i'-< r^ivrs. à i.arlri- à |„„s, ,1m l)i,.,i rnfaiit <i,„ 
Miail (Ir i/junii- sa vii'illi ssc. 

<ili: 1rs vifillrs nvMs. (iiian.l ils voiulmnl aussi 

'"'' '''■ ^ •'■'^ t"'"". ils vciTont Dion i.lus facilr 

•lii'iK i|Ui' Ips aiiliTs. 

<^Xnus |M,uiTinus rUr (rnlrs dVnvirr Ir laMillcur d, 
^HM,,.n ri ,1 Anur, si nous u,. u„us rapprlious nu'/7 
'j"".s- r,v/ ,,.„,>,■ wirnr ,,ur ,/,■ /,,„> /•/.;„^„„,, ./,:,,„, 

'/./-,._»„. „■„., r|.:„,l,aiisti,.. ,.„ ,.ff..t, nous mettant 
, ■' """"^ "• l""','<'''I'r l>H'u au plus intinio ,1c notrv 
■ 'liv, /„()■ /,( Sdiiilr CniiiDiKiiiiiii. 

,„!;'';Ly:' '•''' }-'■" '"'■>' -'■"- '"i ^um. .l'^uIsc- 

"■'.'"■ ' '"-^ 'l'ii MppartiPMnrui ;, h, r,,„|j||,. ,^^ f.-_ 

''.':'"*■■','";'■ ■' l''!"' '■x.Mupl,., la part voulue à la 
'','"■'■'•''* '.' '^' P'inl.'iuv, nanlrnl la .-liasK-tr : toutes 

J-iH'srs ,|u, ,,M, 1,. .s,.cTe( ,1. faiiv voir |)iou >uêmo su, 
I' l'>'i" "II. par le Sacrement ,1e l'Autel, il a fixé sa 

'''■""'"'^\ ''" '"'1'''" '1'' "-'"S. 'Qi.an,l, par contre 
"Il iiy S.III j.lMs n'onnaître Di.a, dans la Sainte Eu' 
'■'ii'-.sliet.-est-ee pas parc,. <,ue la prière, la morti- 
"■^" !'" ;■' 1^' ''h^Mvi^ ne s,>nl plus K, p.ur ouvrir 
l""'l'>-'- los yeux de notre âiu,.. lui faire discerne, 



— Ta — 

s(]||s si'S liiiils (rciri|i|lliil , II- llj'il uni n.i||> iiillio 
ri \ iiiil nciiis siiii\cr. 



CiN'f^iii'-.Mi-, Mvsri'iii; .lOM.i'.v. 

/.(' I!iii'iiri< lin ni ili S ^1 n-Siiiiin iir itii 'iinip]r. 

I )t.'lii;iri(l(iii.s l'iMiica I Jii siiiiiK.' dis curMiil!?, 



l-;i Siiiiito N'itTi:.' ri t,ii! , ,1m';, ili i'oiiiiiiisiifU l'Iùi- 
liiiil Jrsiis alors iijj ■ •\' i|i,i (• lin,., l'i.ni-iit vomis de 
Nii/iiiflli à .Ic'iiisiil; tii, I ,1, \,'i (i it's <li' ri'uiiu's. 
l'it'iilc-ili'iix lii'iifs si'piu iiiii ir-, li. !,\ ' illis, ce vov- 
wii^' rNi^iruil 1111 moins trois ou (|iiiiir,> jours ilo tunr- 
rlir. .\|ir(''s avoir piissi' sc|il jour^ dans lu N'ill» 
Siiiiiii', ils rc|iriri'iit le cliniiiii do Xa/arctii en on'. 
|ia;;iiio d'autros polorins. Clu minai, t par prou; , 
srpan's, .Nfario supposait que l'onfaiK cl lit avec ■ .ii 
l'oro, tandis ((uo colui-oi io croyait ,,voc su n'fv: 
.li'siis n'y ("tait pas. On eherclia parmi los ))ii i i - 
CI los amis, mais tontes los rediorclios fin-om in;i 
lilos. IjC lendemain, au point du jour, le père et la 
mèi'o [)loni.'('s dans uno tristesse^ indicible, reparti- 
ront poiu' Jérnsalom où ils n'arrivi'ront qn'iï la luiit. 
'o fut seulenient io londemaiii, et par cons('i|nont le 
troisième jonr que ^^a^ic et Joseph trouvèrent leur 



tils 



Temple 



entonn' 



les savants lu 



ifs 



qu il 0- 



iiierveillait [lar sa sagesse. 

La Sainte Vi(-r;,'e avec la confiante audace que lui 



inspirait son c.our niali 



'1, lui demando non 



irquoi 



— 71 — 

il les a oinsi quitti's. "Votre p!rc rt moi, — njoute- 
t-elle — vi'iis ri)ii.i rlicrvliioiin tout affliiirs." I| 
leur n'pondil : ".Vc :>,iri(V-r(ius /«i.v ,//('// me finit 
"m'acciipcr (1rs iiffdircn di iiimi l'ire ('t'Irutc !" 

C'est la i)reiiiii''iL puiole ihi Sauveur qui nous ail 
été transiiiiso. I^es iariMes des pieux parents é- 
taieiit sécli('e.s, et ils ramenaient avec eux, leur 
enfant bien-airiié. 

Dans ce mystère, Notro-Seifrneur nous donne une 
f,'i;(nde et helle leçon, à savoir, ipie le service de 
Dieu, la pratique du devoir qu'il nous commande, 
doit passer absolument avant tout. Fa- service de 
Dieu, coih'i, en effet. In roeatioii de tout chrétien. 
Cette leçon était d'autant plus remarquable qu'il la 
donnait, ù un afro oii l'enfant ne s'appartient pas, 
inettant ainsi davaiitaj;e en relief, celte vérité : que 
l'enfant relève de , « d'abord, rt de .lex pnrentu 
ensuite, fussent-ils parfaits connue .Tosepb et .Marie. 
S'occuper des affaires de leur l'ère du Ciel, <-''esl 
Jiour eux au.ssi. dès Icus tendr.'s années, l'ùniipie 
nécessaire, le but siq>iénie de leur vie encore dans 
sa fleta-. 



MYSTERES DOT'T.OriiKT'X. 



Au^ couvent de Prato, ville de Toscane, non loin 
de Florence, vivait une relif:ieuse dominicaine du 
Tjcrs Ordre Ib^ulier de .saint Dominique, issue de 
la. noble famille florentine des Ricci. Elle était 
entrée en ce monnsière, à l'ape de I.T ans, er- 1")3.-). 



Hnmblo ci pnre, rllo s'offrit à Dion, commo vir- 
lime (Vexpiiition, s'iinissiitit d'espril et de cn'ur h 
l.i (irande Vidiiiip du ('iilviiii-o. l>r l-")42 à ]">"»4, 
.■■(■st-à-diro durant douze ans, Catherine de Uicci 
,iit, toutes les semaines, du jeudi à midi jusqu'au 
vendredi à (piatre lieures, la lonfîue extase do la 
l'assion. Suivant i)a8 à pas la voie douloureuse, 
(lie souffrait avee lui, les horril)les supplices du 
Sauveur. Un jour, Notre-Seigneur imprima sur son 
.■orps, les stigmates de ses mains, de ses pieds 
et de son côté; comme son Divin Maître, elle por- 
tait les sifjiies sacrés de la croix.- 

n est remaniuabie (|ue les reclierches les plus 
sérieuses n'ont fait (pie confirmer la vérité du drame 
de la Passion tel que revécu, toutes les semaines, 
par sainte Catherine de Ricci. Nous y puiserons 
certaines indications dont nous ferons iirécéder cha- 
que mystère, afin d'en rendre la méditation ))lus 
facile. 



l'nr.Mir.ii Mvsri';iîi-. noTt.nfiir.fx. 
L'.\(jo)iir de Xolrr-Sriçinnir. 

Aconic avec se, trois phases: prière do .Tési.s, Li tare rontre 
terre ; sa répugnance ot sa résigtiiition devant le calice He la 
Passion ; la sueur de sans et l'appanlion de 1 ange. Durée, 
trois heures: de 8 heures à 11 heures du jeudi soir. 

Demandons la contrition de nos fautes cl l'Iiorreur 
du péché. 

.lésus avant d'aller à la mort, voulut se rendre 
sur la colline des Oliviers, pi.ur y prier une der^i^re 



7fi 



fois. Trois npotros, Piorre, Jacques et Jean l'ac 
'•"'"l'^f^riMi..,,!. l'I.'ii, ,1,. j.M.nesse, de santé, de vi- 
gueur, il va oiivni- son â„io toute grande, k des 
( Ouleiir.s SI al lieuses qu'on leur a donné le nom du 
Xrnnr mmb.it ,,ue soutient la vie avant de rendre 
les armes a la mort : idcianic. 

JiC speetaele du mal passa devant sa conscience 
sainte. Ayanl pris sur ses épaules, le poids de 
l.^utes 1rs mahees. ,1,. toutes les lâchetés, de toutes 
les homes, .lésiis. ]r Wrhr fait chair, se sentait de- 
vemi aux yeux de son l'ère, comme le péché Vivant 
''■ /',/„■ jait rhnir, ne devant s'attendre, en cette 
•liiahte, (|u à être broyé sons les coups de sa ven- 
gea née. 

D'autre paît, tous les maux ipi'il devait endurer 
en retour de son dévouement pour les pécheurs se 
(Ire.ssérenl devant lui : la trahison des siens, la 'fla- 
gellation, les coups, les crachats, les moqueries l'in- 
justiee d.s puissants, l'ingratitude du peuple, les 
tortilles de .sa doucv mère; enfin, tout son sang 
repaiiilu sur la croix, supplice des scélérats et des 
iiitaiiH's. 

Kl puis encore, ces .souffrances atroces vont être 
mutiles pour tous ceux qui vont se perdre. Sous 
les yeux terrifi('s de Jésus. IV'ufer ouvre ses abîmes 
d'épouvante où le mal est châtié sans relâche, sans 
fin : les liurlemeiils de ses blaspiièmes. les claineurs 
de .son désespoir frapp.'iit ses oreilles. Eperdu, 
seul, dans la nuit, en fiicr de ces horreurs remues 
de h terre el de l'enfer, il demande grâce à .son 
Père, le conjurant de l'épargner, d'éloigner de lui. 
SI possible, d'aussi affreuses tribulations. Mais, se 



4 
9 



rcssaissisant , lu doiu'i.' 



Victimi' li;ilil;mt>-' .'1 ii'sif.'iir( 



'pùtait bientôt: -M/on DIcii, '/ 



»( filii- r 



.l,„llr Snll 



'aili 



Tl iivait i>iit' trois 



fois, (le la sorte, c|iiiiM(l il i'|iroii 



va les mystérieux .'iiouvaiiteiiieiils d'ime a^joiiie si 
i.troce, que son corps se couvrit d'une sueur de s:\uil 
<|ui sï'pandit jusipir sur le sol. A bout de forces, 
.Icsiis tond)a la face .-outre terre. (V san;.', ces 
piières ardentes, ces plaintes avaient monté jus.ju a 
sou l'ère, et un au'iv venait !.■ récoTiforter. i'rel a 
l; l'roix et au martyre, il se lève |)our allr au- 
devant des bourreaux i|ui le cherclienl. 

DiiMi a voulu, dans c mystère dr son af,'oni.', 
„„us mo.drer .juc le pé.-lié suffisait par Im-meme, 
à donner à son Cbrist, le coup de la mort, l'ms- 
sions-nous ne jamais oublier, pour notre propre 

, pte. (pi'il n'y a pas d'autre mal m'"' '•t''"'-''' 

et l'enfer où il conduit. 

|)i:i'xii-:Mr, MVsiKiir. rxiri.oriti'.rx. 

/,(( FliKjilliitioii (le \i:lrr-S,iiliiriir. 

Durée, une tieure fl quart: de 6 iKures à 7>4 li'Ur.'.-^. !>• nuitui 
.lu vendredi. 

irions i-our réparer nos injustices et la.s scandales. 

Ce traitcTnent était si horrible ipi'il n'était pas 
nu-e de voir la victime expirer en le subissant. Les 
Romains l'infligeaient avec des fouets dont les la- 



â 
1 




^WS^^^W^^W' 



— 78 — 

n,ères ,1e nnr étaient arniées ,1,. petits os carrés ou 
<l. Imlles ,le ,,|,„„l.. Le patient, dépouillé de ses 
vetenienls élait lié à „n poteau, ,1e façon à avoir 
!'■ 'I,)s eonrhe et la peau très tendue. Les soldats 
'■'""iii'is sa,d,arn,'Tent sur Jésus, — à leurs veux 
<■ lyp.; ,lu juif méprisable et d.'testé — et eoinn'i ■' 
l''i'r loi ne n'-lait pas le noud.ro ,1e eoups à donner 
.ont fut lais.sé aux inspiralious de leur cruauté. 
,).ia re soldats devaient frapper. Sous .vs l,onihl,.s 
fomd.s, la eliau- .lélieale ,1,. h. .livine vietinie fut ar- 
rachée par lambeaux, le san;; coulant en al.on.laruv 
V ';;"«;''"« "i">'':res. c'était, du rc^ste, rinfntion 
<l<' I liai.' d en faue un objet ,1e pitié )K)ur les juifs 
»'MX-u„.m,-s; aussi, les bounvaux s-a,..pMtt,Vent d^ 
^■ur n.andat ave,, une barbarie ,p,i fit du corps ,lu 
Sauveur, uu,. lamentable lo,,ue de ,-l,air .san-lant,. 
.Nous pouvons nous demander ,)ù était la Sainte 
\iertrp en ,-es affreux mouierus. 1 ,e Fils en.san- 
;^ lanl,. passa-t-il sous l.s ymx de la M.Ve en pleurs'> 
• Icred,- Doul.ur. elle va suivre, en,.ffef, rrromn,,. 
Il'-' Douleur. 



K.'r-iUMllons eellr nouvelle ..ffusion du .san" ,1e 
.Nijtre Seiuneur et pén,-trons-n,)us .les enseifrnenrenls 
<|ui n,)us sont ,i,„„u's ,lans e,. mvsf,-.re .le souffrance 

-Nous pn^nons des pr,', lions infiui,.s pour ,pie n.Mi 

'" iivw l,..s uieliualions ,1, notr,' <-bair. Nous trou- 
vons dans ses .apn.vs ,.t s,s raibl..sses, mille pré- 
.■xt.'s pour la dispen.s.T d.-s salutaires ontraintes de 
l.i vuyiu-, ti-.nne ,., ,|,.s nuvs .saerifi,-es .pie lui im- 
pose I hujis... .\,|ssi. /,.v s,, Il iii,.,itr,it. ,'t, ,]„,is la 
"^«■inc proportion, hs àm,s bcmoit. Klles baissent 



taSÊÊÊÊ 



'^w^r-^w 



— 70 — 



O ]|1 



I- i-dllIiT M hi liniilr t't il la niliic 



■■tt'iiii'lli'. Voyons 

(|iu'l |)ii\, Noli-;' Sfi;inriii' veut nous nipiu'lcr :m 

rs|.rcl (Ir nolrr <oil>s. Ce mips ii|)|iflr iui>; lioii- 

.;riiis iiu'iii.' 'lu Ciel, il ne rmil l'a« lu'sitcr ù lui 

ii.iiv (•oiinaiiiv, au lusoiii, les ili'cliircnients du sa- 

.■I ilicc. 



'ri;.ii-,ii:Mi: M\sTf-.i;i: Doi-i.nriM.rx. 
I.c Ciiiiroiiii' un lit i/'Z/i/iir-s'. 

il, ^.'ikIiv.Ii. 

I ifliKiiiilons le zMf :i nous inslriiirc dr la Ivcligion. 
cl la vicloiii' sur If ivsiii'cl liiimain. 

i.cs l.oiMn'aii\ oiil (Irlaclir K' .•..iKlaniiu'. Kn 
■iiia.|-on .■niiii |iiii'''' Non. I .''s soldats d." Tilatc, 
lasscinl.lrs autour de lui, n'i ntcmlcnl pas ])0|-drc 
uni' si lii'llc oicasion di' s'aniiis"r. 

.Ii'siis s'élant appi'lr Ivoi. ds vont trou\:'r dans ci- 
ilr.'. l'idi'.' de nouVfauN oulia;:vs. < hi tiii jette sur 
„.. rpaiiles. un laniUfaii délotte imi-e. f.our rap- 
n..|,.r II' manteau des souverains, el on lui met dans 
i. > mains, un roseau en -iiise de scepliv. La pros- 
.rur ordinauv d.' (VMr soil.' de roseau, .'ta^it d'un 
poue,', et sa longueur d'environ six Jiieds. Tressant 
■i la hâle. des liranelirs d'c'pines aux dards multiples 
rt tr;>s lonys. <-es niiséral-les en font une espèce d.' 
easipie milita. re i|u'ils plaeenl sur la tête de Jésus, 



IS 



■m-^M 



— ftO- 



"'"''■''■" r.,.s v..|n,.s s, norMi„v„s,.s ,|,. I, t.'.te ,•- 
nm oMv, ,l,.s l„iss,.,,, o.,M|,.,- I,, .,„^ ,.„ al,on,|,uu.... 
^.iin(,- ( Mil,,.,.,,,. ,1,. S,,.nr.o ,,,,1 ,.„„t..,r,|.l„ ,,.tl,. 
sc.ne dans „„o v.sjon, .Vrivait <-os paroles m, i c„n- 

r:;';'''.'"/ (•''■"><•'."•.,( av,.,. i,. ,,rit ,1,. r.'.',,...!,. 

_ y." lo cmirain' r..,lai,„.s .'|,i„,.s ,1.. sa ,o,„on„.: 
awiient (),.|u.|iv jiis,,uaM cerveau." fest affreux 
".'••ii^<;i's( y^ai pour ers l.nihs:,,,, ri(. l're.iani e-t 
air grave de l.onffoMs ,,„i i.nitent nne cérémonie so- 
l<nnele, ils s approche,,! les „„s après les antres 
se,,,effe,, à,v,,oMxdeva,,t.Iés,,s,,',,disa,U:'',SV,: 
I Ir" ;■;■""';•' l'"i«-'-'l"va„t,ils saisisse,,! 
K .oea,,H e>, ,appe,,(surlalélepoMry^ 
i«. plus a fo„d lesépi„es, |„i |,„n,l,,„t |,.s veux le 
'i.ppe„t ai, visane. |,. so„il|e„t d'i„fâ,„es eVaehàls 
I arcnent la, lâehelé .Lvail s,. ,„o„t,-er pl„s v e' 
pins monsf, -lieuse. ' 

Pilate jugeant le ,„o,„e„l pn.piee, ,„„„(,., a„ 
IHupIe, sa y,ct,„„. r,nsselan(.. de sanj:. co„ve,-t,. 
.10 plai.'s I.ra„tes, é,,i,isée. ,„é,.or,nais.sal,le \t 
•'■n,ln par ee spectacle, le p„p|. se taisait. ' Afais" 
«• M,-e„r ,.,ll,„„é,. iMci.At par l,.s excitations d'i^ 
«noi.les „ol„„.„,,s dn„t il avait fait ses chefs lu, 
iin-aeha.t de w,mr,u !,■ cri ■■('n,rifir~-lr. rnirifir:-- 
"■ -Ma,-,.' e,ilen.ii(-el|,. ,vs ni-i,ssenients de ti-'r.w 
:«lte,-es d,l saofT .|lli ,vsla„ ,.|icore à so„ fils?" 

Que cetie Iroisiè,, ff„sion du sa,,- de Notre- 

.Scit:„e„r no„s ,-„pp,,| ,„,,. „„,,,,,, ^,,^.,,j,,^ ^^,^^. ^^^^ 

nons ,nsfr„„-e le plus possible, de notre religion 
n,e„ ,ioHs a ,l„„né ,me inte|lin..n,,„ ,„„„, „„,,,j,,,; 
!.■ bonhcnr e, les hcaMés de son éfcnité ; il ne fa„t 



81 



pus (iii'iinc i;.'iM>i:inr.' cniiiinbli: hi tienne l'ioignén 
(h' cette essenliell,' oeeupiilion. J.à où il n'y il pns 
.rinsliiiclion, le ll;inil>e;iii de la foi fini la snppose, 
s'c'teint ; ce <|n'il tant ('vilei- à tout prix, si nous 
voulons nous sauxer. JMilaiits d'un Dieu <iui s'ap- 
pille le l'ère dis Lumières, nous devons à notre 
tour, être des porte-lumières en ti-availlant à le con- 
naître et à le faire connaître. 



Qf.\Tiiii;Mr: Mvsii:iir. notri.oniF.ux. 
/,(■ l'urf()ii(nl (II- lu Cnii.v. 

niiri'O, uni- li.iir.'-. di' 10 liciii'.-s h 11 liinr.n, nviint midi dn 
vi'iidrrdi. 

Demandons h' coin-a;.'e dans les tentations et 1. s 
('preuves. 



|,a sniienee de .Irsus vient d'être prononcée, 
liie riHiie (pir la vi'iic'ral ion di^s siècles a nonnnèe 
Vi.ir noHlnitnu.i,' ou Chemin <lr !n Croix, va s'ou- 
vrir devaid le Divin Condamm'. 

r.es soldats s'emparent de nouveau, de Jésus, Im 
iMilèvcnt le haillon roupe doni ils l'avaient nffnhlè. 
li;l nniettent ses vêtements ()n'ils hii avaient enl(>- 
vês iHUir le fouetter, puis, lui laissant sur la u'Ie 
S..M horriMc ,-ouronnc d'épines, charfrent une croix 
pesante sur ses épaules déchirées. Jésus s'avan- 
cant avec la plus jjrande peine, traverse les mes 
de .léru-alein. M approchait des nnirailles de la 



villf', quand, .L.ys l„ rrainto <lo le voir mourir en 
clicmin (Kl „l,|,u,,i „„ II,,,,,,,,,, ,,,,,„,|,., „j,,,^,,| ,^ 
l'ortrr la croix ,l,.,.i,'.r.. lui. A la vue .I.. Vllommc 
<ic DoHlrurs „„.,„•. „i„,i ,„ sMp|,li,v, ,11. Iivn.isse- 
"ifiit (I,. pitu- a-ila ,.,K-on. une lois, la foulo',.1 une 
"■"iit)f de I.MMr.i.s |.oi,ss,'..vnt d.^s cris et dcs'laincn- 
allons, .(csus ne voiiliii pas de ces larmes trop 
taciles et de celle compassion siéril,.. •'.W plnir^ 
l„y vir „„.,, ~ leur d,l-il, - mais sur v.m,.>ur,ur. 
il ■■'ur r<,.s nifiiiits." 



Quelles Ion. 'S leçons nous .soin données dans ce 
(lu'inin .le la Cn.ix 1 Irion.s-noiis onhlier ce que le 
Niiuveiir disait ii i jour: "Qiir cinunn parle sa croix 
cl iiir xnirr. ' YnW;, „„„ |,.,„ „„ j,j|„p|p j.„„j,j.|| 
'->i>'.s nn ordre. Lacroix, pour le cl.rélicn. ce .sont 
!<•« .soiitlranees, les ennuis, l,.s dégoiils, les tris- 
te,s.ses de la vie, les .lirii,.ui|,'.s ,|ue comporte le de- 
voir de chaque jour. Fulrr ,nn devoir, voilà en 
.■H.'t, l„ ,ir,n„lr rroir, car, ,1 esl dur de résist,.r an 
'l'i'ion, de reprim,.r .ses p .iielianls mauvais de s'im 
|'"s..r es sacrifie, s ,,ni répu;;nenl tant à notre ua- 
tiire allaililie et coirompiie. 

X.' travaillons p,,s à faire de la lerr,>, v.n Paradis- 
nous n V ivii.ssiroMs pas. .\près tout, porter 1,-, croix 

de .son devoir , ti.lien, c'est rncore la meilleure 

fi.çon d ,.tre lieiireiix : et, à .-es ^eus assez mal avis'.s 
Ji'iiir nous plaiiidr... nous ivpét.'rions les ficws pa 
rol.'s de .l,-.sus: je n'ai ,pie faire de vos doléances- 
ne vous apitoyez pas .sur nioi, „i:.is l.ien sur vous' 
et laites peml.-uce. — (,)uil est con.solant de s;..oir 
que SI les tatit;ii,.s de noliv vova-e vers réternité 



- 83 - 

sont iicciiblanlps, un repos ot un bonlirur infinis 
rt MDiis iillt-ndcnt iui ternir. Ueineicions-en lu inisi'- 
^i iicorde (le notre l'ère et de noire Kiiu. 



CiNQtJifeMF, MVSïi'.lii; Ixiri.nl'RKrX. 
/,(• Crmijinnini (/«■ Sutn-Srifiiuiir. 

Dur..,', un.' Jcnii li.-iirc |i<mr !.■ <Kii..nill>T d.- te* vi-U-mvm* 
,1 1,. (Iciiir à lu iri>ix: ,!.■ llVj li>'ur.i. à iiiiili. A midi, la .roix 
ihiil (lri»«i'-f et .li'Kim y ri-nUi'tt ticiin lifiirfH. 

Deiiiiuidons |)f)nr les ufionisants el pour nous-niêmes, 
la prâee d'une bonne mort. 

Jésus esl arrivé au soniinel de la eolline du (lol- 
i;..tlia. appelé aussi Calvaire. I..'s bourreaux bu 
anaebi'iit ses vêtements, (aivrani ainsi brutal. 'nuMil 
l,..s plaies de la fla^rellation. Celte douleur si afireuw 
m .Ue-niêiue, n'e.st (pie le juéliide de (.lus aftïeus.-s 
l'iieoie. On le eoiielie sur la .ToiN, et, à coups de 
marteau, on lui enfonce des clous, dans les mains 
,1 (ans les pieds. C'est liorrible. Knfin, la croix 
lu; libre se dresse, et la Victime -si > ilu.'e par une 
JM'rdi'e d'insultes et de blasphèmes, de la i)art d une 
t,.ule immonde qu'attirent l'odeur du sauR et b^s 
spasmes de l'a^'onie. I.a croix, voilà le tiône (jui 
iiNUupiait au Roi (pie l'on couronnai* d'éiunes. tout a 
riieuri\ 

\oiis ne jKMivons -pie recueillir 1rs svpl paro!,:i 
,pie Jésus fit entendre au cours des trois heures de 
son supplice. 



-84 - 

I..-. in.i.i;,,,,, ,■.„„,,, ,j-- '"■' "' """■' 

■■';■■ -«'";/;r :^T,r.;'i;f,i;; . . >•''■'"- 

,.';:"ir:«w: ;:,':;,;■'■' """,**■'.- 

Iji'K Ki.riiiiii\s ■ "Taiil ,„i , 

T'os .orptu';,,,, ,.t dpn.i.-.ros • 'The ~Z\ 
wninsr ' ""•' "'°" '^'"'- '""-^ r„. 

'"' '" ^" ''^'i'^^'''- 1^' t^(c^ e( il expira. 
I!a,"pclons-iioiis que nous nrotK, //'..;,- • 



— IfÉ&f— 



— s") — 






lit,' lies <;i:u'ps iliint rc KU)ii rst lu soiim", lt'<|Ui'I 
rioiis csl (•i>iiuiiiiliii|iir Miilniit (l.ilis l;i n'crpliim di'S 
Sncivtneiits. Sdinns-noiis (-fftiiyi'H du Ciilv;iir(< du 
ilcvoir, "Oh! — s'r('ii;iit urw ;niif conrii^'cnsc — du 
(.'iilviiiiv iiu Ciil, II' clirinin n'est |iiis lontî-" 



MvsTF.nKS (a.oRiKrx. 

l'llI.MIi;i! MVSIKKi; CI.dPIKrX. 

!,n l!>'siirnrlinti <lr \nlrr-S,i(in<iir. 
î'iidtis pour lu coiivi'ision de- iiiVlifurs. 

A la nioit de .Ii'sus, sDU :"iui(- ('tiiit dosronduo aux 
rufrru, c'fst-i'i-diiv, coiiiinc le mot l'iiidiqui-, hi< pn- 
.lou.i fioiitcrr^unr.i i,ù rl,ii<)il ilrlniuc.i Ici ihnm ilr- 
liiil.i h- rotiniiriKcnniit (In moiiili'. 

^),' <|U.-llc fiK.'on fit-il si'iitii- son pouvoir dans la 
prison des dani?i.'s? Kntva-t-il dans opUp^ des on- 
laiils iiioils sans avoir rir puril'irs du ))Ît1i.'' oii- 
-iiirl? Visita-1-il c.-llr .lu Puitratoiro i>our y faire 
,lr sou saut.', uiio aspersion |)lriii^ro qui en aurait 
lihri-,' tous 1rs captifs, ainsi cpir Ir veut une tradi- 
(ioir,> Ri.Mi dr certain au sujet de ces trois enfers 

ou prisons. • i i r • 

Niais sa\ons seulement — et de eerlitiide de loi 
- ipi'il visita l'enfer ou iM'ison des justes où étaient 
rasseu.l.lées toutes les aines saintes qui avaient passé 
sur la terre, depuis Aliel immolé par son frère 
jusipi'à Nolie-Seigneur lui-même immolé aussi par 



MICRCXOPY RESOLUTION TEST CHART 

lANSI ord ISO TEST CHART No 2l 



1.0 ifis la 

1.8 



1.6 




^^ F*» '553 F.asl MaTi S'-eet 

1-.^^ f^ie; 482-0300 Prione 

^^5 (^'6) ^68 - 59P9 - To, 



— 86 



si's fiyr,- .i.',,.„|,,, ]r,.,„vuses, il ,„. leur iniiimuail 
I"""- I/-IIV U,m.ù-hh ,|,i,. 1,. b,.iil„.m- siinKifuivl ,1,. 
I-' VISIO,, ,1,. .|,,„v, (■•rsl-ù-.lire r,. honlirur ..„ùlr 
'l'HIS h, vislon ,1,. M,,,, |„,v :, t;„v. SM.IS v„il,. ,,,„.|. 

'■""'l'"' I"""' ''" nil,.|c,.|,i,.r rinfinir Ix^aiilr 1/,,, 
I'^"'">">| '!'■ X.il.v-S,.in,„,,„-,i;,Msl„ pns,m ,],.s jusl's 
''•",'■ ■'PI«"I:iil mf,,, i,.s j„i,.s, h ,iij,mitr, la l.,,iut,- 
'|i: i'n|,li,|uail h ,v.sv„„ h,;,lill,ii,r iiirnl,-r par s; s 
^'■»tlr,nn;.rl .„ n,nrl . (-/.lai, .lonc !.. honluM,,- .1,, 
"■I. sans I,. c,,.! ,,Mt,..,.l„ an sh.s do la don.oniv 
l"M-s..„M..li,. ,!,. l)hM,,,m.lrs,is,s,.ral,. iMVMiirrà faiiT 
son ,.„(,■,.,. ;, Inir trl... 1,. j,„ii- <Io l'Asconsion. 

!-'■ Imisi.'.M,,. join- arnvr, l'Ainp du Sauveur roM,„n- 

;"< sNr la (..rro. s'u„is,sait do nouveau à son corps 1.- 

Misail rrvivr,. d'un. vi.. nuM-vrillous.., (rion,,,l,an't,. 

'"'■"'■'■"nus,., .(ésns ressuscitant, sortait do son .,■'- 

l'Mlçr,. satis I,. disjoindro. ainsi qu\,-,t f.,it „„ ,,,,,,„ 

"''' '"' '<' liavorsant utï bloc de pur cryslal. ' 

H se faisait voir à ses apôtres, à ses amis à sa 
iiuTo Son corps qui. durant la Pas.sion, passait 
Pii>- 'les soMtfrances atroces ot criait pi-âce sous les 
c'oups de la justice de son T.'.ro. o.ct donc inaintouunt 
'; l;"'"- I "''■'■'"<''■ à l'Ml.ri de tout n.alai.se, de toute 
«'"■•'''■i;'-- Avec la ,,lus enlii'-re fa.-ilité, il s,, déplace 
"" -'■'■ ;''■' ' ^'"'- "i '■'■f'"'l'' I>:h- une pesanteur in- 
"'Mun.ide. n, ariété par ,u, oh.staclo quelcon,|ue 
< oinni.. .ouronne.nont de .rs dons, le corps de .T,'sns 
vivait reçu un., beauté éclatanlo dont rion no saurait 
nous donner une idée. Cu jo,n-. il on avait laissé 
transpercer qnel.pio cho.se sur la inontacrne du Tin- 
tonh^r!" '''"" '"'" "'' ''^ P--^-ent plu. de 



— 87 — 

Nous rlrvons luius nipprlor .^uc. si nous vivons 
siiinteineiit, Diou nssiisciloni, un J"ur, ii'.tiv cor|.s, 
sur le inndMr du sifU. N'MIous .loue [os luulu- 
li„uri)T pnui- lui. (IfS s;ilisr;iclioris ^;|-<.ssi.' ivs, dr im- 
s/tm1.1,-s succès de parade, des appliiu.lissein.'iits. des 
Ihilleiies. Ces andiitioiis, siint linp liassis, et l'ieii 
les veul liaules, nos alnl-ilions. aussi liaules i|Ue lui. 
,,,, n MOUS appel!., à niont.T jus.pià lui. lîéin sml 
doue le saii- de Jésus qui et, a rendu la realis-Uion 
iiossilile. 



Di-.fMKMK M\sri:i;F. c.i.onii'.rx. 
I/.\.iriiisiim ilr \<ilrr-Sii(jn(nr . 
Prions pour li-s .\nies du l'ur-jatoire. 



Ouarante jours aiirès sa résurrection. Notre-Sei- 
■ Mièiir avant aclievé d'instruire ses apôtres et ses 
disciples les conduisit sur la inontaune des Oliviers 
,|ui avait été - on s.^ le rappelle - témoin de son 
af.'onip. Ils étaient au iionihro de cent vin^rt. Kn pre- 
senei- d- (vtte foule silencieuse et ravie. Jésus s é- 
lév" diHis les airs, lentoment. l.éuissant encore un ■ 
lois ceux Mil' étaient eliarpés de continuer son 
uiiv're dans le monde. IMiis, une nuée de lumière 
vient le dérober aux spectateurs dont les yeux per- 
sistent à fixer le point du Ciel (|ui a vu disparaitiv 
|.. Sauveur. Deux an^es interviennent alors pour 
les arracher à leur ravissement et à leur tristesse. 



'■4 1 



u 



88- 



"l'fmrquni nshr niii.ii à r,<jnri]<r ni hnul ! — leiir 
(iisent-ils. — // ((,■ rrrii itdra qu'à la fin des ti'uip^r 
Sur CCS |j;iroirs, tons s'en ivtoiirniTont à Jrnisalcin. 
Voilii Ir nVit (i,. l'l-;vaMj.'ilc, Vt révcnciiu'iit qui 
y est lapjMitr, iviitcniie le inystèn- coiiiiii sous 
If' nom (I,. la „ioiii(V ou de l'Ascension do .Xotre- 
Sci;,'-iicur. ]{c|)ivsciilons-noiis cette sc^no des a- 
dieux du .Maître, .\utour de lui, invisibles, mais vi- 
vantes et -loneus,s, l.'s âmes des saints .|u'il a 
délivrées de leur prison et initiées au.x exultantes 
surprises de la vision liéatili(|ue. En bas se tien- 
nent les .\pôtres et les Disciples. Ceux-là, le repos 
i: est pas leur parla^^e, mais bien le travail et la souf- 
Irance. Jésus-Clirist s'élève dans les airs, répan- 
dant les béiiéilielions sur ses amis, et surtout sur 
cette mère bien-aimée que nous nous serions attendus 
a voir parlafier le triomphe de son Fils en l'aceom- 
!«i«nant au Ciel. :\lais la présence do ^Farie était 
nécessaire en ce monde, et J)ien demande à son 
ccHir maternel . ce lourd sacrifice de la séparation. 

T.e Dieu de 1 .Ascension a d'abord voulu être — 
no l'oublions pas — le Dieu de la Crèche, le J)ieu 
qui eut faim et soif, romine le dernier des hommes 
le ])ieu que l'on vit insulté et mis à mort avec de.s 
raffinements inouïs de cruauté. Ce qu'il a voulu 
liour lui, \otre-Seisneur l'exige des siens, iiropor- 
tion ^'ardée. Et veut-on avoir sous les veux, bien 
manpiée, notre licrne de conduite, saint raiil' nous 
In donne dans ces quelques mots qui résument tout ■ 
Icrsonnc ne sera couronné, si auparavant, il n'a 
pas courageusement combattu.- Kous sommes 



S9 



,loiio iiivari;ililiMii.'nt niinciirs à l'i<b'<' ci'îitriili' ft 
,|iivctri(-r de mulr vir vriiliiMniu'iit clirrlii'iin.-, Ir 
Mu-i'itice. 



TiiiiisiKMi; >rvsTi;i;i; nr.iHMf.fx. 
Im Descvnic du .S«n')/ /-/■.' --/'n/ xur 1rs Apotns. 

Plions pour que lu vriii,; "Rcli^'ion se répande de plus 
en plus diins le monde. 

Fn prière dejuiis les dix jours qui s'étaient écou- 
lés depuis l'Aseension. les Apôtres et les Disciples 
sentirent tout h coup, la maison où ils étaient, e- 
l.ranlée comme sous les secousses d'un fzraTid vent, 
l'ùentôt a|,parureut des lan-ues de feu (lui s arrête- 
rent sur la tête de chacun des assistant' f/Espnt- 
Saint troisième personne de la Sainte i'rmite, ve- 
nait d'entrer en scène, à l'effet de comi-lét.'r I .euvre 
du rachat des hommes. 

Te mvstère de la Pentn-ôh' pourrait être appelé 
,.,.l,n tle /(( \aissance ih' Vluilisr. .Tus(,ue-i;i, en 
(.ffrt l'F.Lilise n'était qu'un corps sans âme, sans 
vi.. par conséquent. Tl était réservé au Saii.t-Fs- 
l„-it d'être <vtte âme. Aussi, tout chanfre a son 
arrivée, sous les puissantes impulsions dont il anime 
,vtte l'.^ilise représentée ).ar les Apôtres, les Dis- 
cioles et'la Vierpe :Nrarie. 

'/.„ ne qu'il apporta. vUv e>i maiiite-nant '(îh-s 
leur intrlUqencr, car, ils ont reçu la venté; elle a 



-90 



aussi jaill, <l,u,, l,ur c,r„r, car, ils ont 1^.. la force 
•|in on en, .l^s niailyis. L'Ksprit-Saint venait ,1e 
s.' lyv.lcr ,v ,,„ il ^.^^ ,,;,r.,|,.ssns tout, c'o.st-à-iliiv 
'"' /•..'.•/"■'' '/'■ Vrrilr, cl ,„i F.spnt ,1c Force l'nc 
piiMiv,. s.iisissanic en est niissitôt donnée. Pierre 
»'■■ it.'M„ra„l tout à Iheiire, fait maintenant entendiv 
<!'■« |)arol,s ,,in t.'nioi^rn.^nt (riine seienee siirlni- 
iriaine Kt il n'a |>liis peur: il parle avec une telle 
toi-ce, (lu crinie de ceux qui ont crucifié la Bonté 
même de ])]eu, que des milliers de personnes se 
prostt.rri.'.it à ses pie,ls i-t .Iwnand.-nt le baptême 

( cite I cnlc rendra n-UjUxc CalhoUquc incapable 
'le mcnlir, comme celle Force ra la rendre incapable 
de mourir: voilà le présent qu'apportait le Saint- 
Kspnt, a 1 EfTlise au hereeaii. Demandons-lui pour 
""li-f l'art, la plus ^rande dœilité à nous laisser 
t-'uiiler pai- lui. et à correspondre frénéreusement aux 
uispiralions d;. sa urâce : tout ce qui repirde la 
.vrace, forme, en effet, son domaine propre \oiis 
avons revu ses dons an Baptême et à l;i Confirma- 
tion : ,|ue ces dons, à raison de noire apathie n- 
nous soient jins inutiles. 7-:ffor<;ons-nons surtout de 
dissiper notre ijinorance et de secouer notre mollesse 
a. m de pré|,arer le libre accès de la vérit'' 
dans notre intellij,'ence, et du courage dans notre 
eceur. 



— 91 



CjiATiUKML, Nnsii.ia. (U.diiii-.rx. 

I.\\.s.'<,iiiiiili'>,i lit lu Tr<s S'iiiilr Virnir. 

IViiiaiulons h. cliiuitr |Kirlintc H lVs|.rit .1.' p'ni- 

tCIR'O. 

Dieu a v(.iilii (lue wi M.'io iiioiuiit paice i\ue 
Im-rn.-ine riait iiinil , mais il no v.mliit pas qu <■ «• 
-iihit la ((.rniplion du toiulxiaii. Kl il>> in.'ino ipi fil.; 
avait iiiiilr son Fils, Kailo sa vio. l'il.' rmula aussi 
,l;,ns son tiionii)li<' sin- la inoil : Mv ivssuscita (c 
lut 1,. iioisi.-'iiif joni- (ini siiivil son tn'pas, selon la 
ria.lilion, S.,n ânir doscciulit .lu s.'j..ur dos liion- 
la-urouK, s'appro.lia d.> s.in ooips innaacul.', le la- 
iiinia, le ivvi'lit pour ainsi diio, uno seconde fois; 
ivtlo'fois, i.oiir I.Hijours. (.)uoi.|ue la lete lilurjxi- 
,,„.. ,k rAssoniplion .•.•■l.M.n' à la fois sa r.'sunv.-lion 
,■' son tiioniphe au (i.d, U' niysuTe <!.■ l' Assomption 
ivaid,' partieuli.'TciiK'iit sa n'siinvcl ion. 11 repré- 
sente pour Mari.', ee <pi.' la li.'sMiiv.tion fut pour 
.l.'sus eomnie son eouronneiiu rit au Ciel aura eu 
son pendant et son modèle dans l'Ascension. 

Félicit.>iis Marii', .1.' <v privilège .pi'.-lle est seule 
:, |,arla-er avec son Fils, et d.'niand.,nslui bien sou- 
vent de m.'ril.M- nous aussi par un.' vie s.'rieusenient 
rliivtienne, le sui.iénie iionneiir d.> la n'surrcction 
,U corps, dans la joie, la jeunesse et la b.'auté «ju'il 
devra franh-r toujinirs. 

Nous serions bi.-ii à plaiiulr.' si, menac.'s cons- 
tamment par les fl.'trissun-s d.^ l'âpe et les coups .k 
Iv mort, nous ne pensions pas à ce lendemain de 






92 



'"''^''"'"■'■'"■■' 'l'ii ■'l'''nd rinliv ,.,„|,s: ,vs qi,;,!,:/.. 

".','" '' "■'■' '-'■""< '■ inr ,|„n ,-|,,r,.| ln;,Mlr;n, 

',"""'"""■■ I — Pi.ll.s s-,,|,|>:.||..„l ri,n,„i...,hil,l,' 

l<"l>hl,-. h, s„h,,l„,- ., I„ .l„rl., |.,,, r„„,,;,ss,lM-' 

Ut>- h' cnvps i-cssiiscil,- s,.r;i itKMpiil)!,. ,1,- soiillrir ■ 

l'iir 1 ii;.Miiir, il ir;nii;i plus ,|,. pcsmit. iir ,-l suivr.-i ITi- 

inodiiiissoii v,,l; pu l;i siihlilil,'. Mil, u,i,,l,s|,,,.|,. ,,,,- 

tcnci nr o,-.,,,,,,, „,, i.mrclir: p:,,- i;, ,.l;ii-t,'., ,1 ,v,vvri 

1'"" '"'■""'■ l"-"l""ti„MMr,. à h ,iiil.'. niêlnr ,!,• s,,,, 

unie. 

., -^ '■' '"' '1'-^ feiiips. sur r,-|rii,Iii, ,].. I;, , ,,,■,,, ,,„. 

'"■'■'■■'""" ''■" '-"n'^ -'■ Irvrrnlil ri ;,pp;ir;lillo„I s„ll 
avec l.'s .iKinpics ,|,. h, ||,,ni,. ,|,i p/.,.|i.: sdil ;ivi r l,s 
lions ni(.nvill,.|ix ,1,. W-vm ,i,. |„,„li..,ir. F.vidnnnH.nl 

["""■ ""■'■il'T <vs ) i,,s .l,.>iin,',s. l,s liiti,.s seront 

longues, iiclmrn.'cs: nniis nmis iiM-linrr(,ns Dini liii- 
""■'II'' ■1 lions (ii'lcnilre, m reroiininl sniiv-iil ;, 
lin, pur la C.mlVssioi, n la Sainîr (Mninnini,,,! ('■.st 
(liins la ln',|ii,iilali,.n ,l,s Sa, ivinenis ,|i„. le clm'l i,.,, 
l'IiNV la saiive-ariie ,|e /,( rliasht/ t^iti iinpnsr Ir r, s. 
prrl ,l„ crps. Il „.. peiil ,„■,/,•,,■ „„.,■ h<,m,rNrx ,h 
nirii iiiir p„r J, rii, iiiiii il, riiniiii, iir. 



CiN'.nir.Mi. M>,sri':i;i: i.iii;ii:r\. 
LcCuinmui, i„, „l ,1, 1,1 ■/■,-,■ ., s.iiiih r„r,,, ,/„„, /, 

riiiins pciii; i|iie la il,'v,,| icjli du i 

niic^ e( mieux pi-atiipu'cv 

!.<■ nidinenl de sa r.'siirreelinn i 



ii!sair<' sdil plus c, 



'lergc, le i)l 



lis ;,'rand 



naiipie' (iiiir la 



de.s triomphes. T,i' F 



Ils va 



— y:} 



•iTiinr à sa Mriv, i\r> luniii iir> d .lUIaiit plus iiia- 
_,,i|i,|ias, .{ii'il a an >.a\icc .Ir -^a I.iuhvssr, Iculc 
|iiii--.:iiii-i'. Iiiiil'' la lirlii-s,. iliiii |)k'U. 

\',,l|;'i .III,' If Ch'l ililhi- rsl 1 l\.'iia'lil. I. s 

,1111,'cs lllllnlllliialil.s (|fS .\ll.i:is cl ilrs HirnhclMVUX 
,11, ;,l,aii,|,.,iii,' l.iiis linii.-. Tons r,s rs|iiils lie 
;iaiiiiiir, ilf|iuis l.s ^iiii|iU's an^Ts jusqu'aux si'ia- 
i.liilis, Miiil aci-niiiii-. au-ili'\anl Af la \ icl^v ili' 

\a/ai(lh, sVlr\aiil iii |>s ,1 c-ii àiin' Vers li-s 

i iriiis où son .l.'>iis lapl" 11.'. l-'.st-i'.' Mm là, 

vil.' Iiiiiiilili' r.'Miiii.' |f|i.ir.'.' ili m.!.', r.'|iiius.> 

!.■ i'.iuvnr .l.is, |.li, la iii.'-n- .l'uii inalliriinaix qui 
linil sur le i:il»'l «l'S iiilàiii' >'.' Oui. r'csl hi.'ll clli'. 
Laissant I..111 ih ni.''! .■. l.s .\n-.'S cl les .XiclianpcH, 
, -. 'riÔMcs. lis \irlus. l.s li.iniiiialioiis, Ifs Princi- 
|iaiu.'s. l.s rui^>aur.'S. . 11.' il.'|ias.sc rnciri' ilaiis sou 
\.il, les Cli.'ruliiiis rt l.'s S.'ra|iliins. tou'.rs ces cr.'- 
.iiuivs |H,iirlaiil s' |iur.s cl si |iailailcs. Oli Icllc 
II- iloit s'aiicliT i|ii.' ilaiis les ln'as il.' sou entant. 
\ c.'il.' lie son tione, .li'siis en a pi-e|);iré un à s:i 
iiii'ie, cl il. \ant toiil ■ la eour (•.'•leste éni.Tveillé.'. 
Ii.'iuissanle île lioulieui', il la couronnp Souveraiiu- 
■ lu Ciel el lie la 'l'eri-c, l'eiue îles .\nt:es 1 • îles hom- 
iias. (.^)uelle iveoinpcus.^ ! (,)uel trionilihe! C'ost 
l.jcu aujouiil'luii, ô ^raiie, qu'il convient île répéter 
i,s paroi, s que vous faisie/ entenilre aux jours île 



ilie Jeunesse 



■■'/',, ;(/^.^ hx (ji'ni'niti'iiis iii'diipcllf 



r, lit l'it iili' lin lis. 



Il V a au Ciel i|U.'l.|u'im qui ne pcns.' pas 



les auti-cs, qui ne ju|j;e pas coimiiP 



li^s antres, et qui 



pourtant, un je 



mettra à exécution ce qu'il a ilit 



-94 — 

"les premiers seront les derniers, et les derniers, les 
premiers." ],£.« proniicrs sur la terre, s'ils veulent 
conserver leur rang dans l'éterniti^ n'ont qu'un 
moyen, celui de surpasser les autres en générosité à 
acconi|)Iir leur devoir. Dieu a inauguré \a. réalisa- 
tion i\r cette promesse, en plaçant son humble mère, 
ai' plus haut du Ciel. Ce n'est qu'un commencement : 
il réserve bien d autres surprises à ceux qui juge- 
raient des personnes aut enient que par la valeur d" 
leur l'une. 



li, 



Toi que n'osa frapper le premier anathème, 
Plus reine par ton orur -juc par ton diadème. 
Toi qui naquis dai.j l'oinbre et nous fis voir le jour ; 
Mère avec l'innocence et Vierge avei l'amour, 

Je t'implore là-haut, comme ici-bas je t'aime, 
Car tu conquis ta place au céleste séjour ; 
Car le sang de ton Fils fut ton divin baptême. 
Et tu pleuras assez pour régner à ton tour. 

Te voilà maintenant près du Dieu de lumière. 
Le genre humain courbé t'invoque la première. 
Ton sceptre est de rayons, ta couronne est de fleurs, 

Tout s'incline à ton nom, tout s'épure à ta flamme. 
Tout te chante, ô Marie ! Et pourtant quelle femme 
Même au prix de tr> gloire eût bravé tes douleurs? 

Henri de Rochcfort (écrit en 1855) 



— 96- 



INDULGENCES EN GENERAL. 



Avant de donner le catalogu , d.^s Indulgences du 
Rosaire, nous croyons utile de donner aux fidèles, 
quelques courtes explications sur la R.iture des In- 
dulgences et la manière de les gagner. L'igno- 
rance en une matière si importante et si vitilo est 
à éviter comme étant extrêmement préjudiciable à 
nos intérêts les olus chers. En garde donc contre 
cette parcose d'esprit qui nous ferait reculer devant 
l'effort de réflexion lue cette petite étude requiert. 



Nature de l'Indulgence 



L'Indulgence .,vt le pardon complet ou partiel de» 
peines temporell^n dues au pécié-, pardon que l E- 
nlise accorde en dehors du tribunal de la Pénitence, 
par l'application des satisfactions surabondantes de 
Jésus-Christ et des Saints. 

Comme on le voit par cette définition, ce n'est 
pas le pardon de ses péchés qu'on obtient par les 
Indulgences, mais le pardon de la peine temporelle 
due à ses péchés déjà par^'onnés par une bonne con- 
fession s'ils sont mortels, ou même par d'autres 
moyens s'ils sont véniels. 
4 



-9fi- 

Qi-'il l'iit tiiortol ou vi'nipl. \p p/rhi' produit rn 
nous, un iIoiiIjI, illrl: tiniis roiitniftons une soi-il- 
liiic il lÉiii,. i|iii' Inii niiiriiMi lu i-'iiilpr^ ri, do nlus, 
niMis iiM-iilc.iis uni iiiiiir: prin.' .'t.i ncllo lU Veud'r. 
M !■• |M( h,' est ;.'riiv.'. nu |iiiu,' t.>in|i<)n-llo du l'ur- 
;;;ilniir. SI II' |„'c|i,. est vi'iiii'l. Or, pur l,> S;i<tc- 
Mii'MI dr ri'iiiti'iKT rcril iivic Im roullilioli iiirrilc 
irni.Miriiil,', Dj.ii rlliuv lu sdiiilliuv do l;i couIim', .• 
(■ii:in;.'(' - s'il s'unit d'un pi'cii,' inoilcl — |:i |>i'jii,> 
l'iiTiicll.' di' rrnfcr cil l;i |)fin,- (.'inpdi-i'll,. du l'iiv- 
;;iit'>iri'. 

Cctti" dcrnii'i-i' ixpiiiiioti si dnuloiin'iiso et si ic- 
iIoiKjIiIc p:ir illf-iiiôiiii', ciiiinui'nt y ('chappcr',' De 
«Iriix iii.uiii'Tcs : p;ii- nos piupics (iiivres satinfiic- 
loiics dr priiil.'iiio, ou p:ir crljes do \otro-Si'if,Mi.'iu- 
l'I des SiiJMIs. 



l'oiii coiiipicridii' le lolf de ces salisfuclioiis, il 
faut savoir nu'ii l'iiiciinlrr dit dolibir iffrl du pi'rlii 
iloiit nous avons pailr, tautr hdiiitc uuvrc }io.i.iidr 
uni diiiihli niliur: l'uni- nu'riliiirr , il l'aulrr miliii- 
liiitoirr. 

lia piTniit'ic si^inilif jiour râiiic une aiipmonta- 
tion (le [.'race cl de saintclc (pii lui dr)nno droit à 
un dctirc de l)onlicur plus élevé, à un plus lieau 
tione ni Ciel. Crlh' riiliur du nii'rilr est xlrirti- 
nii ni iiirKimniUr il nr snuriiil clrr appUquir à un 
nuire, reisonne ne peut , e.i effet , être bon, à la place 
(riin autre, si ot nilrc ne l'est pas- comme inverse- 
ment, cet autre ne lient faire (pie le mal qu'il a 
commis, il ne Tait point commis. 



97 



/,.; nihur snlinfuilDiri' nui l'sl riiciuitt.-iii. nt nii 
I luvrinriil (!.■ la ilctlo (1>' l'i'in.' t.'iiii'or.'ll.' •■"'•"H- 
,,„, |,ar If |.rrlir, l"Ut. au n.nliaiiv, rirr ni^pluiiur 
,; iluiilris. Ainsi Ni)tiv-S(i;;iiini' .li'siis-Chnst r\ 
1,1 Saiiito Viorjje n'ont jamais cu lu'soin pour .'iix- 
inrmcs, .!.■ ivs satislacl ions, et lM-aiicon|) <!.■ saints 
ont lait iH'nitftic.' aii-drlà dr l.urs besoins MTson- 
iiels. Tontes cos satisfactions on i"X|iiations siir,i- 
hondantes w sont pas prr.lihs. mais ,l.'slin/rs à 
devenir les satisfactions d'antres pli dépourvus, 
l'.Ucs forment, toutes réunies, ce ina^iiifnpii' li''soi 
de famille (pie l'on appelle 



I,l: J'hi'sok iiK I.' Ktii.isi. 



l'oiir arriver à nos ailles, leur bie lisante in- 
fluence passe par des chemins nonil)reux connus de 
Dieu seul, et surtout par rinteriiK'diaire de l'Iv'lise 
(|iii les offre sous le nom ilindiil;ienees, à ceux d. 
ses enfants qui veulent en |irofiter pour eux-mr'liii 
oc (lui d.'sirent venir en aide aux .\ines du l'ursa 
loire. Le nom d'indulpence existait depuis lonfî- 
i,.iiips. Chez les païens et les juifs, il si<,'iiifiait 
ranuiistie — iiartielle ou totale, comme chez nous 
— accordée à certains jours, dans une pensi'e de 
n'jouissance pul)li(pie. Ce privilège d'amnistie. r,t 
,:ccrcice du droit dr grâce iranxporir dans W do- 
maine de l't:vpi<ition, sauve de la peine temporelle, 



%\ 



•98 



comme ta confession bien faite délivre de la coulpe 
et de la peine éternelle. 

L'Eglise catholique est une immense société d'as- 
sistance mutuelle, ijn Cliiist nous a d'abord ap- 
porté les satisfactions surabondantes de sa vie, de 
sei' travaux, de sa mort sanglante: tel est le fond 
premier de cette nuitualitô. // nous confie à joindre 
à son divin apport, notre versement propre, tout ce 
que nous avons de meilleur ici-bas, la prière, l'au- 
mône, nos pénitences, nos sacrifices, en un mot, 
ce qui manque à sa Passion, selon un mot t!e saint 
Paul, en vue de constituer un trésor dont il a assuré 
à ses fidèles la mise en commun. C'est là que nous 
Iiouvons puiser pour satisfaire à la justice de Dieu en 
ce qui regarde le payement de notre propre dette, 
comme aussi ce qui servira à payer la rançon des 
âmes captives et à les mettre en possession du lieu 
de rafraîchissement, de la lumière et de la paix. 
Ce lien de solidarité divine qui nous fait ainsi porter 
le fardeau les uns des autres — alter alterius onera 
portate — en vivant chacun pour tou-t et tous pour 
chacun, s'appelle dans la langue de l'Eglise 



La Commonion des Saints. 



Aux termes de cette doctrine, tous les fidèles 
vivants ou morts, à travers le temps et l'espace, a- 
gissent, prient, souffrent, les uns pour les autres, 
de telle sorte que l'insuffisance de ceux-ci s'enri- 



— 99 — 



chit de la surabondance de ceux-là. Ils participent 
à cette communauté de biens, de façon inégale 
toutefois, déterminée par la mesure même de leur 
bonne volonté. A cet^e bonne volonté, il est de- 
mandé, du reste, assez peu : un scapulaire, une rné- 
daille, un cbapclet pieusement portés, une prière 
récitée, une visite à l'autel pourraient, unis à l'état 
(le grâce, obtenir l'inmiense faveur d'une indulgence 
plénière. Plus d'un serait tenté do voir dans cette 
mince contribution personnelle, un défaut choquant 
de proportion, mais la foi nous rappelle que les ac- 
tions les plus humbles, outre qu'elles ont déjà par 
elles-mêmes, une valeur rédemptrice, tirent une va- 
leur spéciale du fait de lem- union aux mérites de 
Notre-Reigneur qui les couvre pour ainsi dire, de son 
Sang Précieux. Une goutte de rosée est bien pe\i 
(le chose, mais vient-elle à être touchée par un rayon 
de soleil, qu'elle reflète les splendeurs de tout un 
ciel. 

.Te me représente les trois régions du Ciel, de la 
terre et du Purgatoire comme trois provinces con- 
fédérées du Rovaume de .Tésus-Christ. Un chœur 
infini chante là-haut: l'Eglise Triomphante; un 
peuple infini lutte ici-bas: l'Eglise Militante; un 
peuple infini pleure là-bas : l'Eglise Souffrante. T^a 
Communion des Saints devient entre elles toutes, 
un lien puissant de charité associant des millions 
(lûmes qui individuellement s'ign.irent. C'est la 
grande famille de Dieu dont .Tésus-Christ est le 
chef. "Jésus est la vigne ei nous sommes les ra- 
meaux:" la même sève circule partout. Par la 
prière, la pénitence, l'édification, les indulgences 



— 100 — 

.... la fécondité de notre vie peut avoir des influ- 
encei et des résonnances à tous les points de la 
terre, du Ciel et du Purgatoire. 



Indulgences Pli^inières i:t P.ahtielles. 



L'indulgence plénière est le pardon complet de la 
peine temporelle due nu péché. Le chrétien qui 
mourrait après avoir gapné une indulgence plénière, 
irait droit au Ciel. Il en serait de même d'une 
âme du Purgatoire si l'indulgence appliq>iée en sa 
faveur ne trouve pas d'obstacle du côté de Dieu. 
Il est, en effet, opportun de faire remarquer que 
si, en ce qui concerne les vivants, l'autorité de l'E- 
glise étant de délégation divine : "Tout ce, que vous 
délierez sur la terre, sera délié dans le Ciel" elle 
les absout ou pardonne directement — elle ne le 
peut qu'indirectement, par voie de suffrage ou d'ex- 
piation, quand il s'agit des défunts. \>]n un mot, 
l'Eglise atteint l'autre monde, non par voie d'auto- 
rité ou de juridiction, mais par voie de charité, et 
l'application qu'elle fait des suffrages aux .\mes 
Souffrantes est laissée au bon plaisir de Dieu. 

L'indulgence partielle — comme le nom l'indique 
— est la remise ou le pardon d'une partie seulement 
de la peine qui reste à subir. Elle peut être de 
quelques jours, d'une ou plusiers années. 

Gagnée var un vivant pour lui-même, elle lui re- 



— 101 — 

met ou pardonne de la peine temporelle une quan- 
tité égale à celle qui serait pardonnée par Dieu, en 
considération du même nombre de jours ou d'années 
de la pénitence canonique en usage dans la Primi- 
tive P^glise. 

Appliqnre à une âme du Purgatoire, cette âme 
sera délivrée d'une peine égale à celle qui lui aurait 
été pardonnée, si quelqu'un avait offert pour elle, 
autant de jours ou autant d'années des anciennes 
pénitences de l'Eglise. A quel soulagement dans 
le Purgatoire, équivalent ces jours et ces années 
.... c'est le secret de Dieu. 



1 1 est bon de savoir que ces pénitences étaient 
très sévères, et par conséquent, d'une grande va- 
leur expiatrice. Le pécheur revêtait un habit noir 
et grossier. Femme, on lui coupait les cheveux. 
Le premier jour du carême, on lui mettait des 
cendres sur la tête, au milieu de l'assemblée, d'où 
notre mercredi des cendres. Et pendant le temps de 
lu pénitence qui était plus ou moins long, selon la 
faute, l'on ne pouvait assister aux offices, que de 
la porte, et encore était-on exclu des principales 
parties de la Messe. 

Nous allons citer quelques-unes de ces pénitences 
infligées pour des péchés qu'on se pardonne au- 
jourd'hui, hélas! bien facilement. Celui qui avait 
bhisphi'tné, devait pendant tout un carême ou qua- 
rantaine, jeûner au pain et à l'eau, tous les vendre- 
dis, et se tenir tous les dimanches, à la porte de 
l'Eglise, à l'heure des offices; le dernier de ces di- 
manches, le coupable était pieds nus et la corde au 



— 102 — 

cou. Pour avoir dit du prochaiti, des paroles dom- 
nuKjcables, sept jours au pain et à l'eau; pour con- 
versations déshonnùtcs , 30 jours de pénitence ; pour 
avoir disirr coitnnc'lrc un pt'cltc impur, deux ans; 
/(.• fornication ('tait coiidainnoe à trois années de 
pénitence, et l'aduUrrc, à sept ans. ?]n cas de re- 
fus de se plier à ces ri^îueurs, l'entrée de l'église 
était eomplètenient interdite au coupable, et, après 
sa mort, il était privé de la sépulture chrétienne. 

Aujourd'hui la pénitence cnionique a disparu; 
Z'i pénitence sucraniC)itcUe qui se do)nic en confes- 
sion en est le seul vestige. !Mais si notre foi et notre 
énergie ressendjient si p"u à la foi et à l'énergie 
de nos pères, le {léelié ne perd rien, pour cela, de sa 
malice, et dès lors, la itéressitc de la pénitence reste 
entière. Si l'Eglise s'est relâchée d'e.xigences re- 
doutables, elle n'a, par contre, reiioncé à aucun 
principe. 



Les Indulgences qui nous pardonnent totalement 
ou en partie les peines de l'autre vie, sont donc 
d'une souveraine importance, et nous devons d'aii- 
tant plus nous efforcer d'en profiter, que nous som- 
mes moins enclins à faire des œuvres satisfactoires 
pour nos propres péchés. "Faites pénitence, car, 
vous périrez tous, de la même manière," disait 
Notre-Seigneur ; cette parole menaçante devrait 
faire l'objet de nos ])lus sérieuses réflexions et nous 
pénétrer de cette crainte de Dieu qui nous manque, 
indifférents que nous sommes au sujet du péché et 
d" ses terribles conséquences. 



103 



Indulgences Locales, PEHSON.NELLr.s Réelles. 

Les indulgences plénières ou partielles peuvent 
être locales, personnelles et réelles. 

I/indulgencc hictilc est celle qui est attachée à 
un lieu, comme une église, un autel; par exemi)lc, 
l'indulgence attachée à l'autel privilégié du Hosaire. 

L'indulgence est dite pcrsoiuicllc quand elle est 
accordée pour une bonne œuvre personnelle, sans 
plus, et indéiMndaninienl de tout le reste ; par ex- 
emple, la récitation du Ivosaire, la visite des ma- 
lades, etc. 

L'indulgenC(^ rrfllc est celle qui est appli<iuée à 
(les objets de dévotion, comme crucifix, chapelet», 
médailles, etc. 



CONDITIONS GENERALES POUR GAGNÏÎR 
LES INDULGENCES. 

L'ÉTAT DE GRACE. 



1° Avant tout, il faut être en état de grâce. Il 
conviendrait donc de commencer toujours par la con- 
fession, les œuvres prescrites; ou, du moins, il faut, 
de toute nccr.isité. que la dernière de ces œuvres, 
s'accomplisse en état de grârr. 

2" Quant à l'indulgence yh nièrc en particulier, 
il ne suffit pas pour la gagner d'être en état d^ 



— 104 — 

grâce ; il faut encore élrc vxcm})l <le tout pichi 
véniel, voire même Je toute affection au péché vé- 
niel. Lu raison en est facile à eomprencire : la |)einfi 
ne saurait être pardonnée tant que survit la faut(», 
puisque c'est la faute qui engendre la peine. Donc 
celui qui ne retjretterait pas certain péché véniel, 
l'obtiendrait pas la rémission de la peine due à ce 
péché ; et ainsi il gagnerait non une indulgence plé- 
nière, mais seulement l'indulgence partielle que re- 
présente le pardon de la peine due aux autres péchés 
déjà pardonnes. 

3° Pour les indulgences partielles, la confession 
n'est pas requise. C'est une règle générale. S. C 
I. , 31 janv. 1893. 



^ L'intention. 

« 
1° Il faut avoir l'intention de gagner les indul- 
gences. L'intention actuelle (c'est-à-dire pour cha- 
cune en particulier) n'est pas re(iuise ; il suffit d'une 
intention formellement exprimée et non révoquée. 
H est, cependant, prudent de la renouveler lîe temps 
en temps. 

2° Que l'on fasse aussi porter cette intention sur 
toutes les indulgences que l'on ne connaît pas, mais 
dont on fait les œuvrts sans le savoir. 

3" Il est encore à conseiller que l'on offre à l'a- 
vance pour les âmes du Purgatoire, toutes les in- 
dulgences qui leur sont applicables, se réservant 
celles qui sont accordées pour l'heure de la mort. 



— 105 — 
L'accomplissement des œuvres prescrites. 

r II fiuit remplir toutes les conditions prescrites. 
L'omission d'ime seule suffirait à empêcher le gain 
lie l'indulgence. 

2" Une œuvre déjà obligatoire, par exemple, l'as- 
sistance à la Messe le dimanche, ou la lecture du 
bréviaire pour ks prêtres, ne peut remplir la con- 
diti in de la prière exigée d'ordinaire pour le gain 
d'une indulgence. On ne saurait, en effet, satis- 
faire par un seul acte, à deux obligations dont 
chacune e.xige un acte à part. S. C. L, 29 mai 184L 

3° Dans les communautés religieuses, la règle n'o- 
bligeant pas ordinairement sons peine de péché, les 
prières et pratiques de dévotion qui y sont en usage, 
comme l'office de la Sainte Vierge, etc., peuvent 
remplir la condition de la prière ou œuvre pieuse 
exigée pour l'indulgence , il suffit de diriger son 
intention à cet effet. S. C. T., 7 mars 1888. 



I 



m 
■Ai 



CONDITIONS SPECIALES POUR GAGNER 
LES INDULGENCES. 



Confession. 

1" Les fidèles peuvent désormais, pour remplir la 
condition de la confession, se confesser l'un des 
huit jours (octiduum) . précédant la fête à laquelle 
est attachée l'indulgence plénière à gagner. S. C, 
23 avril 1914. 



lûG — 



'2° A la dcinande des uvéqucs, le Pape permet à 
ceux qui ont la loiiulilc hahiliide ilc se confesser au 
moins tous les (juirize jours, de ^'a^'ner toutes les 
induli,'ences pli'nières qui s,' pn'srnteiit d'une eon- 
fession à l'autre. Auraient-ils nt'glif,'i' (]uel(|uelois, 
de le faire, que cette omission ne détruit aucune- 
ment leur habitude, et ils continuent de jouir de 
leur privilège. S. C. I., 23 nov. 1878. C'est aux 
fidèles de s'enquérir auprès de leurs prêtres si pa- 
reil Induit existe dans leur diocèse. 

.'i° Afin d'eneourager la jiratique de la communion 
quotidienne, le l'ape Tie X a permis à tous ceux 
qui ont coutume de communier tous les jours (quand 
même ils s'en abstiendraient une fois ou deux, dans 
1° cours de la semaine) de gagner toutes les indul- 
gences — en autant (pie la confession est requise — 
sans être astreints à aucun riglcmcnt fiar'iculicr sur 
cr point. S. Office , ]4 fév.'lOOG. 

4° Pour ce qui est des invalides, malades ou autres 
qui, pour cause d'empêchement physique, ne peu- 
vent quitter leur maison, les confesseurs sont auto- 
risés à commuer en d'autres ceuvres pies, la commu- 
nion et la visite exigées pour le gain de certaines in- 
dulgences ; mais l'Eglise n'a pas cru devoir aller 
plus loin, et, ju.s(]u'ici, le confesseur n'est pas ad- 
mis a comnuier la confession. C'est donc qu'à ses 
yeux, le prêtre, au moins dans la généralité des cas, 
ne peut avoir d'excuse à faire valoir pour se 'is- 
penser de visiter et de confesser les malades, au 
moins tous les quinze jours. 

5° La confession est exigée, mais, il n'est pas né- 
cessaire, comme c'est le cas pour certaines âmes pi- 



107 — 



nisps, qup l'absolution sacriiincntplk' 
S. C. I., 15 lire. 1S41. 



soit donnée. 



Communion. 

r Quiind la ommunion est requise, elle peut se 
faire même la veille du jour auquel est attachée l'in- 
dulgence. S. C. I., 6 oct. 1870. 

2" l'our donner aux malades, aux personnes fai- 
lles du siinté, et, en général, à tous ceux qu'une 
raison sérieuse empêche de communier, une plus 
grande facilité pour gagner les indulgences, le con- 
fess 'ur peut rem[)lacer la communion par un autre 
acte de piété. S. C. T., 18 sept. 1862. 

3° On commue ordinairement la commur.ion en 
la ré-citation du tiers du Rosaire. S. C. T., 12ô fév. 
1677. 

4° IjCs infirmes qui vivent en communauté a- 
vaient été exclus du privilège mentionné plus haut, 
p. ce que apparemment, il leur est plus facile de 
recevoir la sainte communion, ^fais, la même con- 
cession fut étendue depuis, aux communautés reli- 
gieuses. S. C. I., 16 janv. 1886. 

.5° Quant aux enfants qui n'ont pas encore com- 
munié, le confesseur peut également commuer la 
communion en un autre acte de piété. 



Visite. 

1° Les visites d'une église qui doivent être faites, 
pour gagner tes indulgences, à un jour or, à une fête 



— 108 — 



rlf'tfrmint^s, peuvent désormais se faire à partir de 
tiiidi 11' jour qui précède celui de l'indulgence jus- 
qu'à iiiitniit du jour niêiiu' de l'indulgence. El 
(•(■la s'af)| .'(lue à toutes les indulgences, soit pl(5ni- 
(■res, soit partielles, soit qu'on puisse les gagner 
seulement une fois le jour, soit toties quoties, c'est- 
à-dire à elia(|ue visite, comme à la grande fête du 
Jiosaire. Et pour cela, on peut se régler d'après 
n'importe (pielle manière de compter le temps ou 
le jour. S. O., 26 fév. 1911. 

'T Pour séparer une visite d'une autre, il suffit 
de (l('|)iis.ser le seuil de la [Hirte de l'Eglise. S. f. I., 
'20 fév. 1HG7. 

3° Dans les collèges, séminaires, orphelinats, aca- 
démies, hospices, maisons de religieux ou de reli- 
gieuses, sociétés ou cercles catholiques où se trouve, 
avec l'autorisation de l'évêque, une chapelle ou ora- 
toire domestiqu", Ic/i membres de cr.i instilutions, 
aiimi que les pi/r-ionnci du service, peuvent pour y 
gagner les indulgences, visiter cette chapelle do- 
niesti(iue lors(iue dans la concession de l'indulgence 
on ne spécifie aue\me église en particulier. S. 
Office, 14 janv. 1909. 

4" Si la visite doit se faire dans une église déter- 
miné'c et (pi On en soit empêché pour une raison 
valable, il reste toujours la ressource de faire com- 
uHier cette obligation en u\w autre (Tuvre de piété. 
S. ('.. T., Ifi juillet 1887. 

!>" Dans les jn-ovinces ecclésiastiques de Québec, 
Afontréal et Ottawa, à partir du 1" novembre jus- 
qu'au 1" mai exclusivement, les indulgences qui re- 
quièrent la visit" à l'église on à l'autel du Rosaire, 



109 — 



peuvent se ^'il^'lll•l■ en luisant ectti' vi.-iiti- à la sacnx- 
tie, si le Saint SacrcinenI y est conservé. S, ('. I., 'JO 
juin 1880. 

Ce serait une grande laviiir <|Ue la inéiiie coiici's- 
sion fut étendue aux souliassenienls, i'. , de |)aiti- 
l'ulière à tel ou tt I dioeése, devint uuiveisclli'. 

Mais, la visite à l'autel du Kosaiie étant ini|)i> - 
sible surtout en iiver, les eonfrères n'ont (iii'i'i de- 
mander à leur infesseur, de la eoininuer en la vi- 
sit ■ de l'autel du soubassement ou une autre iruvre 
pio. 

G" Les confrères du fiosaire vivant dans les eol- 
lèges, orphelinats et autr- n institutions mention- 
nées au no. .3, peuvent canner toutes les indulneiiees 
pour lesquelles est prescrite la visite de réf,'lise de 
la Confrérie, en visitant leur propre é}.dise. Tous 
les autres légitimement empêeliés doivent suivre la 
règle générale, ipii est de faire eomnnier la visite, 
en une autre leuvre ))ieuse. L'on voit (jue de cetti; 
façon, personne n'est ])rivé des moyens de gagner 
les indulgences. Même éloigné de toute Confrérie 
et de toute église, un Confrère, le jour de la fête du 
liosaire, par exemple, ne sera nuctmement empêché 
(le gagner autant d'indulgences «jue sa piété peut en 
désirer. Léon XITI, Tn eâ., n. 31, 29 août 1890. 

7° Si la visite prescrite est celle de la propre église 
|)aroissiale, on peut, quand on est à l'étranger oti 
(M voyage, visiter l'église du lieu où l'on se trouve. 
.\cta S. Sedis, XXXVIII, 301. 

8° Toutes les conditions requises, excepté la con- 
fession, peuvent être commuées par le confesseur 



— 110 — 

Kiir lii doniiuuli' du pi'nitcnt, nii'mc en dehors du 
iiin(t>isi(in<il. 



Prières. 



I" f/iH pri(Tt's .sont laisst'eB au choix des fidMoK, 
■'' moins <|uc do s|i('i'ial{'s nt soiont prescrites. S. 
I., !•') sc|)t. |H«H, 

■2° fjii plupart des auteurs ensei^jiient ipie riii(| 
Pater ,t cin(| \w, ou une di/aine de chapelet, reiii- 
I)lissent la condition exigée de prier aux intentions 
de rKfjlise. Heringer, vol. 1, p. 101. 

.T II est requis de prier, en RémVal, aux inten- 
tions (lu Pape, sans <|u'il soit hesoin de connaitr» 
ces intentions par le détail. Deor. aiith n .344 
ad. ;i, 

4" Os prières peuvent se dire où on le juge bon, 
à moins (|u'il ne soit spécifié de les faire en un en- 
droit déierminé, soit à l'église, soit ailleurs. 



REITERATION DES INDULGENCES. 



1" Selon le décret encore en vigueur, du 7 mars 
1G78, l'indulgence plénière attachée à une pratique, 
ne peut être gagnée qu'une seule fois par jour. Sont 
exceptées les concessions plus larges ùa Saint-Sièrrp 
par exemple, l'indulgence loties quoties du Rosaire. 



elc 



111 — 



•'■' Ouaiit aux indiiUtcnoi piirliflhs. on les (;a^'^e 

" ^ ...i ...l .1.. *..iu iiti'iill i'IJ (!('- 



et sans i-xi'i'|itiiiii 



iiilliiiit '/'■ /"i" ';"■"« •■" "'■■ 



„„/>.'!/ /<■.-! <i»rfivi. S.-Olficc. -H juin l'.»l4. 



TRANSFERT DKS INI)i;i,(>KNCK«. 



I,.„s.i.M,m. f.-f à la.,n.ll.' .'st attarluv ...,.• .«- 
,/„/</..,.<■, ..si transf.-.i-.'.- à une autre .lato, pour sa 
s„l.'nn.tr ..xt.-iieun-, rin.hil(.vM,v est aussi trai.s- 
tV-ré.. et M.' /"■«/ ."r mi»<r 'II"' ''' l<"*r de la solni- 
iiit,'. S. ('. /., t'> mai li^Vi. 



l'OllUQl <)I TANT IVINDIT/IKNCES. 

rouinuoi multiplier les indulcences .^iimm.- on lo 
,ait auiour.riiui? La pensée .le l'K-lise vis,- un but 
encore plus élev.' .pie la con.lonation .le la pein^' 
..n.porelie duc a.i p.'ch.' : V<imrUoral,nn myr„lr du 
:,nlUn. Kn effet, la remis,. .1.. <ell.. i)euM. tom 
porelle est aceord.'e, moyennant ..ertaine .•un.lit.ons, 
confession, eommunion, i..riiu.s, pri.ri.s, et... Oi . 
(,ui ne voit .pi'en offrant <l"s in(lnlf.'.'nces, 1 Eglis.^ 
nrovo.iue les fidèles à aecomplir tout.>s ces .euvres 
sanctifiantes qu'ils ■.■auraient pas faites sans cela, 
et nui leur valent un iv.l..P.Ulem..nt dr vie surnatu- 
relie "Quel.pus-uns s'amusent .piand ils voient île 
pieuses ,.ersonnes sortir l'.ar im.. ,.orte et rentrer 
par l'autre, afin de pasiier un î)lus ^'land iKimbre 
de fois l'indulgence de la Portioneule ; pour ma 



— 112 — 
part j'en suis c'.nu, admirant couibien (rhumilité et 
neh. 1ère hertillanges, O. P. 



CATALOGUE DES INDULGENCES DU EO 
SAIEE. 

A part celles concédées par le Pane Pif> Y t„ t 
- indulgences du Rosaire sont contenues dnsî; 

le -j août 1899. Comme ce Catalogue est susren 
t^mST- ' •'"^^"■^"--^ '^" grand nomZ 
seize titres différents, un résumé clair et mé hn.li 
que. Pour montrer <juel esprit a inspiré ce tSi 
iTirin"'- "'""^'-^ '' -taisie'dansLe m 

désire, pourra vérifier. i^nacun, s il le 

1«îs°" ^,"^ '^''"' '"" ^"cyclique du r, septembre 
1898, parle du ■'merveilleux trésor rf'/,uÏÏo cr 
'lont le Rosaire est cnrirh! •• u i ''""^uigence., 

"I^usse cette (^onslilution offrir à tous les fid.Mn» 
't^^ '7 ^'™"'r^^ "" '^^ récompense po 
soulages par le secours de Marie, et 



— 113 — 

"s'endormir doucement sur son sein. 

■> sept. 1898. 



DlUTURNI., 



Indulgences pour l 



ADMISSION DANS LA CONFRÉRIE. 



Deux indulgences plénières. 

r La prcmicrr, si confessé et communié, on est 
reçu dans la Confrérie (n. 1). 

o'Lo seconde, si dûment admis dans la Confrérie 
,.t "confessé, on reçoit la sainte commun-.on dans 
l'église de la Confrérie, récite un chapelet ou tiers 
du Rosaire, et prie aux intentions de 1 Eglise (n. 2). 

^-ote — L'on peut gagner ces indulgences, soit 
|.i jour même de l'admission, soit le dimanche ou 
jour de fête le plus proche (n. 2). 



II. 

Indulgences de l' autel privilégié . 

C'est Vindidgencc la plus précieuse, et peut-être 
la moins comprise de toutes. Qu'on veuille bien se 
r*^porter à la page 132, où i ous donnons la-dessus, 
le^ renseignements nécessaires. Il suffira de dire ici 
que dans les églises où est établie la C^^f^^'^- 
Vautel est priviUgiê en faveur de fout défunt (n. 60) . 



— 114 



iri. 

INDULOENCKS POUK LA liKCITATION MÊME OTT 
RosAIliE. 

1° Pour la n'citatioii du Rosaire entier- indul 

Mclerable, cotte indulgence, n'a pu cependant êtn- 
exac^en:ent précisée jusqu-ici, f>!ute de docun.ctts 

2"U„fùnluhjnuc plcnihr, une fois le jour, pom 
onr ntr'r" '''" ' "r '"' -"«H-atre heur;s' 
Sent in î' '^ "*'■"-.•'"■« ''« '"'""'» à mmuit, ré- 
^P V .n '"'' ''"^"^'' '"""• •'-■ triomple de TE-liso 
œie X, 12 juin 1007). " 

3° />o«r /, .,„,,,/c fait de réciter le Nom de Jésu. 

dulnî"'!"' ''■ "'"•' '"'"' ^'''"'' '1" Rosaire: in. 
dulgcnce de emq ans et einq quarantaines c'est-à 
dire environ 2,0-2ô jours; ce qui donnerait pou les 
loO Ave, un total d'à peu près 303,750 iours'(n 8 

l„ v Tt. " f"'"''"'^' »"t''''f"is, ne contenait pas 
e Nom de Jésus. C'est par les soins do S. Be ma 

^î^, A£i;;!i^ ..nnersellement aiouté à la'salu- 
4° Indulgeriees dites do Benoit XTir : 100 jours 



JMitr ehaqur Pat, 



•5" T;es R 



OR 



■r ou Ave (n. 2 App) 



pences Papales , 

Brigitte et des Pères C 



mes ont-ils été bénits pour les indui- 



re* 



indulg 



ences 



Voir indulgences connexes du R< 



Apnslohques, celles de sainti 
Jroisiers. que l'on qagne toutes 
par une seule et même récitation 



'osaire, p. 128. 



115 



6" Indulgence de 300 jours, chaque fois que réci- 
tant le Kosaire, on ajoute après le (lloire soit au 
Père: Gloire, amour et reconnaissance au Sacré- 
Cœur de Jésus, à quoi l'on répond: Maintenant, 
partout et toujours (Pie X, -6 janv. 1908). 

Xote. — Pour {,'agner ces indulgences et d'autres 
encore dont nous ne parlons pas ici, il n'est pas né- 
cessaire de les connaître toutes en détail, et il suffit 
d'exprimer, une fois pour toutes, son intention de 
ics gagner. 

IV. 

INDULOENTER POT-R LA RKCITATION PH ROSAIRE EV 
COMMUN. 

r Indulgence de dix ans et dix quarantaines, une 
lois par jour, pour ceux qui récitent avec d'antres, 
au moins un chapelet, soit chez e>ix, soit à l'église 
(n. 44 App.). 

2° Indulgence Plénièrc, le dernier dimanche de 
chaque mois, aux conditions ordinaires, pour ceu.v 
qui, durant le mois, ont récité avec d'autres, soit à 
11", maison, soit à l'église, un P'-saire entier, par 
semaine (n. 5 App.). 



V. 



Indulgences pour la récitation nu Rosaire dans 
l'église de la Confrérie. 

Indulgence de 50 ans, une fois par jour, s'ils ré- 
citent le chapelet ou tiers du Rosaire, dans la cha- 



— 116 — 



pelle de la Confrérie, ou dans une partie de l'églisp 
d ou on puisse apercevoir l'aulel du Rosaire m 
bien dans toute autre église ou oratoire public s'iU 
habitent hors do la ville où est érigée la Confrén,. 
(n. u). 



VI. 

I.NDULGExNCES POUR LE POKT DU RoSAIRE. 

Les membres de la Confrérie qui portent pieuso- 
ineni sur eux, le rosaire, gagnent chaque jour ICHi 
nns et 100 quarantaines d'indulgence (Pie X 3U 
juillet 1906). ' ' 



VII. 

J.VnTTLGKN-CES POUR LA ^FesSE VoTIVE DU EOSAIRE. 

La :\resse Votive du Saint Eosaire ne peut se dire 
que deux fois la semaine. Il dépend du Directeur 
(le renseigner les fidèles à ce sujet. 

r Toutes les indulgences attachées à la récitation 
du Rosaire entier, sont accordées aux Confrères- 
prêtres qui célèbrent, à l'autel du Rosaire, la Messr 
Votive suivant le missel romain, pro divorsitatr 
temporis, ainsi qu'aux Confrères qui assistent f, 
cette Afesse et y prient dévotement (n. 33) 

2° Une indulgence plétiicre, mie fois par mois 
pour ceux qui ont Vhahilude de célébrer ou d'en- 
tendre cette messe votive, quand confessés, ils com- 
munieront à un jour laissé à leur choix et que nous 



— 117 — 

imiseillerions de fixer au dernier dimanche du mois 
m. 34). 

VIII. 

[XDULGENXES POUR LE PREMIER DIMANCHE DU MOIS. 



Trois indttlgvnccK pUnurcH peuvent être gagnées 
par les membres de la Confrérie qui auront, au pré- 
alable, reçu les sacrements de Pénitence et d'Eu- 
charistie : 

1° La ■première, pour ceux qui visitent la chapelle 
ou , église de la Confrérie, et y prient aux inten- 
tions du Pape (n. 24). 

2° La deuxième, pour ceux qui assistent à la 
Bénédiction du S. Sacrement, dans l'église de la 
Confrérie et y prient aux intentions du Pape (n 24) . 

3° La tToi!<ième, pour les Confrères qui assistent à 
la procession du premier dimanche du mois, visitent 
la chapelle ou l'autel du Rosaire, et y prieut aux 
intentions de l'Eglise (n. 19). 

Xoie. ■— ]"our les malades et ceux légitimement 
empêchés, le Pape lui-même a commué les condi- 
tions de la troisième indulgence, en la récitation 
d'un chapelet (n. 19). 

I/assistance à la Bénédiction du S. Sacrement 
ainsi que toutes les autres conditions requises pour 
gagner une indulgence, peuvent — rappelons-le-nous 
— être commuées par le confesseur en une autre 
(euvre pie. La confession fait exception à cette 
règle. 



— 118 — 



IX. 



Indulgences attachées à certaines fêtes. 

Atmonciation. 

Tnjis indulgences plénières. 

1" IM prrmurr. .s, conl.^sô et connuunié. on r.'rit,- 
1111 chapelet ou tieis .iu Rosaire (n. 13). 

(■Z ^'".f ':"■'''""' «i l'on assiste à la procession 

v:S.^V'^y '""'" '' '■' ''"''• ^'' '■" j-r -''■ 

.r La troisième, si confessé et communié, le con- 
trere visite une .W^lise quelconque ou oratoire publie 
et y prie aux mtentions du Pape. Cette indu!-' 
.orne p,.Ht e' e Kajrnée, soit le jour même de la fête 
soit un jour de l'octave (n. 27). 



Purification, Visitation, Assomption, Nativité Prr 
scntation et Immaculée Conception. ' 

Deux wdnigences plénirres telles qu'indiquées 
dans les nos. 2 et 3 de 1'. Annonciation. 

(n^tl'V''''"^' rfe />'!,/»« (n. 64). r Epiphanie 
(n. 26), deux vendredis du Carême laissés au choix 
de chacun (n. 26) , ,, vendredi après le dimanche de 

leurs (n%Z ^'^/^^?^'- ^.<^-^^ ^^s Sept Dou- 
leurs (n. 27), le tromème dimanche d'avril (n. 



— 119 



29)*, la Pentecôte (n. 26), h Fête-Dieu (n. 64), 
Ir dimanche dans l'octave de ta Nativité de la Sainte 
Vierge ou fêle du Saint Nom de Marie (n. 2f<)**, 
'tn jour dans l'octave du Saint Rosaire (n. 03), la 



* Pavie, capitale de la Lombarilie, étant ravagée 
|i;ir la peste, ses habitants implorèrent le secours de 
1,'. Reine du Saint Rosaire et tirent le wu (jue s'ils 
in étaient délivrés, ils bâtiraient une chapelle en 
son honneur, dans l'église des Dominicains. Le 
Iléaii disparut et la chapelle fut construite. Tous 
les ans, le troisième dimanche d'avril, on célébrait 
le souvenir de ce bienfait, par des actions de grâces 
solennelles à la Reine du Rosaire, li'indulgence 
|)lénière accordée pour la visite, ce joiir-là. de la 
chapelle du vœu, fut, dans la suite, étendue à toutes 
les confréries Au Rosaire. 

•* En 1683, 250,000 Turcs mettent le siège de- 
vant Vienne, capitale de l'Autriche. Dans tout 
l'empire on prie avec ferveiu-, Xotre-Danie du Ro- 
saire. Le 12 septend)re, Jean III Sobicski, roi de 
Pologne, à la tête de 2"),000 soldats Polonais pré- 
cédés de l'étendard de la Vierge, engage le combat 
avec l'ennemi qu'il taille en pièces. Ce beau tri- 
omphe ayant été remporté le jour de la fête du Saint 
Xom de Marie, lo Vén. Innocent XT, en cette même 
année, étendit cette fête à fo\ite l'Eglise et y at- 
tacha une indulgence plénière en faveur des con- 
frères du Rosaire. 



— 120 — 

Toussaint (n. 26>V et un jour dans l octave des- 
Morts (n. 26) : 

Une indulgence picnicrc, pourvu que confessa- 
cl communi,', Ion visite la chapelle ou l'autel de la 
Confrérie, et y prie aux inti'ntions du Tape (voii 
nos. ci-haut). 

\ote._ — A la Pentecôte et aux deux vendredis 
(IM Carême sus-iiienlionné.s, il suffit, pour ce ,,„, 
regarde la v,s.to, ,'e la faire à une église quelconque 
(note b du n. 27). " i i 

Noè:l, Pâques et Aseension. 

Deux indulgences plénières. 

1" La première, aux conditions ordinaires Pour 

cp qui est de la visite requise, à Noël, elle doit w 

f aire a la cliap elle ou ù l'autel du Rosaire (n. 26) ; 

• Portioneule des Morts. Bien qu'elle ne s,- 
rapporte pas au Rosaire, qu'il me soit permis 
pour 1 amour des Pauvres Ames, de rappeler aux 
fidèles 1 unmense faveur de la Portioneule de. 
iMorts, c est-a-dire la faculté de gagner, toute h, 
journée du 2 novembre jusqu'à minuit et dès l„ 
rnlle, a partir de midi, une indulgence plénière 
chaque fois q„,. confessés et communies, ils fonl 
"ine visite à l'église et prient aux intentions du Sou- 
verain Pontife. J/Eglise conférant aux prêtres 1, 
privilège de célébrer trois Messes, que nous manque- 
l-il pour fane du jour des Morts, le jour des Elus 
SI grande est la facilité que nous avons de leur ou 
vrir les portes du Ciel 



— 121 - 

il Pâques et à l'Ascvnsion, cette visite |>eut être faite 
à une éfîlise quelcotuiue (note 1) <lu il. 27). 

2" La srciinilc, dite des Stiitions, pour et\ix qui 
Msiterit. soit cinq autel.s diiiis une ('tilise ou oratoire 
|iiiblie, soit einij fois le mrine iiiifel, dans les ('glises 
qui n'en ont pas cinq (n. 32)" 



Jeudi Saint. 

Une indulgence pléuiire, celle des Stations (n. 
■i2) telle qu'indiqui'e ci-haut. 

Aux quatre anniversaires célébrés 

V Le 10 novembre, pour les Frères et Sœurs des 
trois Ordres de la faniill(> dominicaine. 

2" Le 4 février, pour les âmes de leurs parents et 
alliés. 

3° Le 5 septembre, pour leurs familles et bien- 
faiteurs. 

4° Le 12 juillet, pour ceu.x enterrés dans leurs 
i'j.dises et cimetières. 

L' ne indulgence plénihe pour les Confrères qui 
assistent à ces services pour les défunts dans une 
t'^'lise de Dominicains, pourvu que confessés et coin- 
iiiuniés, ils y prient aux intentions du Pape (n. 49). 



* Les indulgences dites des Stations ne peu- 
vent être papnées qn'nnc seule fais aux jours fixés, 
iilors même qu'on ferait partie de plusieurs confrè- 
res qui y donnent druil. S. C. I., 13 sept. 1903. 



— 122 — 



PoiMio.Ncn.K Dominicaine ou induloences Tti 
siknEs w i.A j.'i.;rK DU Titfes Saint Eosairk. 

Non SI nlcincnt les CoiifW'res, mais encore tous les 
fidc'li's (|iii ont riM/ii les Siicremoiits de Pénitence ci 
ii'Kiii'ii;iriKti(\ peuvent ilcpuin la vrille à midi ri 
tdulf ht JDiinii'r (Iv la fi'lr jiiitiju'à minuit du lundi 
suiniiil, ijdfinrr une indHlfjincc plvnicrr, autant d' 
foin qu'ils risitrnl V autel de la Confrérie (n. 62) 
An s'.ijet (le lii visite, voir p, 107. 

Note. — A l'orifjine, l'indulgence toties quoties 
attachée ù la fête du Rosaire, était limitée à la Con. 
frérie de Martorell, petite ville située à sept lieues 
de Bareeloiic, en Espagne, et à cinq, de Manrèsf. 
C'était un privilège accordé à son seigneur Don 
liuis de Requesens, un des principaux héros de hi 
bataille de Lépante, 7 (X«tobre 1571. 



XI. 

Indulgences ponb la neuvaine à Notre-Dame du 
Saint Rosaire. 

Vnv indulgence pU'inirc pour ceux qui à une épo 
que quelconque de l'année, vaquent durant neni 
jours à de pieux exercices en l'honneur de la Reine 
du Rosaire, sous la forme de prières approuvées par 
l'autorité ecclésia.s'.ique. Cette indulgence est ac- 
cordée le jour choisi au gré de chacun, soit pendani 
la neuvaine, soit pendant les huit jours qui la sui- 



— 123 — 

M.'nt iiiiniédiiitoincnt, pourvu ijui; coufi'sst^s et coni- 
i]iuiiii''s, ils prient uux intontions de l'Kjjliso (n. 8 
App.). 



xir. 



iNDri.iii-.Nci'.s i)i;s yriNzr, s^^^l••,l)ls ni' Rosaihk. 

l'ni- inihtl(i(HCc pU'uiirr pour chacun des quatre 
s<uiicilis liiissc's !iu clioix des Confri'ii's, si, duriint 
i|iiinz(! samedis cunst'cutifs (iiiiim'diiitcineiit avant la 
li'te d'.i Rosaire ou iiiême à une époque quelconque de 
I luiiiée) , 'Oiifessés et eoninniniés, ils visitent l'é- 
glise de la Confrérie, et y récitent le tiers du Ro- 
saire aux iîilentions du l'ape (n. .30 et ii. App.) 

Note. — Les Confrères qui ne pourraient s'ac- 
(|uitter de ces exercices le samedi, peuvent y subs- 
tituer le dimanche, sans perdre les indulgences (note 
ilu n. ti app.) . 

xrii. 



1.\dul(u;nci:s pour le mois dv Saint Rosaire. 

Ihii.r iiuliilfu'iiccii plinirrcs. 

]" La pnmiîrc au jour de leur choix, pour les 
( cjiifrères (|ui assistent au moins dix fois à l'cxer- 
c'iee du mois (r(x-tol)ri' habituellement institué dans 
les églises des Frères Prêcheurs, pourvu iju'ils re- 
i.iiivetit les Sacrements et prient aux intentions du 
Pape (n. 38). 



— 124 - 

'J" /.(/ nrraiiilr. iiii jour choisi par eux, fMHir li- 
Ctmfivns (pli •ipris lorluri- tir lu f,Ur ilii Itonnin 
n'citcnt le cliiiiM'Ict au moins dix fois «Lins Ir <'<>iii- 
•i'i mois (I'octol)rt>, soit à {'('•■.'lise, soit h la maison 
pourvu qu'ayant reçu les Sacn-mcnts, ils visitent 
une t't;lise, et y prient aux intentions du Paix; (u 
Il app.). 



XIV. 

iNPfl.dRNC'ES [MlfR (,\ MKIUTATION QfOTIDir.XNF.. 

Viir induhilucc plniilrc une fois par mois, au jour 
choisi par eux, jxiur les Confrères (pii, cImkjuc joiu , 
pendant un mois entier, consacrent au moins un 
quart d'heure à la n'eitation du Rosaire ou à un. 
autre forme d'oraison mentale, sans autre condition 
que de se confesser et de communier (n. 43). 

Nous conseillerions le dernier dimanche du moi- 
teur gagner cette indulgence. 



.W. 

Ini)ui.<;k.\(ks roLii la visitk uns ConI'RÈues 

MALADES. 



Une indulgi>nce (h' trois ans cl trois qiiarntitaini x 
chaque fois que des confrères du Rosaire visiten 
d autres confrères malades ou infirmes (n. 47). 



— 125 — 



XVI. 



fxnuLdKNrF.s À i/ARTirr,!; dr t..\ Mort. 



A l'iiiticle (If lu mort, les Coiifrî'ie» [)ouvent bcnô- 
l'cirr (le cirui in(liil;.'('nc('8 pli'nit'rcs. 

1" l.ii prnttitrr, (|iii dcviu ("•trc iipplii|Ui'c iivoc la 
iiiiriiiili' (le ik'iioil XIV, pur tout pn'lic, méiiie en 
ili'liors de la conl'ession, iiiix Coiifivres (|ui auront 
Kcili' habihirlhiiunt le Rosaire entier, rlia(iue se- 
iiiaine (n. '>4) . 

Xote. — r^e confrt're aurait-il omis de réciter 
le Rosaire de temps à autre, au cours de sa vie, qu'il 
•h' laisserait pas pour cela d'avoir droit à cettt; in- 
ilidpence : il est de la nature même de l'habitude, 
en effet, de subsister en d('[)it de quelques omissions 
isoh'es. 

2" La srcntiilr, à ceux qui meurent tenant en main 
!• <'ierf,'e lu'nit du Rosaire; ]ioiuvu (]u'ils aient r(''- 
(ité au moins une fois en leur vie, le Rosaire entier 

In. :>:,}. 

;i" L(t troisihiir. jiour ceux qui reçoivent les Sa- 
iicnienls de IVnitence et d'Eucharistie ,n. 5(5). 

4'' La quatrième, si, avec des sentiments de con- 
irition. ils invoquent le Trt's Saint Nom de .Tt'sus, 
Ml moins de cienr, ne le pouvant plus des lèvres 
Ml. 57*. 

•V' /-(( (imiiiirnic, si, après avoir re(,'u les Sacre, 
inctits, ils déclarent professer la foi do l'Egli.se Ko- 
iiiiiine fil suffit pour rela de réciter le Je crois en 
l>ien). et se recommandent à la Sainte Vicrj;e en lui 
adressant la prière suivante : 



— 126 — 

Salut, 6 Heine, mire de miséricorde, notre vie. 
notre douceur et notre e-ipéranec, snlut ! Enfants 
d'Eve, malheureux exili'n, nous élevons nos cris vers 
vous; nous soupirons vers vous, (jémissant et pleu- 
rant dans eeltc vallée de larmes. Oh, de (jrâci . 
notre avocate, t'humez do)ic vers nous, vos regani- 
misérieordienx, et, après cet exil, montrez-nous ,1,- 
sus, le fruit béni de vos entrailles. clémente, 6 cha- 
ritable, ô douce Vierge Marie', (n. 59). 

Voilà les cinq indulrrenccs pli'nières dont le con- 
frère du l{osiiire [)eut profiter à l'heure de la mort 

Ici, il nous faut faire justice d'un préjugé fort n' 
pandu, lequel nous invite à choisir parmi ces cin(| 
ij'dulgences, celle qui nous conviendra, sans nous 
mettre en peine des quatre autres ; parce que, dit-oii. 
"gagnant une indulgence plénière. tous les péclirs 
sont effacés, et partant, les autres sont tout simple- 
ment inutiles." 

Comme de toutes les indulgences du Rosaire, ces 
cinq offertes à l'article de la mort, sont les seules 
qui nous puissent être appli(|uées, — toutes les au- 
tres l'étant aux Pauvres Ames — il devient urgeiii 
de se mettre en travers de cette grossière ignorance 
6' l'empêcher de priver l(>s amcs, de ces miséricni- 
dieuses largesses de l'Eglise, au moment même où ii 
la veille d'entrer dans leur éternité, elles en ont mi 
si pressant besoin. Je réponds donc: 

Evidemment, selon la nature des choses, une seul- 
indulgence plénière payant toute notre dette vis-/i- 
vis de la Justice de Dieu, l'on ne peut en gagnir 



— 127 — 

qu'une; et ce principe de bon sens rappelé par la 
Nacrée Congrégation des Indulgences, il ne faut pas 
■ IKM-dre de vue. .A[ais, m pratique, coninie on est 
loin <1 être sur d'avoir gagné ., îtp indulgence plé- 
niere, eu égard à des disp .:ions )o:p.; faites qui la 
icndent, de ce elief, parti II. . il .s'e.suit qu'il est 
opi.ortun de faire les .eiivres ; i- .<-r'!es afin de gagner 
'•■; que 1 on jiourra des indulgences [.lénières at^cor- 
(ices. 

C'est ce qui explique pounjuoi une sainte Cathe- 
nne de Siei. e, après avoir revu sur son lit de mort 
I indulgence i)lénière (pie lui avait aceord.'e Gré- 
goire XI, demanda qu'on lui appli.piât aussi celle 
olitenue du T'ape Trhain VI. Dran... Sa vie ,)., 

Ce ne sont pas deux indulgences plénières mais 
l'ien cinq qui nous sont offertes dans la Confrérie 
du Eosaire. A nous de comprendre ipie l'E'dise sa- 
chant que la phqiart de ses enfants ne sont pas pré- 
pares à recueillir, d'un seul coup, le plein hénéfiw 
'I une indulgence i)léniére, invite leur faiblesse à 
s y essavrr pour ainsi dire, à cinq rrpri.tcs diff,:. 
rnitfs, attendant de cette multiplicité même la 
purifieatwn plénicre de leurs âmes. 



Cette explication n'est qu'un résumé de la doc- 
iMne de l'Eglise. Déjà en ]88G - et à propos pré- 
'isement des ciiui indulgences plénières pour T'ir 
iicle de la mort — le Secrétaire de la Congrégation 
s .tait exprimé dans le sens que je viens d'indiquer 
Apres avoir appuyé sur la véritable notion de l'in- 
.lulgence plénière, il ajoutait : Il ne s'ensuit pas que 



]-2H 



les (lifh'rcnics priiti(|ucs iiiixqiielles est attachée l'in- 
'liilyCMcc, soiitil iMiililcs pour \c moribond; loin <1 
li':, l'Ili's le irKiIcMl (le |)lns on pins, dans les dispo- 
sitions rci|niscs ponr oiitonir pleinement cette in 
dnlficnee. Il pouiTii 1res bien arriver, en effet, que 
le nioiiriini n'iiy:int pas Silfrné l'iiidnl-rence, à tri 
tilrr, poin- n'avoir pas reni|)li eertaines conditions 
a\rc toute l'exaclitiide prescrite, ht gagne à un nuln 
iiirc. rin\(ication du Saint Nom de Ji'sns, par (>\- 
emple, on la ic'citation du Salve Rcf^ina. 

Noilà des notions éh'inentaires dont il importe dr 
st pénétrer et (jn'il faut répéter antour de soi, sans 
se lass-r, afin de dé'raciner des préjugés et dissipei 
ime ignorance qui rendent inutiles, des faveurs pour- 
tant bien pii'ciriiKcs. 



XVTT. 



IXDlMXiEXCES CONNEXES. 



I.f mriiH'.ilidiii Ifi II, ut rcccrnir fn mhne temps 
(juc crlloi (lu IU>.iiiirr, Irx indulgences Papales ou 
.\p(ist(,li,iues, eelles de Jérusalem ou des Lieux 
Saints, (-(Iles de sainte Brigitte et eelles des Croi^ 
siers. Toutes res indulgences peuvent être gagnéex 
il la fois, pur lu seule n'eltation du Uosaire. Il sut 
fit que les chapelets s, lient bénits à cet effet. 



Cette faveur a été concédée, pour le chapelet 
de suinte Brigitte, par Benoit XTIT, le 13 avril 1710, 



— 129 — 

' t pour eehii des '^roisicrs, par Pie X, le 12 juin 1007. 
Nous ullona nous f plicjutT brièvement au sujet 
'I' CCS in(lui;;eno«s. 



iNnULCENCER PAPAt.RS or ArDSTor.IQITS. 

Ces indulgences sont attadires jiar !.■ l'ape, aux 
chapelets ou autres objets (|u'il iH'nit, et peuvent 
être Kapuées pour siii-inênie ou pour les âmes du 
l'urgatoire. Il est seulement re<juis d'avoir ce cha- 
pelet sur soi, durant le jour, et, dans sa chambre, 
durant la nuit. 

Si l'on récite habituellement son chapelet ou le 
tiers du Rosaire, l'on peut, confessé et comunmié, 
pigner 7iiic induUimce plniicrr nur fctc.i aiiirante.i : 

1" Noël, Epiphanie, Pâques, .Ascension, Pente- 
côte, Sainte Trinité et Fête-Dieu. 

2° Purification, Annonciation, .\ssomption. Nati- 
vité et Immaculée Conception. 

3° Aux fêtes de S. Jean-Paptiste, S. Joseph, SS. 
Pierre et Paul, chacun des saints A[)ôtres et la Tous- 
saint. 

4° Tout fidèle qui, à l'article de la mort, recom- 
mandera dévotement son âme à Dieu, et recevra la 
iiiort avec résignation, gagnera une indulgence plé- 
iiière, pourvu que vi'ritablement contrit, il se confes- 
se et communie. Dans l'impossibilité où il serait de 
faire ces actes, il suffit qu'étant au moins. contrit, 
il invoque de cu'ur, s'il ne peut le faire de bouche, 
!'• Très Saint Nom de Jésus. 



— 130 — 



Indcuikncks dk .li':m-sM,KM oi hks liTEUx Saints 

Ces iiidiilrunces ne sont autres (|ne les indulgeii- 
ees Apostoliques (lotit nous venons de |)!irler. M 
suffit (jue les cliaiielets nient touehé les liieux Saints 
et les reliipies île la Teri'o Sainte, sans qu'il soit au- 
trement besoin de l)(5n('dietion. Innocent XIIT, " 
juin 17-21. 



iMuiAiKNCKs m; Sai.nti-; Hkioitte. 



IjC chapelet l'e sainte Brigitte est ainsi nomnii', 
parce que sainte Brifritte de Suède, née en 130'J. 
morte à Rome en 1373 et canonisée en 1391, en fut 
l'auteur et le propagateur. Ce fut elle (jui fonda 
l'Ordre, aujourd'hui éteint, du Sauveur du :\rondr 
OM Très Saint Rédempteur. On récite ce chapelet 
en l'honnenr de la Très Sainte Vierge et en mé- 
moire des tJ3 années ((u'elle est supposée avoir vécu 
sur la terre. 

Il est composé de si.c tlizaiitcs pour chacune des- 
(pielles on dit un Pater, dix Ave et un Credo. A ces 
six dizaines, on ajoute un autre Credo poiir parfaire 
l(! nombre sept en l'honneur des sept douleurs cl 
des sept allégresses de Marie, et trois Ave jiour com- 
pléter le chiffre des 63 années. Raccolta, p. 110. 

Le Saint Siège a concédé une autre manière dilr 
abrcgt'f de réciter la couronne de sainte Brigitte et 
qui comprend ciréq uizaincs, composées chacune d'un 
Pater, de dix Ave et d'un Credo. Bien n'oblige d'à. 



— 131 — 

jouter lin Pnter et trois Ave, pour parfaire le chape- 
let. 

Si nous donnons ces renseif,'n(>nicnls, c'est pour 
les rapports de ress(-inl)liince ipril peut présenter 
avec le simple eliapelet. 

Pour fiagner les indul;,'enees, il est requis d'avoir 
son chapelet à la main, durant la récitation. En 
voici la liste. 



1" 100 jours pour chaque forain. 

2" Indulgence plénière, aux conditions ordinaires, 
un jour du mois, pour ceux qui hahituellonient ont 
récité Ce chapelet tous les jours, diu-ant le mois. 

3" Tndulfrence ph'nière. aux conditions ordinaires, 
uii" fois dans l'année, un jour au choix, pour ceux 
(|ui hahituellement, ont lécitt' ce chapelet, tous les 
jours, pendant un an. 

4" Tiidulfrene»^ plénière, en la fête de sainte Bri- 
t;'"t'. — t^ oefobre — pour ceux qui, chaque se- 
maine, ont l'hahitude de réciter ce chapelet, au 
moins une fois. 

5" Indulfjence pli'nière à l'article de la mort, pour 
i-t'ux qui ayant eu l'habitude de ré'citer ce chapelet, 
une fois par semaine, après avoir reçu les sacrements 
dp T'émtence et d' Kueharistie, invoi|ueront ;iu moins 
de cœur, le Saint Nom de Jésus. Raccolta, p. -200. 



132 



iNDULaiNcas m; cti.\r'r:i.i;T hks l'fciifcs Choisikks oit 
Chanoinks Kkhulikhs dh Saint-Augustin, 

I)K L'OliimiC DU I,A SAINTU CH'HX. 

C('8 indulgences sont de .■iOO jours pour chaque 
Pater ou Ave, applicables aux âmes du Purgatoire. 
Elles furent accordées jiar le I'a|.e J.éon X, le 20 
août 1.510. 

Les Doniiiiicain.f, m Iciit/js <l,- )tii.s.si<in, ont tini.i, 
non seiileinent lu facuift' de rosarier, mais cneori' 
d'accorder au.\ cinpelets les indulgences Papales ou 
Apostoli.|iies, celles de sainle lirigitte et celles des 
Pères Croisi( rs, à qiKjnrr pur une .seule et même ré- 
citation Jii Ilo.iiiirc. Pi,. X, 9 se[)t. 190S. 



KEMARQUES SUR LTNDULGENCE DE 

L'AUTEL PRIVILEGIE DU 

ROSAIRE. 

Un autel privilégié est celui au<piel le Pape ;i 
accordé le privilège suivant: Cli,ique fois qu'un 
prêtre y dit la Me.sse poin- Vlnne fViui fidèle mon 
en paix avec Dieu, il lui obtient par mode de snf- 
frage, tiiir indntçicnee plénière qui, en vertu des 
mérites laiss.'s dans le Trésor de l'Eglise, par Notre- 
Seigneur, la Sainte Vierge et les Elus, est suffisant r 
par elle-même, à délivrer immédiatement cette Ame 
de toutes les peines du Purgatoire. 



— 133 — 

DriFKIÎEXCE EXTIil; UNE INDCLGENCR PLENlÈliE ORni- 
XAIRE ET CEI.r.E DE e'auTEL PHIVILF'X'.IÉ. 

lin y en ii ((n'iirip, mais oxtix'iiifinont iiiiportantp : 
I induit;,. ncc de raiitel privilrfjiô ne siiiiniil être 
Inisln'.. do ses effets, ii"endii (|iie le inown par le- 
'l'i''l elle est traiisinise aux défunts, est d" lui- 
niéiiie iiilaillihie. Ce moyen, en effet, n'est antre 
'jiie le Saint Sacrifiée de la AFesse avec laquelle l'in- 
dulycnee priviliyire forme un tout inséparable. Dès 
lors, ee n'i'sl plus lui i)Mrlieulier aux dispositions 
d a!iie plus ou moins parfaites, qui s'efforce de la 
ii'i'^in'v. nuiis bien l'Ej^lise elle-même qui, comme 
telle, est toujoius exaiieée. De même que la SaintP 
Mes.se est un acte (pii ne dé|)end |.as de la sainteté 
'bi eelebrant, pare,, cpie c'est Xotre-Seipneur qui, 
["11- I ,.nlr,.mise de .son ministre, s'offre lui-même 
■■I 1 aul,.|: d,' même, cette mdulrrenco unie étroite- 
nient au Saint Sacrifice, ne .saurait dépendre des dis- 
positions du prêtre, et c'est l'Egli.se elle-même qui 
pnant pour .cette âme avec une efficacité vraiment 
seuveraui,.. acquitte toute sa dette vis-ii-vis de IMeu 



l/lNnTTEGENCE riîIVir.ÉGIÉE NE l'ECT ÊTHE AITI.IQUÉR 

QD'au SEUE défunt pour lequel la ^^E.SSE 

EST DITE. 

La Messe et Vindidfjenee pnvilêqiéc ne peuvent 
rire séparées et ne doivent être appliquées qu'à un 
•*'■«/ défunt. S.-Off., 17 juin 1915. 

Con^ne ce défunt peut ne pas en avoir besoin ou 



134 



t'Ir-p iiiciipiililc d'en profiter, il es! lï profOTS de foi 
riiulcr à riiviincc son intention, an moins de fiiço'i 
gi'néiiile, ;ifin (ju'à son défiuit , une aiilie âme du 
J'ingiiloiie en bénéficie. 



Ckttk in'dui.oence kst-elle toujours appliquée'' 

Oui, à moins qu'il n"y iiit ini ohsti.cle. Ij'appli 
ration de l'indulKenee, en effet, est toujours 8ul)or 
domiéo au bon plaisir de Dieu (pii, pour des raisons 
comnies de sa seule safiesse, ]ieut s'opposer à ee 
qu'elle atteifine l'âme à laquelle on l'avait destinée 
Cependant, elle ne t()nd)era i)as à vide pour cela. 
Selon vos intentions marquées au moins de façon 
générale, elle sera appliquée à une autre âme du 
Purgatoire, et sortira en sa faveur, son plein cffd 
df délivrance immi'dintc de toutc.i ses suuffraticci. 
Par cette substitution, la charité de Dieu n'aura fait 
que guider la nôtre et l'empêcher de dévier de son 
véritable but : son adorable et miséricordieuse vo 
lonté. 



ENTRETIEN DE L'AUTET^ DU ROSAIRE. 

Orner de flems, l'autel du Ro.saire, est un acte d> 
piété très agréable à la Sainte Vierge. Ne serait-ci' 
pas à conseiller que, dans no's paroisses, chaque fa 
mille cultivât des fleurs destinées à décorer l'autel 
de la Confrérie, surtout dans les mois d'octobre et 
de mai, ainsi qu'aux fêtes principales de la Sainte 



— 135 — 

linT'w '■'' f 'i''''"'^ honimnKo ,'tait af ..,.(i„nn.- ,1e 
I Patronne de '.•Anu'nqu,.. Encore enfant, elle s'é- 

^..t™,t„,.o a,., r,li..M„o,l,. l'autel , lu Rosaire au 
l-"''l;.'"'l"'''., ^'Il'' ^'vait obtenu la connaissance do 

V-.. .on et les plus «rand.. .races de sa vi" Kl î 
- Pla.sa.t a I ,.rner d. fle.us et à v entretenir une 
ixi|uise propreté. " 



AVANT.KJKS IMUVIDl KLS DKS ASSOCIES 
DU ROSAIRE. 



Outre la conservation de la foi, l'accroissenient de 

toutes les vertus chn'.tie.uies, toutes les ^râc.es nlZ 

ntes et mdulpences inséparal.les de .sa récitation le 

o^wre assure encore à ses associés, un triple avim- 



I. — Protection p.articulière de la S.\inte 
Vierge. 

ul^f f '", ^^"'f '.'■■'i^o<=-t<'. la médiatrice et 
rnere de tous les chrétiens; si, comme autrefois 
X noces de Cana, elle s'entremet auprès de dZ 
en faveur de ceux-là mêmes qui ne la pricr.t mmt 
oo,nb,en plus ne fera-t-elle pas pour ceux q en en 
'-nt dans la Confrérie, font hautement Jrôfessfon 



.•iC 



(l'être SCS clifiiiils. VA\f lis l';iviiiisr dr f.'ii'ii'CH tioiii- 
luciiscs (luiiiiil \a \ic, i'i riii'iMC lie hi mort, et - 
«l'ion (le •;niV('s iiiilr'iir.s -- ilcscriiil on l'nrj;iitoirv 
pour consoler sc>s l'idèli^s serviteurs et iiâler leur il('- 
livrnncc 

Sont à plaindre, vraiment, ces catholi(iiies qui, de- 
niounint étriin;.'ers à la ronirérie du K. <aire, se pri 
vent d'un siH'ours aussi pn'eieux. 



II. — Pauticii-ation aux niK\s spirituels de 
i.'OnuRK 1)1-: S. DiiMixK.ui-; 'rorr i-.\tii:r. 

])'a|)iès une di'elariition expresse ù - <iuatrc ^[aîtres 
(iénéraux de l'On! les l'rères Prêelieurs, les Ré 
vérendissinies Barthélémy Comazio (.33") en 
1484; J(,acliim Torriani /:î4") en 14S7; Si'rapliiii 
Cavalli (48") on 1573; Joseph Marie î.arroca (7")") 
on 1890 : tout associé qui récite le Rosaire entier une 
fois la semaine, est admis prmlavt .ici rir rt apn\i ,«</ 
nwrt, à la participation des Suffrages ou œuvres sa- 
t'sfactoires ai'complies par tr)us les relifrieux et reli- 
pieiiscs de l'Ordre de saint Dominique. Souvent, ces 
sr.tisf actions on sii('fra<,'es sont désignées par le mol 
mérite : ce dernier terme est impropre. Entendu 
dans son sens ripoiu-pux, le m.'ritc est essentielle- 
ment personnel. Dès lors, une lionne œuvre ne sau 
rait être appliquée à un autre en tant que méritoire 
elle ne peut l'être que par sa valeur satisfactoire on 
expiatoire. C'est à ce point de vue que nous nous 
plaçons (|uaiid nous disons que les confrères du Ro- 
saire ont part aux messes, prières, prédications, c- 



— 137 



tiulos. vrillos, .hsii,,, n,vs, juûn.s, i.."nitr,urs aux 
simi„.,,s fnuifiimts que coinporturit los Missions 
i;""^'|"<;s; M toi.tvs les ..uvrcs do zèle et de charité 
d. s ivl..„.us..s, dans lus écoles, les hôpitaux, etc.. de- 
l"'i« '|ii.' I Ordre existe, c'est-à-dire 700 iuis depuis 
s;i l..nd,,(,„n en l_'in. Onsef.ni une idée de cette 
l.'vcnr, p,M- coite sinij.le donnée: rOrdre dos |)„mi- 
""■■ii"« " :i IMS moins de 300 Saints ou Hienlieuroux 

'7'"" ■"'!''■ iipl"'.Mvé; dans 1,. seul WII' sièolo 

d avait donné au Ciel, |;t,370 martyrs, ,.| -jr, OOo' 
dans le \\ 1". . . , 

S. l)on,i,n,|ue, elief do la fan.ille, mot ainsi à 
notre avou-, e osf-à-dirc fait nôtre, une partie de ce 
rrsor o.nunnn. Çuaud il R-,H,i, d,s hidulgnice^ de 
" <n„!r,n,-_ tout pmsc aux âmes du Punwloirr- 
■■■ iH,rl,r,pafion dont je parle, au contraire. attci„t 
'.V „.s.son,s et /r,, sanctifie dans leur vie, comme elle 
l's .suit diiii.i leur mort. 

I-os pri.'-res ,,ni, de tontes l.'s ,.artios du monde 
d.soondent sur eux dans le Purgatoire, sont innoni- 
'"■■Abh's (.)n on en juj;o : dos 5,000 .Messes par jour 
'|ui se .lisent dans l'Ordre, ils ont leur part En ou' 
iro, tout prêtre Oominioain doit acquitter, par an- 
née, 33 Messes et chaque couvent 20, exclusivement 

uZnc^^ ;"^""*^- "; ''•" ^"'''"' "'" f"^"' d'environ 
100,000. T ne fois la semaine, sauf les prandes .se 
marnes do Pâques et de la Pentecôte, l'office de^ 
Morts est récité et la Sainte Messe célébrée ce qui 
Mjoute encore M Messes par couvent, aux précé- 
dontos. Et je passe sous silence, les messes de mil- 
liers de prêtres tertiaires, ainsi que toutes kg priùres 



— 138 — 

ordoniK'i s mix icIrHiiiix et iiiix icli;,'i('iisi's, à l'inton- 
lioii lies (li'liintb, lisi|tiellcs sont considûniblos. 

Cts iIoiiik'cs III' siil'tisL'iit-ollfs |iiis l'i t'iiiic ressortir 
lii profoiuli' jiislfs.s<> (lo CCS paroles du IV're Esser : 
"A ruisori (ic leur coriinmiu' iiistitiilioii par le inêiiu' 
"l'ère, et ù raison de leurs rapports intimes, l'Ordn 
"de S. Utiiitiiiiquc a toujours amsuU'rc la coujririr 
"du Ilosairc, comme une sœur, et a voulu par suite, 
''parta{,'er fraternellement avec elle, les bénéfices de 
"son j)alriMioiMr spirituel." ("est la Coniiinniiou 
des Saints, sous une forni" réduite. 

Ce que vaut ee secours au.\ yeux de Dieu ne sau- 
rait donc être trop apprécié. Malheureusement, ce 
côté avantageux de la Confrérie est loin d'avoir tou- 
jours l'heur de frapper l'attention des fidèles. Nous 
croyons — et avec raison — avoir fait beaucouj) 
quand nous nous sonwnes recommandés aux prières 
d'un saint , ■rsoiina^.' ; que sera-ce donc de parti- 
ciper au.x jirières, pénitences, œuvres d'apostolat 
d'une arii'i'c d'àriies saintes (jui durant 700 ans ont 
sanctifié la terre et la sanctifient encore. 



Notre-Seigneur est au Ciel, /ii prière rivante et 
permanente, — seniper vivens ad intcr|)eliandum 
pro nohis — et l'on jKuurait apj)li(|uer les mêmes 
paroles à tous les saints dont il est le modèle. J'ajou- 
terai que leurs bons offices dans ce sens, sont sur- 
tout inspirés pur ces liens de famille et ces unions 
d'âme contractées sur la terre. I,a Sainte Ecriture 
nous parle de l'héroïque Judas .Machabée visité par 
un songe mystérieux où le grand prêtre Onias et le 
piophète Jérémie lui apparaissent, plaidant devant 



— 139 — 

"i-'ii. la ranso do l,,,rs fWws rt rompnfnofos m- 
lortiirics — II Mil,. Il w II If. I 1 

i Ni-s ,1 „„.. .|.,i,„u. .IWrr ,,l,.nf.M.nt .laris l..s „u-.n...s 
lMuUMn-.s l„.Mu..s ,„„ir y crihin,,!,.,- - s„avo vision 
( l.nrirrniif-...- .■! saint K.,uis à fjonoi.x dcvunl I.. 
"""" 'I-' l'"'u. !.. suppliant d'amu^lKT à la niin,- 
''■tir iialu.n française ,loi,l ils ont .'.tr l.-s n.'.ns ,.l 
lis clu'ls, ' 

Il '■".■«( .-.insi d.^s lions ,lo mnfn'ru.s consarros 
IMi- I hulis... Loin ,1.. los l.risor, rantn- vio n.- lait 

;i"'' '♦■'"■ '"'""''■ ''■ I''*'"' '•|«'"""ss..,n,.MI, tout,. 

;""i'l''i"- '!'■ t,.n.l,vss.. ,inni ils s,.nt sus<...p,il,l,.s 
I our votre part. asso..ù's du IWure, comptez donc 
snv\ ai<l.. de. vos confri.n.s d,- la terre ; cornpt<.z sur- 

•mt sur vos confrères du Ciel el sur cette armée d'."- 
lus do la «rande famille Dominicaine oui vous a a 
' "ptes pour les siens. Nous pouvons, en toute vente 
.i.e des uns et des autres, qu'ils se tiennent au.ssi 
devant le trône de Dieu, plaidant notre cause avec la 
^'enereuse et sainte ardeur de leur e,..ur fraternel — 
M-mper viventes ad inteipellandum pro nohis. 

-■^fais. ,!,•: . „ „„e lell(. eommunieation n'est- 
.1.^ pas superflue, car, en vertu ,1e la Communion 
lies Saints (pane <)Kl, tous les fidèles en état de 
f-TMce ont déjà part à toutes les œuvres satisfacloires 
II. Notre-Seifjneur et des Elus ; que pourrait bien v 
njontcr la participation aux Suffrages dont vous nai'- 
le/. .' ■ 

Je réponds que c'est une Communion des Saints 
non plus générale comme la première, mais parti- 
culière, c'est-à-dire embrassant un cercle de per- 



— 140 — 

sonnos (li'trrniinfVs pntre lesquelles l'échange drs 
iriivrcs Xiilisfdcloirrs an r.rpiatoires eut encore plus 
intiuic. Ijy nier serait nier l'efficacité même de la 
l)rièro pour des personnes déterminées. 

Ces siiffra^^os ou expiations sont le trésor privé de 
nos sntislaciions personnelles: les indulgences sont 
le trésor publie que forment les satisfactions de A'n- 
tre-Seiijneur et des Saints. T.es suffrages sont com- 
iiiMni(|ués par voie d'autorité privée, tandis que les 
indulgences le sont d'autorité publique, celle do \'F.^ 
glise. 



m. — l'AHTICIPATION AUX KUFmAGES DE TOUS LES 

AssociKS DU Rosaire. 

"Chacun des associés n'apportant que peu au 
"trésor conuiiun, en retire cependant beaucoup ... 
"Tout confrère ipii suit les règles de la Confrérie et 
''s'aeiiuitte de la réeilalion du Rosaire, réunit en se^ 
■'mtenlions, tous les membres de la Société, lesquels 
'lui rendent, multiplié, le même office charitable." 
licon XTII, Tiii 'pnIM^^f., I, 2 oct. 1898. 

Non setilenient il y a, comme nous venons de ]•■ 
vou-, union de prières et de boimes œuvres entre les 
as.sociés du lîosaii-e el tous les membres de la famille 
Dominicaine, mais cette .société de secours mutuels 
s'étend mcoro h tous les Confrères qui la compo- 
sent. C'e-st ce qui est rappelé dans le cérémonial 
de réception : "Je vous fais participants, y est-il dit, 
"de tons les biens spirituels de l'Ordre des Frères 



— 141 



I recheu, iinsi <iiie de tous l.'s aulns hicns spiii- 
•tuels (1111 appiirtiennent ,nix fivrcs v\ snms d,. h 
' Confn'rie du Très Sainf Rosaire." 

Toutefois, cette communauté dVeuvres satisfa- 
toires ne cowprnid que Irn pini.r r.rrrrl,;., arcw- 
Vhs au nom de In Cnujnrir, et non les autres l.onues 
ceiivres qui y demeurent étrangères. Mais même 
a;nsi réduite, elle comporte des avantages ([Ii'on ne 
saurait trop priser. r,a Confrérie .se recommande 
en effet, entre toutes les autres, comme étant la plus 
nombreuse et la plus sainte : elle est ré-pandue dans 
toute la chrétienté, et, tout ce qu'il v a de i)lus par- 
tait dans l'Eglise fait du Ro.saire, .sa prière lial.ituelle 
." sa plus chère. 11 est récité sans interruption et 
forme un vaste concert de siiiiplications <-t d'homma- 
ties qui à chaque instant monte vers le trône de la 
très Sainte VierRc, et ii chaque instant aussi fait 
descendre sur les as.sociés, une abondance de {l'ràces 
de tous genres, soit ,)endanl leur vie, soit à l'heure 
d- la mort, soit dans les flammes expiatrices du 
Purgatoire. 

La prière des associés n'est donc pas i.solée, mais 
forme partie de cette grande et universelle société 
mutuelle de prières qu'est la Confrérie et qui lui 
communique une efficacité particulière. Soutenus 
par la grâce ?t les vertus des saints auxquels nous 
sommes unis, nous obtenons en leur considération 
Cl- que nos prières seules ne pouvaient iiKTiter • Dini 
nous exauce comme associés, quand il n'aurait que 
trop de motifs de nous repousser comme particuliers. 

Chaque grain de notre ro.saire récité ainsi, devrait 
donc nous apparaître comme chargé de prières col- 



-142 — 

lectives dont non.s recueillons les l.ienfaits en v aiou- 
l.int la notre, si imparfaite soit-elle. " 

■•irrnnt fv" '/""' ''"'''"' '^°"*'''' "'«'« ^" «'^ J<'i- 
<roi.\ en allant rencontrer, timide affluent les 
„'".s.sellements de larmes, de sang et do ueurs ' 
, çondes qui ont traversé la terre^ elle ac,S e" 

sértil '"■'.; ^;' "^'" ""^'' J'^' -'« océan'î"- 
hcrtillanges, 0. 7^. 



l'ère 



La faineuse bataille de l.épante papnée sur mer 
;«»• les chrétiens contre les Turcs en 1 571 no fZ 
.". une preuve saisissante de ce q„e pe„;;nt les " 
rees du Rosaire. C'était le 7 oetobr;. un 3 manc "" 

M. ^n:r;;rM '"""V""' !'^'"-"^^'°" soleirne en 
paves intérêts confiés à celui do^'elleS d i-" 

n^t^'lSf '""'•• "'^ '''''"'' '^ Savait 
SCS alarmes, on ut venir son confesseur 



— 143 — 

(|iii lui oidonnu au nom de l'obiùssimco, de s'en ex- 
|ili<jiier. "Pendant que j'étais en prière, répondit- 
illc, le Ciel s'est ouvert à mes regards et un terrible 
procès commenta devant le tribunal do Dieu. D'un 
coté se tenaient les démons (pii rappelaient les in- 
nombrables péeiiés des chrétiens et réclamaient 
contre eux les sévérités de sa justice; de l'autre, se 
vovaient la Sainte Vierge et les anges ()ui s'effor- 
çaient d'apaiser la colère divine par l'offrande de 
tous les rosaires récités en ci' moment dans l'Eglise 
l'iitière. 

"•le ne sais, ajouta-t-elle, (piellc sera l'issue de ce 
redoutable ])roeès, car la balance de la divine justice 
est aussi prête à (lencher du côté de la rigueur que 
lie la miséri<<orde." On la laissa à sa solitude, où 
elle exerça sur son corj)s, d'effrayantes cruautés, au 
milieu de gémissements dont les notes poignantes 
l'.nirent ]>ar jeter à genoux, les hôtes du palais. Tout- 
à-coup, un profond silence se fit. Qu'était-il arrivé'.' 
Avec crainte on entre dans la chambre de la sainte, 
l-'lle est là souriante, et annonce (pie la colère do 
Dieu s'est enfin laissée fltVhir : les chrétiens sont 
vainrpieurs. On note le jour et l'heure, cinq heures 
de l'après-midi. Bientôt arrivent des messagers ap- 
portant la nouvelle du grand événement de Dépante : 
/( Rosaire de la Mcrr avait fuit triomnhrr le Croix 
lin Fils. 



Confrères du Rosaire, voilà \in exemple à jamais 
mémorable de ce que peut aujirès de Dieu, l'union 
•e vos prières. Vous ne sauriez avoir une trop 
grande confiance dans leur efficacité. Sans doute, 



;=:5^",:;r:'.E,l::r:,,:n;!=:;-r 



J'J^KIWK: ' L'TXSCRIPTTOX 

"monde cntio,-." T.o.m XITT T-n ! " '''■P''"''"" d;m. le 
Dos lors, 1„, Co,,frorie;i.,RoLv„ ■/?!'"'■■'■' ^'^- ^ «et. 1898. 
-In, no. p„„is..s de cam;n.„r".V;i:n'^ ''■''"■' '".P"- h"m''l - 



— 145 



niition. C'i-st cr ijuDii iippi.'llc lo Livre d'Or 
(le la Xohlosst'. 

JjC registre de la f'oiifn'iie du Jîosaire est le Li- 
vr( d'or des iiieiuhres de la famille royale de la 
Xierpe. Il ne di'pi nd que de notre bonne volonté 
(le e()ri(]ui'iir ee beau titre nobiliaire. Etre inscrit 
sur les lunnbles [)apes du registre de la Confrérie des 
privilégiés de Marie, n'est-ee pas professer de notre 
confiance (pie ■•■• nom est encore mieux inscrit dans 
son cdur maternel? 

1" l'our faire partie de la Confrérie, il suffit que 
1,1 personne donne son noTn, soit personnellement, 
soil [lar intermédiaire, et que ee nom soit inscrit sur 
le registre. 

13" Il est r(^(|uis de donner f!i>n nom, ri von point 
.!.■(■,« inifidlcK. lîien que cela soit à conseiller, l'ins- 
cription du nom d(> famille, n'est eep;'ndant pas né- 
cessaire. 

,T liCs religie\ix et religieuses [leuvent se contenter 
de donner leur nom de religion. 

4" J,es religieuses et religieux Dominicains sont 
du fait de leur prof(>ssi()n, agr('gés à la Confrérie. 
Pie IX, viv.t; vncis or.kit.o, 19 nov. 1871. 

5" Ce privilège est aussi accordé aux Dominicaines 
qui sont sous la juridiction exclusive de l'évêque. S. 
('. T., 30 mai 1744. 

0" Les Tertiaires Dominicains qui ne vivent pas en 
cdiiimunauté n'ont pas droit à celte faveur. S. C. 
I., 28 avril 1716. 

7" On ne peut inscrire les noms des défunts. R. 
C. T., 10 août 1890, ad VT, 



m. 

il 



— 146 — 

8° Un rescrit ilatô du 03 „..„:, ,„,. 
'""t que besoin os. t .n'es . n • T''''"''' *"'■ 
J'isqn'ulors. La (•.v, ,., 'V • '"''«■'P''"ns faites 
ries. '■•'"" «^'«e'-'là to.iUs les confn-- 

frunprêt:'S;;r,Ht;5Î'::;'-^onfréne, 
'■PPar.e„t„iZo::fÏ^-^----n„„,e,,e 

'l'esser la li ?"' t ,Vn T' ^°''' '*^ ï^"--^" '••<'. "• 

-nn„i.ej):::i:,Lt^;='-n^^ar7"^:'""^- 

une perte de teinns ,„•/..; f ^ "' ' "" t'Vitera 

avec ordre et Si/'"C!;''^ '«"tj'yant été fait 
, U" Toute peli a "; te n "?-?''" '"" ^"'^• 
1^- registre, pourvu que c ni S ,tV"'"-'' ''"" 
fontre son gré S P t oc '^ " ^°" '"»" "" 

:ïij:î'"t.r--"^^'"" '-'* ^'- ^"ite par 



inten 



OBLIGATIONS DES ASSOCIES. 

"nrfoL?aVrn"aL'"len:/'"*T'^ ^"^^'^^ ^"^-r, 
version des p^ heurs f'T"--^"^'^'^ P°"^ ''-^ '^""- 
■sants. et le troi i/n e' n ?'"-'"' P"""- '^« ^ffoni- 

ii« pe"ve;;.^^;~.xxri 'ï ^"^^^^^^■ 



— 147 — 

Cette obligation n'est aucunement sous peine de 
[x'ché. Cependant, s'ils l'omettent — et durant le 
même nonibre de semaines qu'ils l'omettent — ils 
sont privt's de la participation aux avantages spiri- 
tuels 81 i.nportants dont nous avons parlé, page 13(;. 
Voir Chéry. Théologie du Rosaire, vol. 1, p. 291). 

Les associés qui négligeraient de réciter le Ro- 
san-e durant la semaine, ne laisseraient pas, cepen- 
dant, de pouvoir gagner les autres indulgences qui 
n'exigent pas cette récitation, par exemple, les 
trois plénières du premier dimanche du mois, colles 
du port du chapelet bénit, etc. S. C. T., 25 fév 
1877. 

2' Aucun argent ne peut leur être demandé. Léon 
.Mil, Uni PRiMUM., I, 2 oct. 1898. 



PR.\TIQUES RECOMM.WDÉIÎS AUX CONFRÈRES. 

1° Réciter le chapelet ou tiers du Rosaire, tous les 
jours, et s'efforcer d'en établir ou conserver l'usage 
dans sa famille, selon les vœux de l'Eglise. Léon 
XIII, S.4LUTARIS., 24 déc. 1883. 

2° S'approcher des Sacrements, le premier di- 
manche du mois et aux fêtes principales de la Sainte 
\'ierge. Comme un grand nombre de fidèles ro- 
voivent la sainte communion, le premier vendredi 
du mois en l'honneur du Sacré-Cœur, il leur serait 
facile d'en ajouter une autre, le dimanche, en 
l'honneur de Notre-Dame du Rosaire. 

3° Assister aux processions et autres exercices pu- 
blics de la Confrérie. 



î^^ 



— 148 — 



fMiulie la lH.|lo(l,.volion du Rosaire. 



ROSAIRE BENIT. 



Sa matière. 



...■{^n,;;;r"V'o;?:!':5t::S"^ '""'»- 

2 oct. 1898. ' ™IMUM., XTi;, 

■ï Ph-r "-''t^' "'^"^ '^""«'^'^''■^ au Vénérab .. 

t-.< certains n,î ^^••^""/' --"- '^J-- 



- 149 — 

(riihiiine; iniiis. !<• K^»'" '1''** iii<liilH''"<'''s ost subor- 
donné à (les conditions strictement déterminées, et, 
ces conditions n'élaiit pus observées — qu'il y ait 
de sa faute ou pas — les indidtiences ne sont pas 
siijjposées être f;at;nées. Donc, les fidèles ont tout 
intérêt, pour éviter certains pièf,'es tendus à leur 
piété, de cultiver cette faculté directrice, <■(■ flair 
surnalund et divinateur des personnes ((ue ['Kcritine 
aj)pelle le (lisccniriiicnt tien esprits. 



.BKNKniCTION DU ROSAIRr. 

1° Un chapelet ne peut être rosarié que par un 
Père Dominicain ou im prêtre qui a reçu les facul- 
tés nécessaires à cet effet. 

2" Il faut, sous peine de nidlité, réciter la formule 
prescrite. S. C. I., 20 fév. 1864. C'est aux fidèles 
d'être bien exacts à faire rosarier leurs chapelets, 
a:; temps désigné par le prêtre. 

3" Tl suffit de tenir son (-hapelet à la main, durant 
in lecture de la formule de bénédiction. I/on n'est 
pas requis de se mettre à f^enonx. 

4° On peut faire rosarier son chapelet, par l'inter- 
médiaire d'im autre. 

y Cette bénédiction peut être donnée in glohn, 
c'est-à-dire à une masse de chapelets qui seraient 
ensuite distribués gratuitement. f5. C. T., 12 mars 
185-5. 

6° En temps de mission ou retraite, les Domini- 
cains peuvent donner aux chapelets, les indulgences 
Papales ou Apostoliques, celles de sainte Brigitte 



— 150 — 

l't dis l'm-s Croisiers à gagner par une seule et 
>»">"■ naMwn du Uosnirc. vJx. 9 sent. im. 



9 sept. 



FoRMtTLK kr.wcj-aisf: de bénédiction. 

Voi,.i la forn.ul.. de bén.'diction des rosaires, for( 
"f Ile a tiicditer ; 

l>ii'.. l..nt-,,uissMnl et miséricordieux nni dans 
otie in,n.e,.se a.nour pour nous et en vue d'arracher 
r.os âmes a la puissance du démon, avez voulu (me 
v.;^reFds unique, Notre-Sei^neur .iésusVhHs" d!" 
tnd , a I annonce du messafre de l'anfre, du Ciel 
M. a terre, pr.t chair dans le sein très pur de la 
■enheureuse Vierge Marie notre Reine, qu'il ub 
cro,.x et a mort, et que, resplendissant^de fjlo ! 
^, ressusctat d'entre les n,orts, le troisième jour ' 
^ous supplions votre bonté infinie de bénir et de 
sanc .f,er, en répandant sur eux la vertu de rEsnril 
Sam , ces e,„blèmes du Rosaire consacrés pr X 
df ttre'F^;." "°"""" '^^ ' '^ '°"^"^^ «^ ''^ ^r^re 
Que tous ceux qui en porteront un sur eux ou 
le conserveront avec respect, dans leur maison' o 
encore s'en serviront ■^our prier dévotement en 
contemplant les divins ...ystères selon lesXles de 
eur same Confrérie, reçoivent en abondance les 
sentiments d'une vive, solide et constante dévotion 
Qu .Is a.ent part à toutes les grâces, à tous les prT 
Î h's? *°"i" '-indulgences qui ;nt été acc^r'dés 
pai le Siège Apostolique, à cette même société. Que 



-151- 

partout et toujours, pendant leur vie, ils soient tli'- 
livrés (le tout ennemi visible et invisible, et qu'à 
l'heiu-e (le la mort, ils vous soient in-ésenti's, rii-lits 
lie bonnes leuvres, par les mains mêmes de la très 
Sainte Marie, Mère de Dieu. Nous vous en prions, 
par Notre-Seifîneur Jésus-Christ (|ui, l'tant Dieu, vit 
et règne avec vous dans l'unité du Saint Ksprit, pi'n- 
dant tous les siècles des siècles. ,\insi-soit-il. 



Divers usaoks du hosurk hkmt. 



]" ]''our gagner toutes les indulgences que com- 
porte la récitation du Rosaire, il n'est ]ias nécessaire 
de se servir d'un chapelet rosarié, ni même d'un 
chapelet, du tout, excepté pour les indulgences <le 
Benoit XTII (voir page 114). Kt même, ])our le 
gain de ces indulgences, il suffit, (piand on récite le 
J{osaire avec d'autres, soit à la maison, soit à l'é- 
glise, que celui qui préside à la prière ait en nuiins 
son rosaire bénit. S. C. T., 22 janv. 1858. 

2° Bien qu'il ne s(,it nécessaire de tenir le rosaire 
il la main que pour le gain d'un petit nombre d'in- 
dulgences, il est cependant opportun d'en agir tou- 
jours de la sorte pour cette raison qu'élatit un sacra- 
mental, — hoc signum Ro.iarii, ainsi que le porte la 
formule de bénédiction — c'est-à-dire un signe par- 
ticulier des grâces attachées à la grande prière de 
Marie, son simple usage matériel comporte toutes 
les précieuses et consolantes bénédictions énumérées 
dans la formule que nous venons de traduire. 

3° C'est une coutume très ancienne parmi les fi- 



152 — 



(lèlcs, do porter sur eux — paH toujours de façon os- 
tensible, cepeiiilatit — le rosaire, eii témoignage de 
dévotion pour la Sainte Vierge. Saint François de 
Sales écrivait à sainte Jeanne de Chantai, le 1 t 
(M't()l>re ICOI ; "forte/ le rosaire, s<jit à la ceintiue. 
"soit antrenieiit, comme une marque d désir que 
"vous ave/, d'être la .servante de notre Sauveur et 
"<le sa sainte .Mère." I^'or. loruiait la remarque 
au.ssi profoncU- (jue juste de . -Ue fenmic du Tvrol, 
eu voyant passer S. Ign.ieo de îioyola et ses compa- 
gnons: "Ces étrangers sont sans doute des eatholi- 
"ques, parée (Mi'ils portent le ro.saire." .Aujourd'hui 
encore dans i.s Mi.ssions .sauvages de l'.Mrique et 
de rOeéan;.,', les indigènes catholiques portent au 
cou ; ■ '.apelet, pour se distinguer de leurs congé- 
nères o! (.testants, tant est vrai le mol de Léon XIll 
qui appelle le ro.saire, culhulicrc fiilci trsscra, l'em- 
hlènie de la foi cat lioli.pie. Pour cette raisoii-li, 
même, il peut devenir, en cas d'accident, l'unique 
Jiieuve que son propriétaire étant catholique, a droit 

aux prières aeeout ées. A cette pieuse pratique, 

l'Eglise a accordé, j)our les membres de la Confrérie 
l'cxapiininullr iii>lnhjn,cc ilr 100 ans rt 100 qun- 
rimtninvs, jmr jour. 

4" l'n autre nsagi' très louable aussi, c'est de pla- 
cer le rosaire dans les mains des mourants et des 
défunts. Voir ])age Kis. 

5^ Le nondire de chapelets rosariés que l'on peut 
avoir en sa possession, n'est aucunement limitf'. 



— 153 



Lk HcisAiiii; iHNir i'i;iin sis indi ioiau.s : 

I" ]';\r \:i iiioil il'' ki'" |iiii|ir! ''iiiic. S. •'. !.. l't 
j;iliv. lM:n». 

•2" Celui (Hii In'iili' d'iin cliiil'flfl , «loil l«" fi'i'" ro- 
siiri.M (I.- noiive.ni : ii'ost inlinis à s'.'ii servir, .'ii 
effet, «[lie lu personne iioiir liKiiielle il ii été i)énit. 
Ihid. 

;i" S'il est (lolilié ou prêté iivee iiilentioli de eolli- 
riuini<|iier les iiulul^'eiiees. Iliiil. 

4" .S" (7 cxl niidii, iiiniu- ('/ iiri.f cunldiil. S. C. 1., 
1-.: juillot 1847. 

■)" Si, à son (H-cdsioii , on r<i,'oi( (/nc/r/iir <;io.S(', à 
un titre (/(((/co/k/hc, rchuKjr, pri'svnt. ruirc nii'ine 
dunwnc. S. C. I.. 10 juilkl ls87. 



Li: RnsMiii; ni:MT nk itim) I'\s sr.siNDUi.aF.scr.s : 

1° S'il est i)rété siin[)leiiietit pour suivre ou conip- 
tel les prières. S. C. I., W jiinv. !«:«). 

■r Si (iuel(|u'un s'en est servi à notre insu. Ihid. 

:V' S'il perd 1 ou ô finiius, on peut les remplacer 
snus (|M'il soit (pieslion de le f;ure l.énir de nouveiiii. 
Tbid. 

-t" Quand il est remonté à neuf, pourvu que les 
-rains' soient les mêmes, el sans s'oeeuper si ces 
T'iains .seraient ou pas dans le même ordre qu'aupa- 
ra\ant. Ibid. 



— 154 — 

IvK KOSAIRE ET LA SALXTE MESSE 

I'>anV',îsÏT,r' ^'"'^""* l'ajournée. - .écrivait S 
ançois de Suies, a une personne du monde - je 

;|;n>;!rv;::.S!-'««----'<''^voten,e^t 

r.es fi.lèles trouveront là, un excellent moyen de 

Pend'ult'h V''"" *"'"'" ''l*"'*^' ''''*' ordinairement 

rdlè/ ''''•, ''"' ?" ^"" '"^ ^'^'''^''^i™ publique 
lu chapelet dans les églises. Léon XTII prescrivit 
K.s.tuen.ent. d'agir ainsi pendant tout le'^mord 

linst d.s re fa„e entrer cette manière d'entendre 
l-« Messe dans les usages du peuple chrétien? C'est 

i'v:..::n;n':':7'" ir^^^ '^ *°"'* - -ï- ^ ^té di; " 

I «Mcllence de cette prière. 



l'K ROSAIRE ET LA RECEPTION DES 
S.4CREMENTS 

La réception des sacrements de Pénitence et d'F„ 
; >anst,e se fait, bien souvent, non seulement tfe : 
.1 es trop e oignes, mais, la préparation en est dé- 
fectueuse, et Faction de graoes, nulle; ce qui est 

^Z r?' V;;-"''^""- " f^"* «vouer ,,u' es 
d fficile, très difficile de trouver des prières qu pa 

Ïe Zr^^t '' '.""^"■•'' «-.^(«"'îent i Péta? d'âne 
«les fidèles. Que les Confrères prennent donc a 



155 



•1- 



louable liabitiide d'y substituer le Rosaire, ré- 
citant un .chapelet comme préparation, et un 
antre comme action de grâces. Nous sommes, 
hélas, incapables de parler à Dieu comme nous 
le voudrions, et (juand il s'agit de lui exposer 
nos besoins d'Ame surtout, ses tentations, ses 
défaillances, implorer les secours qui lui sont 
nécessaires pour remplir sa noble mission sur la 
terre, nous nous sentons comme écrasés par un poids 
impossible à soulever ; prions donc alors Notre-Dame 
du Rosaire. \u fur et à mesure que les Ave tombe- 
ront de nos lèvres, son oœur les recueillera, et elle- 
même la mère toute (luissante plaidera et gagnera 
la cause de ses enfants, auprès 'e son Fils: ut lo- 
qiiiiris pro nubis bona it tit avcrias indignationem 
stiatn à 7iobis. 



LA RECITATION DU ROSAIRE EN 
FAMILLE. 



"La i)iété chrétienne, la moralité publique, la foi 
'clleniême, principe de toutes les autres vertus, 
tout cela est chacpie jour menacé des plus grands 
■péiils, Nous exhortons donc vivement tons les 
chrétiens à s'appliquer, soit en public, soit dans 
leur famille, à réciter le Rosaire, et à ne pas cesser 
ce saint exercice .... La Patronne Céleste du 
■genre humain exaucera ces ])rières et elle accordera 
volontiers aux bons, la faveur de voir leurs vertus 
's'accroître ; aux égarés, celle de revenir au bien et 



— 156 — 

"de rentrer dîins lii voie du snlul." Sui'Hi'Mr 1 
sepf. 1883. 

_ "Non seuliMiifiit le Tîosiiiri' est aviintafreiix foinin-' 
"|>rière privée, mnis il devrait occuper dans r/ii/r/»-. 
''famille, le rnnri dlumncur qu'il occupait aulrefois, 
l'qiiand sa récitation niiirquait la fin du joiu- pour 
l^toiites les maisons chrétiennes. Aussi, nous ex- 
''hortons et supplions tous les fidèles, de dire le 
"chapelet ou tiers du Uosaire, tous les jours sans se 
'■lasser." SALi-TAiiis., 24 déc. 188,3. 
_^ "Le Uosaire, plus que tout autre, a niiiverselle- 
"nient le caractère d'une priire eoUeelire et domes- 
"tique." Benoit XV. Au Père P.ccchi, 18 sept. 

Le Eo.saire, à la maison, est une rupture ouverte 
avec le respect humain, une véritable profession de 
foi au sein de la famille, ce (pii est une exeellenle 
prépanition à une couratreuse profession de foi, dans 
h société. Et <-|uel hesoin n'a-t-on pas aujourd'hui 
de cette race de clin'tiens sans peur et sans reproche 
qui s'honorent d,. rendre à Dieu et à sa relipion c.' 
(|ni leur appartient, dévouant l(-ur vie tout^entière 
iuix nobles cau.ses nui trouvent, hélas, si peu de rvcU 
'léfen.seurs. même dans les ranj^s d.s catholiques. 

Pères et iiièivs, pour vous enjiafrer à iiilrodiiiiv 
ei à .Tarder chez vous, l'usaf^e du Rosaire en com- 
mun, méditez donc ces paroles du Pape que nous 
citions tout à riieuiv et (pii vous montrent dans 
eelte prière, un puissant nioven de irndre encore 
meilleurs, ceux de vos enfants .jui sont bons et d.' 



\:û 



inrnenrr dans la voie du saint, ceux (jui se seraient 
(■garés. 

"Dans les liuinlli's eliréliennes, à la ville comme 
"à la campagne, c'élait un iisage sacré, à la chute 
"du jour, de se réunir après un dur labeur, devant 
"l'image de la X'ierge, et d'alterner la récitation des 
"prières, Afarie recevait avec complaisance, ce té- 
"moignage de fidélité et d'union cordiale. Klle é- 
"lait au milieu d'eux, connue une liomic mère en- 
"toiuée d'tnie couronne d'cTifants et les condilait 
"des bienfaits de la ptii.r ihinicstiiiiic, prcsiujr clla- 
"itinne tir la pai.c du Ciel." J'iUDNri'.M,, 20 sept. 
18%. 



Ileureusi's les familles (pii auroid voulu se rendre 
à ces ai)pels multi|)liés di' celui qui remplace .Tésus- 
Christ sur la lerre. Jia Vierge du Rosaire en éloi- 
gnera les désordres cl les hontes «lue tant d'iuitrcs 
e\j)érinuiilent à l'heure actuelle. Klle y laissera 
cette hénéilittion spi'ciale, (|ui caractérise de fa(,'on 
si touchante, bon nombre de nos familles dans la 
cami)agiie surtout, et <pii tient dans ces deux mots 
coiimis : "fia, les jeunes gens étaient braves, et les 
jeunes filles étaient chastes." ("est, dans ces âmes 
généreuses et piues, un parfinn de Paradis, comme 
un joyeux mystèi-e de roses blanches. 

"Le Hosaire, — disait, il y a cpielipies aiméi's, un 
"('vé(pu' fianij'ais - est ime grande école où se for- 
"meiit l'esprit et les mceurs. Dans ma dernière» 
"toturiée jiastorale. j'ai été frappé d'une chose, c'est 
"(|Ue les popidations qui ont conservé' la foi, surtout 
"par la dévotion à l'Kucharislie et à Notre-Dame 



— 158 — 

'"du Rosaire, «ont des populations intelligentes et 
distinguées. On peut ne pas savoir lire et écrire 
cest une liwiine, sans doute; mais, mettez entre 
les mains des enfants, des personn-s de la cam- 
pagne, le chapelet en leur indifjuant la manière de 
s en servir par la méditation des mystères vous 
_ serez étonnés de voir quelle vive lumière, cette mé- 
ditation communique aux âmes auparavant les plus 
obscures, les plus ténébreuses; quelle distinction 
elle imprime aux sentiments et même sur le visage 
car la distinction de la physionomie est un reflet 
de celle du cœur. Ou., dans les campagnes on 
rencontre de ces âmes élevées, aux sentiments no- 
__bles, supérieurs, et quand on remonte aux cau.ses 
on trouve que cette éducation est le fruit du Ro- 
saire. 11 est si naturel que la Sainte Vierge ap- 
prenne à ses fidèles enfants, ce qu'il y a de plus 
•grand, de plus élevé." 



1/ 

M 



mon Rosaire ! 

Douce prière 

De ma mèro et de mes aïeux, 

Entre mes doigts, passe et repasse : 

Jamais, je ne me lasse 

De remuer tes grains pieux, 

mon Rosaire ! 

Douce prière 

Monte légère 

Vers les Tieux. 



— 159 



LE ROSAIRE ET LES PETITS ENFANTS. 



Les prières des enfants ont une efficacité toute 
[)articulicre pour protéger l'Eglise, la patrie, la fa- 
mille, soulager les Ames du Purgatoire, sauver les 
pt'cht'urs et peupler le Ciel. 

"L'enfant qui a conservé l'innocence de son bap- 
lènie, peut tout obtenir de Dieu," a dit un saint. 

"Les enfants, s'écriait S. Philippe de Néri, ce 
sont mes aides-de-camp pour la conversion des pé- 
cheurs endurcis." 

S. Vincent Ferrier, dominicain, le grand 
thaumaturge du moyen-âge et l'apôtre de la 
IJretagne (1350-1419) convoquait chaque jour tous 
les enfants de la ville qu'il évangélisait. Avec eux, 
il suppliait ia Sainte Vierge en faveur des pauvres 
pécheurs, qui finissaient tous par se convertir. 

S. Vincent de Paul disait à ses missionnaires : 
"Prions beaucoup; faisons prier surtout les en- 
fants." 

Selon la touchante et juste pensée de S. Jean Cli- 
maque, "le Père Céleste a un faible pour les bégaie- 
ments des petits enfants." 

"Il me semble — écrivait Ozanam — qu'aussitôt 
que cette pauvre petite créature, si douce et si in- 
nocente, pourra murmurer une prière, il n'y aura 
plus rien que le Ciel puisse lui refuser." 

Quand le Bienheureux Curé d'.\rs était embar- 
ras.sé, il ap;)flait les enfants à l'église et priait avec 
eux. "Non, aimait-il à dire, on ne peut comprendre 
6 



— 160 — 

le pouvoir que l'amc pure d'un enfant a sur le bon 
ï^ifu : ce n'est p:is elle qui fait la volonté de Dieu, 
c'est J)ieu qui fait sa volonté." 

On raconte de la Vénérable Mère Rivier, fonda- 
trice de la Congrégation des Sœurs de la Présenta- 
tion de Marie, et tertiaire dominicaine, dont la vie 
ne fut (|u'un échange de prières et de grâces, de 
confiance et de faveurs, entre elle et la divine Mère, 
que dans ses difficultés, elle avait l'habitude d'en- 
voyer ses orphelins, réciter le Rosaire devant la 
statue de la Sainte Vierge. 

En 108.3, 2'ûO,flOO Turcs viennent mettre le siège 
devant la ville de Vienne, capitale de l'Autriche. 
Sous l'empire d'une salutaire terreur, on organise 
dans tout le pays, une croisade de prières à Notre- 
Dame du Rosaire. Jjes enfants répètent avec une si 
grande ferveur cette admirable prière, qu'à Augs- 
liourg, un missionnaire prédisait que bientôt ces 
chers petits fouetteraient les Turcs, de leurs chape- 
lets. I.es Turcs durent reculer, en effet, devant So- 
bieski appuyé par l'armée auxiliaire de ces petits 
.soldats de la prière à In Vif .ge des batailles. 



Mais, dira-t-on, les enfants ne comprennent pas cr 
qu'ils disent, comment pourraient-ils être exaucés? 

li'Eglise dont ils sont devenus les membres par 
le Hapté'iie, le comprend pour eux, et c'est elle- 
même (pli prie par leur bouche ; prière d'autant plus 
efficace que le péché n'a pas élevé de barrière entre 
leur âme et Dieu. Cette donnée consolante, n'est 
qu'une application du dogme de la Communion des 
Saints. 



— 161 — 



»i| 



En outre, n'allons pas nous hâter d'arfirnier 
qu'ils ne comprennent pas. Leur conscience, il- 
luminée par l'état de grâce, les vertus infuses et 
les dons du Saint-Esprit, est étonnamment préparée 
il saisir les choses de Dieu. Faculté de splendeur et 
d'énergie surnaturelle, elle aura hrillé déjà depuis 
longtemps dans leur âme quand la simple raison ne 
fera que jeter ses premières lueurs. 

Par consétiuent, pour ce qui regarde le Rosaire, 
on devrait enrôler les enfants dans la Confrérie 
aussitôt qu'ils sont capables d'en réciter les prières. 
I/Eglise les dispensant de la méilitation des mys- 
tères, et le péché ne souillant ])is leur conscience, 
ils peuvent gagner dans leur totalité, les indulgen- 
ces insignes attachées à cette dévotion: ce qu'on ne 
saurait trop apiirécier, si l'on se ra])))elle les Ames 
du Purgatoire et l'extrême besoin où elles sont de 
nos secours. 

Un jour, la Vénérable Mère Marie de la Très- 
Sainte-Trinité, du Tiers Ordre séculier de S. Do- 
minique, étant en prière, son frère et sa belle-snpur, 
décédés depuis peu, lui apparurent. Condamnés à 
un dur Purgatoire, ils lui denuindent un rosaire, lui 
recommandant de le faire dire avec elle à leur fils 
Thomas. Cet enfant n'avait alors que cinq ans. 
Comme la religieuse le récitait avec lui, elle vit 
auprès de ce cher petit, les âmes de son père et de 
sa mère qui restèrent là jusqu'à ce que le rosaire fut 
achevé ; après quoi remerciant leur sœur de sa cha- 
rité et enveloppant leur enfant, d'un long regard de 
tendresse, ces âmes montèrent au Ciel, éclatantes 



— 162 — 

de lumière. Grande Annét- Dominicaine, janvier, 
p. 319. 

Si, comme le dit Léon XIII, — L^titi^., 8 sept. 
1893 — "les confréries du Hosaire sont comme au- 
tant de bataillons qui combattent pour la cause du 
Christ, sous la conduite de la Reine du Ciel," les 
enfants ne forment-ils pas la blanche phalange des 
âmes innocentes, si puissantes sur son Cœur Imma- 
culé. 

Que l'on fasse réciter le Rosaire aux enfants, non 
pas seulement parce qu'ils sont purs, mais pour 
qu'ils se gardent toujours purs. "Je n'ai jamais 
rencontré l'innocence, disait le Père Félix, S.J., que 
sous la garde de la prière." 

Nous racontons plus loin, p. 176, l'admirable cons- 
tance de ces enfants japonais qui versèrent leur sang 
pour la Religion. Sans doute, il n'est pas donné à 
nos enfants d'aujourd'hui d'imiter ces touchants mo- 
dèles, dans le martyre de leur mort; mais, ils peu- 
vent se faire les gracieux émules de leurs fortes et 
viriles vertus, et trouver, comme eux, dans le culte 
du Saint Rosaire, une toute puissante sauvegarde 
contre les surprises et les tempêtes que leur réserve 
l'avenir. 



LE ROSAIRE ET LA VIEILLESSE. 



Qu'ai-je fait? Qu'ai-j" appris? Le tempi «»t ai rapide! 
L'enfant marche joyeux, sang songer au chemin ; 
II le croit infini, n'en voyant paa la fin. 
Tout à coup, il rencontre une source limpida, 
Il s'arrête, il se penche, il y voit un vieillard. 



163 



Après les années de jeunesse et de gaieté ; après 
I agi,' mûr et ses devoirs austères, c'est le déclin. 
Nous apercevons tout-à-toup que le temps a fait son 
iiuvre : notre regard n'a plus la limpidité d'autrefois ; 
(les rides se sont creusées sur notre front ; nos mem- 
l)res sont plus lents ; le corps tout entier s'appesantit 
it semble se courber vers la terre comme sous le 
poids d'un invisible fardeau. Un souffle d'hiver a 
passé sur notre âme assombrie; nos sourires sont 
tristes et notre gaieté, furtive. C'est la vieillesse qui 
nous avertit de la nécessité de nous préparer aux 
séparations dernières, à la prochaine rencontre avec 
Dieu. 

Les ternies de vieillesse et de prière s'appellent 
l'un l'antre. Et quelle prière mieux que le Rosaire, 
préparera le vieillard à son entrée dans l'autre vie? 



"Vieux comme je suis et presque aveugle, — 
"écrivait un prélat dominicain, Mgr Hyacinthe Bar- 

"beri, évoque de Nicastro — il ne saurait y avoir 
"pour moi d'occupation j>lus chère, plus agréable 
"que le Rosaire. Quand je prêchais, j'avais l'habi- 
"tude de l'appeler la hnrpr de Marie. Aujourd'hui 
"que la bonté' du Pape a diminué le fardeau de mes 
"responsabilités pastorales, en me donnant un co- 
"adjuteur, j'ai plus de loisir pour toucher de mes 

niains tremblantes, cette harpe céleste qui me rend 
"des sons, des harmonies impossibles à exprimer. 

"^fon Rosaire, ce n'est pas pour moi, l'affaire 
"d'une demi-heure ou d'une heure, mais d'un temps 

plus ou moins long, selon les lumières ))lus ou 
moins vives dont me favorise le Saint-Esprit. Il 



1^ 



jlâ 



— 164 — 

"m( ma joie dans mes afflictions et le soulagemen) 
"d« mes «ouf fraucL's ; il peuple ma solitude et nu 
"fait converser avec Jésus et Marie, avsc les angt*-- 
"et avec les saints." 



LE ROSAIRE ET LA MORT. 

La Confrérie du Rosaire a toujours été considérer 
par l'Ordre de S. Dominique, comme une s<rur par 
tageant avec lui, ses grâces, ses mérites, ses privi 
lèges de famille. L'heure de la mort en fournit uni 
preuve particulièrement touchante, .\-t-on reniai 
que que parmi les cint\ indulgences plénières accoi 
dées pour le moment suprême, il y en a une pour 
la récitation du Salve Repina. Salut, ô Rt-ine. Coltr 
prière si belle par elle-même, captivera davanta^. 
la piété des cœurs quand nou.s aurons rappelé quel 
ques épisodes saillants de son histoire dominicainr 

Le Salve Regina, en honneur dans l'Ordre de S 
Dominique, encore à son berceau, rappelle les hcun s 
d'angoisse, des premiers frères tourmentés par le- 
démons dont la Sainte Vierge, ajtpelée par cetir 
prière, les délivra pour toujours. TiO Bienheureiis 
Jourdain de Saxe successeur immédiat de S. Donn 
nique comme Maître Général, prescrivit en 122ti, 
de le chanter chaque soir après l'office de Complic-- 
Le pieux usage s'en est conservé jusqu'à nos joui> 
Sous quelque ciel qu'ils vivent, les Frères Prôcheiii- 
de l'univers entier se retrouvent aux pieds de Mari' . 
dans le chant du Salve. Précédée de deux frèr.s 



ifir) 



|iortnnt clos cierges allumés, la procession sort du 
ihfciir et s'avance sur deux lignes recueillies, dans !• 
sanctuaire. A ces mots PUa, ergo, Advncnta nostra., 
tous se prosternent devant l'image de la douce Reine 
ilonf la protection constante est iieut-être, le plus 
l>eau chapitre de leur longue histoire. 

Une glorieuse et sanglante consécration était r«^- 
servée h cette •outiime, peu d'années après son in- 
troduction dans la famille dominicaine. 

C'était en VICO, 44 ans après la fondation de l'Or- 
dre — 1210. Les Tatars appuyés par les Russes, 
iivaieni envahi la T^ilogne et leurs hordes sauvages 
Mssiègeaient la \ille de Sandomir où se trouvait le 
couvent dominicain d(! St-,Tncques, gouverné par le 
Bienheureux Sadoc comme Prieur. Or, dans la nuit 
(lu '_' juin, les religieux ayant récité l'office au chœur, 
selon la T{ègie, le novice chargé de lire le Martyro- 
loge, gardait le silence, fixant le livre comme s'il 
eut présenté quelque chose d'étrange: il vrnait, en 

• ffet. d'y voir ces mots écrits en lettres d'or : A San- 
domir, la mort de quarante-neuf martyrs. Dominant 
son émotion, et d'une voix où vibrent l'enthousiasme 

• * le courage, il annonce h .ses frères, le triomphe 
prochain de leur mort. La communauté tout en- 
tière a tressailli. Le Trieur se lève et va constater 
'le ses propres yeux, la réalité du prodige. "Frères 
liien-aimés, dit alors le Bienheureux Sadoc, nous 
sommes quarante-neuf ici, et nous venons d'être in- 
vités par le fiel, à verser notre sang pour le Christ. 
Mourons donc avec joie, sous les coups des Tatars." 
i'ius d'une cellule dut entendre la plainte de la na- 



— lec- 



ture devant la mort, mais sur cpb victimes tombait 
bientôt l'ineffable paix du Christ. 

Le soir, l'office terminé, les portes du chœur 
s'ouvrent, et les reli;,'ieux s'avancent deux à deux 
vers l'autel du la Sainte Vier{,'e, en chantant le Salve 
Regina. Au dehors, le massacre et l'incendie font 
râpe, car, les barbares viennent de s'emparer de l;i 
ville, tiuidés par les chants, ils se précipitent dans 
l'église, brandissant leurs terribles lances et pous- 
sant d'affreux hurleirients. IjO chant ne cesse pas 
|K)ur tout cela: lùifantx d'Eve, itialhcurcux cxilén. 
nous êlcrom nos cris vrr.i voun, nous soupirons vrrs 
roHs, grmisstinl cl jilcurnnt dans relie rnih'c di 
larmes. Ijc fer s'est abattu sur la blanche phalanpe 
des serviteurs de la Vierge, mais il y a encore quel- 
ques voix pour continuer: De grâce, notre Avocate, 
tournez donc vers nous, vos regards miséricordieur, 
et après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni d( 
ras entrailles. Quarante-huit fois, les Tatars ont 
frappé et quarante-huit cadavres gisent sur les dal- 
les. Tts sont là, le prieur et son conseil, les prêtres, 
les diacres, les clercs, les convers. De douces clartés 
enveloppent comme d'un linceul, les martyrs ina- 
nimés, tandis que sous les voûtes flotte un chœur de 
voix harmonieuses : le Salve interrompu sur la terre, 
s'achevait dans le Ciel. Seul, un religieux manquait 
à cette fêto du sacrifice. Pris de terreur, il s'était 
blotti dan.s le clocher. TjC noble exemple de ses 
frères le ramenait bientôt au poste du devoir et il 
venait s'offrir de hii-niénie aux coups des bourreaux 
Sadoc aux pieds de Marie, put compter tous ses re 
ligieux : pas un ne manquait à l'appel. Brillant au 



— 1C7 — 

ili'ssus dos clcitrcs (Ic'solt's, f|U;iraiito-nouf ('toiles at- 
testait ta qiii. le couvent s'était rel'oririé au Ciel. 



A rOnlie (le saint Dominique, ces saints lè^fuent 
le Lv'iétnonial de la nioit. I,e Salve i|ui jii;(iue-li\ 
avait maniué siniplenient la lin de cha<|Ue ;(.iniiéi' du 
relifiieux, n)af<|uera aussi désormais, If <■'(> de la 
gmiiilc jiiiinii'c de m rie. Arrivé h ses liorniers mo- 
ments, la communauté se réunit auloui ■'»■ son lit et 
chante, pourlu-, le Salve Jîetjina. ( ',st le • ;< mt 'u 
départ, le suprême appel de l'âme i ri [kîiI t que 



l;i prièrn 



guettent les sombres abîmes de l'éteri! 
lumiblo et confiante de l'enfant qui demaride à si, 
mère de laisser tomber sur son afjonie, la bénédirtion 
de son regard et de son sourire ; nmericordrx o-iilos 
ad II0.1 couverte. 

Ij'liistoire dominicaine nous fournit fi chaque page, 
des exemples ravissants qiii nous montrent la Sainte 
Vierge descendant alors pour recueillir ell(>-mème 
dans ses bras maternels, la pauvre âme en détresse. 

C'est aussi la grâce que l'Eglise invoqu(> sur vous, 
confrères du Rosaire, quand bénissant vos chapelets, 
elle met sur les lèvres de ses prêtres, ces solennelleB 
paroles : Dieu, qu'au moment de leur sortie de ce 
monde, la Bienheureuse Vierge Marie, vous présente 
elle-même, leur âme toute riche de bonnes reuvres : 
et in exitu suo ab ipsâ Beatissimâ Virgine ^lariâ Dei 
Génitrice, Tibi plenus operibus pr.Tsentari mereatur. 

C'est la même filiale confiance qui dictait ces 
belles paroles à Léon XIII: "Dévots du Rosaire, 
oui, aimons la "Couronne de Marie" comme la com- 
pagne inséparable de notre vie et notre fidèle pro- 



F' 

W 
m 

II'* 

I 



— 163 — 

tectrice. La tenant dans nos mains, à la dernièro 
agonie, qu'elle nous soit alors, le doux présage 'h 
l'incorruptible Couronne de gloire." Fioentkm., 'Jn 
■ept. 1896. 

Un autre usage très louable, c'est de placer I. 
rosaire avec le crucifix, entre les mains des mou 
rants, pour les soutenir dans leur dernière lutfi 
centre l'Enfer, et de le déposer ensuite avec leur-, 
restes dans le cercueil. Trait de haute inspiration 
chrétienne, car, si la Croix est l'arme du Fils, Ir 
Kosaire est l'arme de la Mvrr, et elles sont toute- 
deux à leur place, aux mains du soldat du Christ, 
qui est censé leur devoir le courage de la suprême ci 
déoisive victoire. 

Sur le point de mourir, S. François de Sales après 
avoir reçu l'Extrême Onction, demanda qu'on lui 
passât son rosaire au bras, afin qu'i' ':ii servît de 
solide bouclier pour repousser les dfci'-.ers assauts 
du démon. 

"Je n'ai pas peur de la vie quand je songe à in;i 
mère" écrivait le Père Didon. Je n'ai pas peur do 
la mort, quand je songe à ma Mère du Ciel, pour 
rious-nous dire, à notre tour. 



LE ROSAIRE ET LES AMES DU PURGA- 
TOIRE. 



"Toutes et chacune des indulgences contenues 
"dan,^ ce catalogue, peuvent être appliquées aux 
"âmes des fidèles qui sont morts unis à Dieu par I. 



169 — 



"lien de la charité; excepté toutefois l'indulgence 
"pléniî-re à l'article de la mort." Léon XIII, In 
eâ.. n. 05, 29 août 1899. 

Le Rosaire, à cause de sa merveilleuse prodigalité 
d'indulpences, a été justement appelé par l'illustre 
Vèro Faber "la reine des dévotions indulgenciies"^ 
Que ne peut-il pas, en effet, aux mains de chrétiens 
fervents, pour porter secours aux prisonniers de l'E- 
glise Souffrante. 

Le Bienheureux Jean Massias, frère convers Do- 
minic'.in, qui vécut au Pérou, avait l'habitude de 
réciter aussi souvent qu'il le pouvait, son rosaire pour 
le,.- défunts. Sur son lit de mort, et par l'ordre de 
son confesseur qui seul put vaincre son humilité, il 
déclara avoir délivré par ce moyen, un million quatre 
cent mille âmes, des flammes du Purgatoire ; chiffre 
prodigieux, mais que le Pape Grégoire XVI n'a pas 
hésité h insérer dans la Bulle de Béatification du 
saint religieux. 

Dans une pauvre église du Tyrol, se trouve un 
tableau d'un mérite artistique contestable, mais 
d'une haute et douce inspiration. Il représente le 
Purgatoire avec deux portes de sortie du côté du 
Ciel. A droite au-dessus d'un autel où un prêtre 
célèbre le Saint Sacrifice, la porte de l'Eucharistie, 
toute large et qui livre passage à une multitude 
d'âmes; à gauche, la porte du Rosaire par où des 
anges jettent des chapelets au milieu des flammei 
et en retirent de nombreux oaptifs. C'est sous une 
forme populaire et saisissante, la belle pensée dn 

' Progrèï de l'âme. Ch. XV. 



I, 



— 170 — 

Père Demora, 0. P. "Après la Sainte Messe, le 
Rosaire est le moyen le plus efficace de soulagei 
les Ames du l'urfîatoire." Dès lors, sachons nous 
aussi par l'intermédiaire de nos Anges Gardions, 
jeter des rosaires dans ces flammes expiatriccs. Di 
la sorte, l'Eglise n'aura pas mis inutilement dans 
nos mains, sous la forme d'indulgences, l'inappré- 
ciable trésor des bonnes œuvres satisfactoires de 
Notre-Seifineur, de sa Sainte Mère et de tous les 
Elus. Le temps n'est peut-être pas loin, du reste, où 
nous-mêmes plongés à notre tour, dans cette prison 
de feu dévorant, bénirons les inspirations d'une cha- 
rité qui s'était interdit d'oublier les autres, à leur 
heure de détresse. 



Dans le même ordre d'idées, c'est une pratiqui 
salutaire après le décès d'un membre de la famille, 
de réciter le Rosaire en commun, pour le repos de 
son âme. Les voillcs de morts sont souvent marquées 
par une légèreté qui semble toucher à l'inconscienre. 
Revenons à la touchante coutume de disposer tout 
pour que constamment, il se trouve' près de leur 
corps, quelqu'un pour plaider leur cause auprès de la 
Vierge du Rosaire. 

C'est encore un usage éminemment chrétien d'ae- 
compagner les re.stes mortels d'un défunt, de la mai- 
son à l'église, et de l'église au cimetière, en disant, 
si possible, le Rosaire ii haute voix, afin que par 
nos prières et par l'application de nombreuses in- 
dulgences, nous venions en aide à celui que nous 
avons aimé sur la terre, et hâtions son entrée dans 
le repos et le bonheur. 



-171- 

"Quand tout petits, nos mères nous apprenaient 
"il croire, u espérer et à aimer, elles posaient, sans 
"y penser, les degrés par où nous remontons jusqu'à 
"elles, maintenant que nous les avons perdues. 
"Heureux ceux qui savent vivre avec les n)orta ! 
"C'est souvent un excellent moyen de remplir ses 
"devoirs envers les vivants." Ozanam. 



PATRONS DES ASSOCIES DU ROSAIRE : LE 

BIENHEUREUX ALPHONSE DE NA- 

VARRETE ET SES COMPAGNONS, 

MARTYRS AU JAPON, DE 

1614 à 1G43. FETE, LE 

1er JUIN. 



"Autant le Ro.saire est admirable pour soutenir 
"la foi, autant il l'est pour ranimer et entretenir la 
"vaillance des âmes." Léon XIII., Octobri., 22 
sept. 1891. • 

Le 7 juillet 1867, Pie IX déclarait Bicnheureqx, 
203 martyrs qui moururent pour la foi, au Jaiwn, 
durant la persécution qui y sévit de 1614 à 1643, 
c'est-à-dire vingt-neuf ans. Sur ces 205 athlètes 
di'. Christ, plus de la moitié' — 117 — appartiennent à la 
famille dominicaine : 59 comme membres de l'Ordre 
et 58 comme associes du Rosaire. 

Le groupe des 59 membres de l'Ordre comprenait 
12 prêtres, 5 frères de chœur, 4 convers et 38 terti- 



172 ■ 



airpH, dont 30 hommes et 8 femmes. Les associcn 
du Hiisnire formaient un groupe de 30 hommen, 19 
jriinrs tjrnfi ou enfants et. 9 femmes. 

li'iiiitre moitic"; des martyrs comptait des francis- 
cains, des jésuites, im l'ère augustin — le Bien- 
heureux Ferdinand de S. Joseph — et des chrétiens 
indigènes. Les Jésuites étaient portugais, tandis 
que les autres missionnaires étaient espagnols. 



Origine et débuts de l.\ perskchtion. 
1614-1617. 

En 1014, un vaisseau hollandais s'étant brisé 
siH- les côtes du Japon, son capitaine, Guillaume 
Adaiiis, angla s et protestant, .se rendit à la cour et 
fit entendre an mikado Cubo-Sama, que la présence 
des missionnaires catholiques constituait pour ses 
états, im extrême danger. Il n'en fallait pas davan- 
tage pour jeter ia défiance dans l'âme ombrageuse 
Hi; prince, et la persécution éclata en cette même 
année 1614. rubo-Sama répandit des flots de sang 
chrétien jusqu'à sa mort en lfil5. Son fils Xogun- 
Sama se montra par sa cruauté, le digne héritier 
d'im tel père. ¥,r\ mai lfil7, notamment, étaient 
décapités les BB. Pierre de 1'. Assomption, francis- 
cain espagnol, et Jean-Baptiste Tavora, jésuite por- 
tugais. 



M*rt),'''«y ji*? 



ssssismsmeniammumFg^ssaw 



— 173 — 



n. 



Martyre des Bienheureux Ai.i'iionse de Navar- 

RRTE, IXJMIN'ICAIN, FERDINAND DE S. .lortEl'II, 

AUGUSTIN, ET DU JEUNE LÉON, 

JAPONAIS. 



1^7. 

Afin de raffermir les chrétiens par un couruReiix 
exemple, le Père Alphonse de Naviirrete. domini- 
cain, jugea alors opportun de s'offrir lui-même aux 
persécuteurs. Le Père Ferdinand de S. Jose|)h, au- 
{(ustin, et un jeune japonais nommé Tjéon, voulu- 
rent partager son sort. 

.\rrivé au Japon en 1011, le Bienheureux .Mphonse 
devait, par ses d'uvres de charité, mériter d'être ap- 
pelé le Vincent de Paul du pays. Une de ses occu- 
pations les plus ordinaires, dit le Père Charlevoix, 
était d'aller ramasser dans la rue, li's enfants qui; 
leurs parents exposaient, faute de pouvoir les nour- 
rir. 11 en envoya un très grand nombre au Ciel, en 
les baptisant. Les chères petites créatures l'occu- 
pèrent jusqu'à la fin, et, au moment de verser son 
sang pour la foi, il écrira à un capitaine espagnol 
Paul Garruche : "N'oubliez pas, je vous prie, de 
continuer l'aumône que vous faites jiour ces enfants 
trouvés. Je vous en conjure, de cette île déserte 
où nous attendons la mort." 

Dans son ouvrage, — Triomphe du Saint Ptosaire, 



— 174 — 

au Japon — le Père François Carrero constate qu'a- 
vaut 1 établissement de cette dévotion, le chnstia- 
nisine fit des progrès peu rapides, dans le pavs d 
qne le courage do bon nombre de chrétiens fâiblis- 
Hîut devant la pi.Tsécution. Le Bienheureux AI- 
phonsr ayant donné tous ses soins à la fondation cl 
a I expansion des confréries du Rosaire, un change- 
ment soudain et merveiMpiix s'opérait dans les âmes 
Sons les bénédictions et les regards de la Vierge un.' 
force mystérieuse avait transformé ces chrét'ienK 
prêts désormais à affronter les plus longues et les 
plus cruelles épreuves. 

Le martyre d'Alphonse et de ses deux compa- 
gnons fut un véritable triomphe. Une foule im- 
mense de spectateurs les suivait, parmi lesquels in 
lante et l'aïeule mêmes du gouverneur d'Omuia. 
lesquelles se confessèrent aux niartvrs. Alphon.se 
pnVhait avec une ardeur céleste, muitipliant ses e\. 
hortations vives et pressantes sur la piété envers 
Notre-Dame du Rosaire. Comme, selon la coutum, 
de son pays d'Espagne, le Bienheureux chantait 1. 
Rosaire, cette prière de ^Farie avait les accents .sua- 
ves et pénétrants d'un cantique du Ciel. Ayant 
donné son crucifix en souvenir, le dominicain pria 
un chrétien de lui faire ime croix avec deux bâtons, 
voulant, disait-il "mourir la croix à la main, pour 
l'amour do Celui qui a bien voulu mourir pour moi." 
Afin de .soustraire leurs y)risonniers à une foule 
trop .sympathique, à leur gré, les soldats les trans- 
portèrent dans lîle de Taxa-Sima, autrement dite 
des épines. L'exécution n'allait pas tarder davan- 



■^^*i'iits»flTSs';ï;-:f:^ ^^-" '^û:\rr^j^"fifi':^ 'rr ,■ 



— 175 — 



tage. Alphonse de Navnrrete avait à sa droite, 
Fenlinand de S. Joseph, et à sa {;auche, le jciiiie 
Léon. Avant de nioiiiir, le Bienheureux Ferdinand 
voulut baiser le "jlaive qui devait le décapiter. Son 
sans; fut le premier versé. Ce fut alors le tour du 
Bienheureux Alphonse. Le fils de S. Dominique, 
d'une main pressant sur son cieur sa {grossière croix 
de l)ois, et de l'autre tenant le rosaire et le cierRe 
hénit de la Confrérie, répandait sou âme devant 
i>ieu et sa sainte Mèri', dans une ardente et su- 
piême prière. Le hourreau ne réussit à Ini trancher 
1.1 tête qu'au troisième coup de son glaive. Quant 
au Bienheureux Léon, sa tête roula hientôt auprès 
du eori)s sanglant dont l'âme l'attendait déjà devant 
le trône de Dieu. Ce glorieux triomphe eut lieu le 
1" juin 1(')17. Lie TX trouvtiia tant de virile grandeur 
et d'invincible viTtu dans le Bienhc ureux Alphonse 
qu'il le placera le premier sur la Bulle de Béatifi- 
cation, avant tous les autres martyrs. 

l"ne circonstance qui suivit l'exécution mérite 
d'être signalée. liCs quatre grands Ordres religieux 
qm évaiigélisèrent le .Tapon, se trouvèrent alors ré- 
unis dans la mort. On oiivrit les cercueils des BB. 
Pierre de l'Assomption, franciscain, et Jean-Bap- 
tiste Tavora, jésuite. Le corps du dominicain fut 
mis avec celui du jésuite, dans le cercueil de ce der- 
nier, et les restes de l'augiistin furent placés avec 
ceux du franciscain. 

("est ainsi (pie la l'rovideiw . assiK-iait ces hom- 
mes apostoliques dans une mém( destinée terrestre, 
comme elle voulait plus tard les réunir dans un com- 
nmn culte sur les autels. 



— 176 — 



r 



iri. 

I/K fillAM) >rMlTYIiP;. 

10 s<'j)((.|iil)io ir)L*2. 
■,;,.,.o I I '. ' "'' '■'' 'i'>ml)i-(-ii.\ mission 

».:■. ;;;;";;;;;;';:,:::,,s;:ïS -:;;:;:;:;;■■■ 

fn,l Jl.vacintli,. no cossail ,1,. pr(-.chfT •, 1, 

foulo avec U.U. siu„(.. ,„,1,.ur, les "l„ires ,lê T P ■ 

le les consoler et de les fortifier quand le !" '' 

tenrs ne seraient i>lns P'"'" 

Ils arrivaient à la Sainte Afontagne, ,„and ,1s 









177 — 




rcncontrùrcnt un 


a 11 tir 


groiiiMi de 


34 chrétiens pri- 


soniiiers 


venant 


dfi .N 


un^'asaki. 


Ces derniers a- 


virent c 


iiiciin lin 


< cord 


• au eou, un bourreau tenant 


II' l)()iil 


(le lu ('i)i(lc. 


fiii Mienlii 


urruse Marie de 


l'in^'o, 1 


l'itiiiirc 1 


imiiniciiino, niar 


■liait en tête des 


Iciiiiru's 


et (1rs 1 


'nl'ant 


s dont que 


l<iues-iins ('talent 


port l' s (1 


MIS les 1)1 


as (le 


leur mère. 


Revêtue de l'ha- 



l)i( hliinc de l'Ordre et portant une eroix à la main, 
elle entonna un cantiiiue iiu(|iiel ses eompapnes ré- 
pondirent avec une sainte allégresse. Ce chant de 
l)ienvenue à la mort avait qiiel(|ue chose de céleste 
et ravissait d'adiuir-i'ion la foule émue d'un tel 
s|)eetacle. 

Ou voyait dans les raiifis de cette troupe de Nan- 
ffasaki, l'élite de la soci('t('> japonaise. I/illustre 
Marie Tociian, femme du martyr .\ndré Tocuan, at- 
tirait surtout les re^^ards ; cette sainte veuve avait 
été admise dans le Tiers Ordre et s'était dévouée 
an service des missionaires, malfzré l'extrêine pau- 
vreté où l'avait réduite sa fidélité à la foi chrétienne. 
Elle n'avait (pie 33 ans. Ses infirmités l'empêchant 
de marcher, elli> se fit porter au martyre, revêtue de 
son ha!)it hiane dv tertiaire. Il y avait encore .\f;n(''S 
di Cor('e. 4'2 ans, aussi du Tiers Ordre ; Catherine de 
i''in{;o, T'ricure de la Confrérie du Saint Rosaire et 



d" celle du Saint Xoir de .I('sus ; 



litre Marie de 



l'ir.'.'o avec ses d(>iix enfants, .Tean, âpé de 1.5 a 



ns 



?i V 



rc, âgé de 3 i.ns; Tht'cle Xangavxi, avec 



f Is Pierre, âgé de 7 ans; Isabelle Fevnadez avec son 
petit Ignace, âgé de G ans; Pierre Matayama, âgé 
de 5 ans, marchant seul au martyre; ^Farine, Apol- 



— 178 — 

l^-e.aniro. Madelo.no. o,c..,o„s, Ha confnVi.d,, 

Les ho,„,„0H ot dantres onfants suivaient Ce 
tu.td abord Kon.an.,8. prieur de la confn'rie dn 

Mniien d (Jnu.ra, ave son fils Michel, âfié de 5 ans • 
Clément, avec son fils Antoine, âgé <lo •' ans iZ' 

a umura, Ihonias de Caratzu, âKÔ de 7 an» ot m., 
jh;^t^s,„,au,na..t,re,etc..t;..i'deVcS^n.; 



()0n h ■? '.'"^''"" '''^-^'^"^ personne», dont 30 - 

000 chrétiens, .^tait acoour.ie ^ur assis er à h 
scène émouvante des supplil^.s. Un magfstr 

signal de 1 exécution. 

Comme il y avait là L>5 poteaux. 05 prisonniers v 
furent amenés, et, s'étant mis à genoux embrassé 
rent pieusement le bois de leur sacrifie; Les 'i 
autres e „nt condamnés a être décapités, s'agenoui^^ 
lèrent et attendirent paisiblement la mort ^ 

l^e Bienheureux Charles de Spinola, jésuite avant 
demandé à la Bienheureuse Tsabel i Fernande^ 
Qu avez-vous fait de mon petit Ignaoe?" - "Le 
VOICI, repondit la mère, élevant l'enfant dans se! 
bras, je n ai eu garde de le priver du seul bonheur 
que je sois en état de lui procurer." Ignace qui 
n avait que ans, vit tomber la tétc de sa mère 
sans changer de couleur, et reçut lui-même le coup 



— 179- 



rlo la mort, avec une intrépidité bien au-dessuB de 
fon âge. 

Les 'M martyrs furent inébranlables. Jusqu'aux 
plus petits enfants, tous montrèrent un calme, ime 
joie telle qu'on aurait cru assister à une fête. I/ex- 
écution terminée, on plaça leurs têtes vis-à-vis do 
ceux qui étaient condamnés à être brûlés vifs, et 
alors on alluma le feu. Les bûchers étaient éloi- 
gnés de 25 pieds des poteaux, et le bois disposé do 
telle sorte que le feu ne pouvait brûler que lente- 
ment ; on eut même soin de l'éteindre toutes les fois 
qu'on s'aperçut qu'il gagnait trop vite. Enfin les 
flammes crépitaient, et les martyrs commencèrent 
ù en ressentir les mordantes et cruelles atteintes. 
J)e tous ces poteaux partait la même acclamation 
d'invincible espérance, vive Jésus, vive Marie! On 
vit le Bienheureux Ange Orsucci, dominicain, ravi 
dans la prière et l'extase, planer durant quelque 
temps au-dessus des flammes. 

Ils s'affaissèrent sur eux-mêmes, les uns après 
les autres, ceux-ci au bout d'une heure, ceuxiii 
après deux et même trois heures d'affreux tour- 
ments. Le bûcher du Bienheureux Hyacinthe ()r- 
phanel, dominicain, était fait de bois vert; durant 
1;<. nuit, la pluie tomba, de sorte que le feu ne pût 
achever son œuvre dans le temps prévu. Au point 
du jour, on l'entendit murmurer pour la dernière 
fois : Jésus, Marie ; son supplice avait duré seize 
heures. 

Cette hécatacombe est désij:;néo dans l'histoire 
sous le nom de Grand Martyre du Japon. 



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(ANSI and ISO TEST CHART No, 2| 




^ APPLIED irvHGE In 



1653 Eost Mair Street 
f^cchester, Ne* York 
{7Ifi) 482 - 0300 - Pho- 
(716) 288 - 5989 - Fo. 



— 180 — 
Jamais colto pairie de l'héroïsme religieux n'avii/ 

f'Mt scnr.ant =V la mort, apporte le plus toudn t 

- -H;n,anv aux i.elles paroles de lion xïï n ! 

' ctions en ro.nmençant. Ces jeunes âmes e - 

;!<.' «ous la banmère du Saint Rosaire, dépioy"- 

Vi e'd,: nér 7:T'' '""* '^^ '^^'^-^ --^^ >-•■ 

1 t 're de Tnn/vT "■^' '^']' "°"' invoquons sous 
■nf nts dont ;■"'' '' ^'* '■'^ protectrice de ce, 

«niants, dont lu candeur sut se garder bluiclie 
<'omme elle, invincible comme elle 

-Nous avons besoin de ces réconfortants exemnles 

en un temps où elle compte pour bien peu héks- 

.vertu çardn.ale,„i a nom force ou courage S: 

t'en. Elle est mdispensable, pourtant, et ceux qui 

ne se souc,ent pas de l'obtenir devraient app end " 

de Inû tettte" ™ ""^\~ 'ï"^ '^ Ciel se conquiert 
«le liante lutte, sur les champs de bataille du devoir. 



IV. 



Mahtvre nu B. Louis Gi.,ciQni et de ses compa- 

0.\ONS. 



1 octobre 1G22. 

Le 1" octobre 1622, fête de Notre-Dame du Saint 
Rosan-e, eut lieu le martyre de Louis aLiquId 
sa femme, de ses deux enfants et de cinq\utre! 



— 181 — 



chrétiens. Louis appartenait nu Tiers Ordre 
(le S. Dominique et avait 33 ans. Il était partiou- 
litrenient dévot au Saint Rosaire. Ayant appris 
remprisonnement par 1rs Hollandais, du Bienheu- 
reux Louia Florès, dans le port de Ferando, il voulut 
tenter sa délivrance, mais fut arrêté bientôt après, 
par les hérétiques avec les quatre amis qui l'avaient 
accompagné. Il fut tourmenté par ces Hollandais 
huguenots, de façon si cruelle qu'il eét impossibli 
de se faire une idée des souffrances atroces qu'il 
endura. 

Louis Giaciqui passa par dix-sept différents sup- 
plices avant d'être brûlé au poteau. Nous ne pou- 
vons que mentionner les principaux dont chacun mé- 
riterait une description: supplices de l'eau, des te- 
nailles froides, des soufflets, du chevalet, de la can- 
gue, des ongles de fer, des alênes, du plomb fondu, 
etc. On lui introduisit dans les jambes, des cordes 
de jonc que deux hommes tiraient tour h tour, 
comme pour les scier. Ou encore, on lui enfonçait 
dans la chair, de petits bâtons épineux qu'on retour- 
nait et retirait avec des douleurs inouïes. 

Louis demeura inébranlable. Le gouverneur 
d'Omura désespérant de le vaincre, le condamna à 
être brûlé vif. Sa femme, Lucie, et ses deux fils, 
André, âgé de 8 ans, et François, âgé de 4 ans, 
étaient condamnés à avoir la tête tranchée. I;e 
même supplice attendait les quatre chrétiens qui 
l'avaient accompagné ; ils s'appelaient André de Co- 
rée, ]\Iance de Figen, Thomas d'Omura, et Côme 
de Caraïca. 

Ce dernier avait un fils âgé de 4 ans, nomme Mi- 



C'hel; le» gou 



son h 



vei 



— 182 — 
iMn- lu condamna aussi 



r .. ""»*j»JtV ail 

roKnio père, four heureux de 1 



a mort, et 
ni voir gagner 



^' ^'iine, la .ouronne du martyre"" le , 
""■'-'- .H. bourreau, pour être diapitV 

leurs têt estr „ : ""'' ;'"""'' '^"'''''^''''' "'"•«^"' 

qui ont hienJcu^é.; !r,^""^^'"- "^«^rvé à eeux 
vccu, c est-a-dire bien combattu. 



— 183 — 

];E ROSAIRE ET EA CONSERVATION DE 

L\ RELIGIO-N : DECOUVRTE DES 

CHRpyriEXS JAPONAIS. 



'C'iit'z k's personnes, dans les finiiilles et pmini 
"les peuples où la pratique dn Rosaire est restée en 
"lionneur, il ii"y a pas à eraimlre que l'ignorance et 
"les erreurs pernicieuses détruisent la foi." Eéon 
XI IL, M.uiN.r.., 7 sept. lrt)-2. 

La prédication de l'Evanfiile fut conniiencée au 
.lapon sous les ausiiices de la Vierge. On en re- 
trouve des vestiges datant de l'année 1549. La plu- 
part des fidèles récitaient le Rosaire entier, chaque 
jour.' On prit bientôt l'iiubitudc de le porter sur 
les habits, autour du c"-. ou autour du bras. Quand 
éclata la persécution nt nous venons de raconter 
quelques-uns des plus glorieux épisodes, les associés 
(lu Rosaire déployèrent une ferveur et un courage 
Iieut-étre sans {larallèle dans toute l'histoire de l'E- 
glise. 

Après avoir présidé à la naissance de la religion 
catholique dans ce pays, fortifié des milliers de chré- 
tiens contre les supplices et la mort, Marie ne voulut 
pas abandonner les descendants des confesseurs et 
des martyrs. L'Eglise du Japon noyée dans le sang 
de ses enfants, semblait à jamais éteinte, quand, 
deux cent cinquante ans après la tourmente, se pro- 
duisit cet événement sans ])récédent qu'on a apj.elé 
la "Découverte des chrétiens japonais." 



Kn voici I 
•^fiirriiis 



— 184 — 
(' '•(■■cit tir,', d'un ouvrage de M. l'abbé 



'ILS .mines (jiii dénotaient autre cIiosp n„« i 
la curiosité. M U,.riv,rA P, .-. ^'"^ "'' 

é'in n'..' 1 , ", ''"" ''" ^•■'"«t'i ^faria, M. Petit 
-inistére .u'il a va^t' en ' "stédleT 30^1" '' 
V.e.ge. Asonev.,.nl. -- Vagenouillent 



t^ prier, niais la joie les emporte — 



rîï"v»"^ ^r».i. T.ssr^ 



de Xotre-Dn 
Sama, 



me; voyez s 



la 



lui, 
vue 



son auguste fils Jésus 



iiir son bras, On Ko Jésus 



18.5 



Dei)uis qu'ils se sont fiiit coiiniiitri' au uiission- 
■lire, ils se laissent aller à une eoiifiance entière. 
La statue de Notre-Dame avee l'Knfaiit .Ti'sus, leur 
rappelle la fête de Xoël. — Nous faisons la fête de 
.lésus, le vinf.'t-ein(juiènie jour du mois des j,'elées 
blanehes, dit une des [xrsrmnes ])rrsentei. On nous 
a enseifiné que ee jour-là, vims mimiit, il est né dans 
une étable, puis, (pi'il a f,'randi dans la pauvreté et 
la souffrance, et (]u'à 3:i ans, il est mort sur la croix 
pour le salut de nos âmes. Kn ce moment, nous 
sommes au temps de la tristesse (carême). — 

Tout à cou|), un bruit de pas se fait entendre : ee 
sont d'autres japoiuiis qui entrent dans l'éijlise. Pîn 
un clin d'ceil, ceux (pli entourent le prêtre, se dis- 
persent, mais reviennent presque aussitôt, riant de 
leur frayeur. — Nous n'avons rien à craindre de 
ceux-là, disent-ils; ce sont des ffriis de notre villaf^e, 
et ils ont le même twur (pie nous. — 11 fallut néan- 
moins se séparer plus vite qu'on ne l'eût souhaité, 
afin de ne pas éveiller les sonpçons de la police dont 
on pouvait, à chaque instant, redouter la visite. 

Dans cette heureuse entrevue, l'Eglise du Japon 
renaissait. Les r jetons des martyrs du XVH" 
siècle, restés dévots à ?\farie, reconnaissaient sans 
hésiter, dans les nouveau.x missionaires, les suc- 
cesseurs des prêtres (pii avaient évanfjélisé et con- 
verti leurs pères. La chaîne des pasteurs légitimes 
se trouvait ainsi providentiellement renouée an nom 
béni et près de la statue de la Vierj-ie. 

De |)art et d'autre, la joie et les espérances furent 
immenses. Dès le soir du 17 mars, la nouvelle d'une 



— 18f5 — 

etc Phis V.nl, * '/"f'f""--. "«^-'e (le contrition, 
.<-. I 1 is t.,,,1, |,.,s niissionniiires constatèrent IVv 
s nced autres pnèrcs lesquelles sadres St s ■ " 
fout a .^farie, comme le Salve TJemm }'n , ■ 
-;|;;n.m, et les Litanies ';ir,J'S;'^,S^'':^; 
■in que leurs héroïques ancêtres - on selerZ 
I>elle - ,.hanti„ent avec tant de f,.rvenr et d'., r 
K-sse, dans leur suprênu. combat po:;it '■■ 

I- s t„(e ,, 2., lie.ies envn'on, au nord de Nan^asaki 
les . eseendants des anciens chrétiens a^aS eon 

orve a pratique de réciter le Rosaire q'i s „p" 
1. ent Osar.o ou ( .sairo. Suivant une coutume tr ns 
mse scrupuleusement dans les familles, Xv e, ," 

er le jeudi, sur les mystères oveux ; le mardi et I,. 

vemlred,, sur les mystères donioureux; iT mercredi 

le sanjed,, sur les n.ystères Glorieux.' L^^W 

ent-H t '""^ '" ""^'"' T^"-^ im«ffe repré- 

"u 1 %'^"""' T^*^''-^^ <1" «-nt Rosaire '^o t 

aUucllen.ent conservée et vénérée dans la nouvel e 



— 187 — 

égliso Je Sliittsu, — diocèsu de Xanf.'asiiki — villuf,'e 
(Ji'i elle il été retrouvée. 

Ils e('li'ljraient de nombreuses t'êtes, entre autres 
.Noël, l'â(iiies, la S. Jean- Baptiste. Certains cliefs 
de vilhi;^e l'fi dressaient, chaque année le calendrier, 
d'après des rendes reli;;ieusenient eonservées et ()u'ils 
tenaierd des premiers a|)ôtres du ))ays. f/arinéi' 
s'ouvrait par une fête de la Vierge, Snneta Maria no 
nianiori, Notre Daine de la (iarde. Comme ce beau 
titre allait bien à la tendresse confiante de ee trou- 
peau de fidèles laissi's sans pasteurs. Ce que la Sainte 
N'iert;e fiarde est bien j;ardé : durant '2')0 ans, elle 
fiarda intacte, la puretc'' des eroyaiu'es religieuses do 
ses erd'ants. <,niel éloipient eomnientiiire des recom- 
mandations de I.éon XI ir, de voir dans la dévotion 
à la Vierge du Rosaire, la sauvegarde toute puis- 
sante de la foi, parmi nous. 

Avant lui. Pie IX reconnaissant, à l'examen de 
ces faits extraordinaires, une éclatante faveur de 
Marie, accordait le privilège de célébrer dans tout 
l'emiiire du mikado, nu'' fête spéciale sous le titre 
de Xotrc-Pame du Japon, le 17 mars de chaque 
année, date anniversaire de la mémorable découverte 
que nous venons de rc'sumer. 



LES ROSî:S BENITES DU ROSAIRE. 



La rose a toiijoiu's été eoiisidé'rée comme un e))i- 
blinii: (le hi tris sainte Viirtic cpie nous saluons sous 
\i' titre de Rose Mystique, dans les Tiiliinies de T,o- 
rette, comme aussi im cmhUmc, du Rosaire. Que 



188 



l'"MrrMit-.,n tnnn,;- ,|,. ,,|„s m|,(,. ,|,i,. |„ ,,.i„,, ,|,. 
Ilciiisa n,|,i,.lrr M.rir, |„ |,l„s 1,..||.. f|..,ir ,1,. n,„ 
uuuulr. la ,,|„s niiiial.lr ,1,. („„(,. s |,.s civaliiivs |, 
I{<'iM.. ,lM Ci..] ..t ,1.. la T,.nv: à sMimoliscr la y,' nu 
<';s.lrv„(,ons, son |;,..s:,in, I'omi- .vs .Inix mis,,,,. 
'I iiiialo-,,., I „„ |„'.„it i,,s ,,,s,.s natiii-,.l|,.s afin .,,„ 
los éleva t jiis.|,i'a,i ,l,„„ain,- .i,i snrnatnivi, „n vu 
iiss,. do res i,:sl nnmiil., ,1, ,,nu;- ,,„h,|,'s sncrnmn, 
tun.r. 

Lii l..'n,',lirl,.„i ,l,.s ,-,,s,.s, ,]a„s 1rs ,'Klis,.s ofi ,.s( 
cliihhe la C'onfiv.io. s,. fai( ,.„ I„„t (,-!i|.s ,1,^ rann.V 
i.i-is «Mrlout à la tVl,. ,1„ lîosai,-,.. Ce jonr-lù I, . 
autels - snH..i,l l'a,,,, 1 ,1„ rî„sai,-e ~- devraient ',-.|,v 



)rn.'S .10 fleurs par les paroissi, -is. on lion,nia-,. à 
a très sainte Viei-^-o. I.e l„it -'o T Roliso dans cette 
cereni„n,o est re,i,l„ enc.io pins évident dans 1;, 
belle fo,-n,„le qu'elle n,ol sur les l.'.vi'os de a^s prêtres 



.;'(),.':.rU[,l: FKANCAISK 



iiiî iii;Ni':nicTioN. 



O ])ieu. céaleiu' et (■onservale,u- de !a race lui 
"iMino auteur de toute f;râce et dispensateui du salut 
i;lfrnel, recevez ces roses «pie „ous vous ofn-.ms „„- 
jniirdluii en action de -,Aces, comme aussi e-i t,' 
l'ioi^na^i.v de d.'volion et d.' v,'i,,'ration pour le Ro- 
salie de la luenheureuse ^farie toujours Vierge Xo,i< 
vous en supplion., b,'nisspz-lcs du liant du Ciel p-,, 
I:! vertu de votre Croix sainte. Co„,me vous les ave/ 
•lestmees à réjouir ri,o„,„,e par la suavité de leur 
parfum, et à Im fo„rnir un remède dans ses sout- 
ira uces, qu'elles obtiennent par ce signe de votre 



IhO 



s.'iililo Cifiix, uiu,' Ix'tii'iliclidii Iclli' ([iii' 1rs iiialiiil. 
iiii\i|iirls ')ii li's iiiiilhiMcrM iiii 'jiii les garderont dans 
Il U!S luaisdiis, s<iiiiil Jilli'lis dr Irllis ilifimiili's. (,,)||f 
<lr leurs drniciiii's. les cli'iiioiis se reliront terrifiés, 
i|ii ils s'( id'ili'iil tn'ird)laril. ivic leur ciirlège d'es- 
[irils peivers ,■! n'aient jarj.ais pl.is l'iULlace de 
li;nrrnenter v<is servileiu's. i';'.r .lésns-t'lnist Notre- 
Seigni/nr. Ainsi-soil-il. 

Les roses ln'nilis on! donc la doniile vertu de 
eliassi .■ les ili'nions et de ;;ni'iir les malades, surtout 
:;! l'on y joint la n'eilalion du lîosiiire. 1 )ans les 
maladies, il sidfil d'en a|ipli(|Uei une •euilie sur les 
plaies des ])atients ou de la tremper dans les po- 
tions qu'ils ont à prendre. Il est lUi ivi' souvent 
(|n'uno foi vivo et une confiance filiale en Notrc- 
1' e du Rosaire, f)nt ohtemi par l'usa",'!; de ces 
rosrs, des i-ésultats merveilleux : guérisons inespé- 
n'i s, conversions di' péelii' n's endurcis, mourants af- 
fermis contre les terreurs de l'i'ternité .etc. "J'uvoue. 
écrit le l'ère Deniora, ().!.'. dans mi ouvrage impri- 
nii' en 1()()0, avoir puiilié en chaire, (piai-anfe grâei's 
obtenues pai- la V(>i-tu de ces rn.ses." 



r>E CfERCK BK.MT nr lîOS.VTRK. 



C'est une ))iense coutume de liénii' des ciei'ges en 
l'hcnneur du lînsaire. 

TjO eierjje est, par stt lumilrr, le fujDibdlc (h hi fai ; 
c'est pour(|noi, au saii' Iir.piême, on nous a mis â 
lu main, un cierge allu.ié, pour rappeler la lumière 



— 190 — 

df. k foi q„e nous v.nions do recevoir; nous avertis- 
sant ,ie suivre co ,liv,n ll.n,l„„u sur toutes les n.ute. 
•; ;' Vie, ,ie ne jms le laisser ,'.|ein,lre. p„r les or.ijr..' 
I' '■'•.;.»■ e( des passions, de le porter ainsi jus.ju'au 
•iniie, jus.juau trône de Dieu. 

"M ptut égalenioid y voir un .i,,mb<,lr de r,,si„. 
n,nrr dans cette flanunc qui montant toujours, 
s.ml.lo nous due : sursuni corda, en haut les ean>rs 
Le cierge rri>rése„le encore la charité, dans l„ 
Mur de la jlannne, et dans cette cire qui se eon- 
sume sous son aelion; ainsi devons-nous brider d'à 
...our pour le bien, et nous consumer au service de 
) eu et du prochain. Ce sera nous rendre à linvi- 

œmîs'i ■";'""■■"" '"'"'"" f'^'^ nos bonnes 
œuvres. Voici la 



Formule de bénédiction 

;lu cierge du Kosaire, lequel, à la rigueur peut servir 
u plusieurs conlrères, à l'article de la mort: 

Seigneur Jésus-Clirist, vraie lumière qui éclaire/ 
out homme, venant en ce monde, daignez, par Tin- 
tercession de la Vierge iMarie votre Mère et par le. 
quinze mystères de son Rosaire, répandre votre I.,:' 
nediction sur ces cierges et les sanctifier par la lu 
miere de votre grâce. Ces flambeaux, produit d'un 
feu matériel, dissipent les ténèbres de la nuit- ac- 
cordez-nous dans xotre mi.séricorde, que, à leur ex 
emple, nos cœurs illuminés par la splendeur et la 
f amme inv-isible de l'Esprit Saint, ne connaissent 
jamais les ténèbres du vice. Que des yeux d'une 



— 191 — 

âme pure, nous puissions toujours décerner les 
choses qui vous plaisent, comme lî'tant celles utiles 
il notre salut, afin qu'au sc.tir des obscuritis ["'ril- 
leuses de celte vie, nous méritions de parvenir à la 
lumière sans déclin, ô vous qui vivez et régnez dans 
liiiis les siècles des ècles. Ainsi-soit-il. 

Jjes confrère' du Rosaire tiennent de trop près au 
ceur de la f imille Dominicaine, pour qu'on omette 
de leur rappeler ce flambeau ardent avec lequel allait 
courant de par le nmde, le chien mystérieux qui 
lut montré dans un songe ù la mètj de saint Domi- 
nique, et qui symbolisait son enfant destiné à dres- 
ser au milieu des épa' ies ténèbres de l'erreur, le 
rayonnant flambeau d .a vérité du Christ. Notre- 
Seigneur disait à sainte Catherine de Sienne : "Ton 
"père Dominique, comme bien spécial, choisit la 
"lumière de la science, afin de dé' ire les erreurs. 
"Ce fut un flambeau que je donnai x hommes, par 
"l'intermédiaire de Marie." 



Les confrères du Rosaire doivent donc s'efforcer 
d'être dans leur vie, afin de pouvoir être dans leur 
mort, de vrais enfants de lumière. Le cierge bénit 
qu'on mettra dans leur main glacée à cette heure 
d'angoisse où tout s'efface, où tout sombre ùans la 
nuit du tombeau, dira alors la foi, l'espérance, la 
charité de celui qui a vo\ilu se rendre à l'appel du 
Maître, ayant à la main le flambeau du bon servi- 
teur qui veille. 



Il me sen 
7 



iiblerait convenable que le cierge de la 



— 192-- 

première communion qui rappelle tant d'émouvants 
et délicieux souvenirs, reçût cette bénédiction du 
Kosaire .\e serait-ce pas unir deux choses qui s ap- 

îu inHmeri ' '"""'r '^'' '^PP°^*« '^'^'^ -"tar^t 
qu intimes : la première communion et la der 

nieie. ' ' ' " 

Que le confrère se munisse donc à l'avance de ce 
cierge benit auquel est attachée une indulgence plé- 
niere. Des maintenant, il lui rappellera les salu- 
aires pensées de la mort et de l'éternité. Sa seule 
vue lui aidera a se préserver du péché et à se tenir 
toujours prêt à mourir. 

Les derniers moments arrivés, on le mettra tout 
allumé dans sa mam, afin qu'il soit spécialement as- 
siste par Jésus, Marie et Joseph, dans ce terrible et 
sombre passage de la vie présente à l'éternité. Sa 
petite flamme tremblante dira à la Sainte Vierge 
i amour de .son enfant i.our elle. Cette prière mu- 
ette a celle qui fut si souvent suppliée d'être pré- 
sente _ a 1 heure de notre mort" remplacera le mot 
qui résume toutes les tendresses et toutes les dé- 
tresses : mère ! mère ! 

Tu le vois, ma frêle nacelle 
Est le jouet de l'ouragan. 
Marie, étends sur moi, ton aile; 
Sauve-moi, je suis ton enfant! 

Parais, étoile tutélaire. 
Chasse les ombres de la mort. 
Que ta bienfaisante lumière 
Me montre le chemin du port. 



— 193 — 

Marie n'est-elle pas, en effet, l'Etoile du matin, 
dont la doT'.ce et captivante lumière accueille au seuil 
de l'autre monde, au matin de leur éternité, ces 
âmes qui se sont confiées en elle? 



LA MESSE VOTIVE DU ROSAIRE. 

De même que les membres do la Confrérie réci- 
tent le Rosaire, en union les uns avec les autres, il 
est à conseiller qu'aux jours annoncés par le prêtre 
pour la célébration de la Messe Votive à laquelle est 
attachée pour eux aussi, au moins une indulgence 
plénière, ils fassent encore là, acte de confrères en 
s(^ recommandant mutuellement à Dieu et à la 
Vierge. Pour le faire dans le langage et selon les 
intentions mêmes de l'Eglise • — ce qui assure tou- 
jours une particulière efficacité à nos prières — on 
nous saura gré de trouver ici, la traduction des trois 
oraisons de cette Messe, tirées du Missel Domini- 



Oraison du commencement de la Messe. 



Dieu tout-puissant et miséricordieux qui, de toute 
éternité, avez prédestiné votre Fils unique, égal et 
consubstantiel à vous, pour devenir Notre-Seigneur 
Jésus-Christ en prenant un corps par l'opération de 
l'Esprit Saint, lui choisissant comme mère, avant 
les siècles, la très sainte Vierge Marie, objet préféré 



— 194 — 

de vos délices : faites, nous vous en supplions, que 
par leurs mérites résumés dans les quinze mystères 
adorables du très saint Rosaire, ces mystères de- 
viennent tellement, ici-bas, l'objet de notre zèle 
pieux, que nous puissions en savourer constamment 
les douceurs, au sein de la béatitude de la vie cé- 
leste. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. 
Ainsi soit-il. 



Oraison après l'offertoire. 

Dieu de miséricorde, accordez aux prières de nous 
tous qui sommes enfermés dans l'enceinte fortifiée 
di'^ Rosaire de :Nrarie, dédié à son Fils unique, la 
grâce de vous plaire, par une entière et parfaite piété 
de corps et d'âme, afin que vous offrant nos hom- 
mages, dans le présent, nous méritions de parvenir 
avec votre secours, aux récompenses éternelles. Par 
le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il. 

Oraison après la communion. 

Dieu tout-puissant, accueillez avec bienveillance, 
ceux qui honorent les augustes mystères du très 
saint Rosaire, consacrés par votre iEglise fidèle, h 
l'honneur de Marie, Mère de Dieu, toujours vierge. 
A tous ceux qui espèrent en vous, accordez le bien- 
fait de votre secours, en donnant force aux Mystères 
et efficacité aux prières. Par le même Jésus-Christ 
Notre-Seigneur. Ainsi soit-il, 



— ISO- 



LES QUINZE SAMEDIS DU EOSAIRE. 

Cette dévotion prit naissance à Toulouse en 
France, vers la fin du dix-septième siècle et se ré- 
pandit en peu de temps d'une façon si merveilleuse 
que l'on vit en 1686 à chacun des quinze samedis, 
plus de 1,400 personnes s'approcher des Sacrements. 
Elle consiste à communier quinze samedis consécu- 
tifs en l'honneur de Notre-Dame du Saint Rosaire, 
chaque samedi étant consacré à un mystère particu- 
lier. 

On peut pratiquer cette dévotion aussi souvent que 
l'on désire, et à toute époque de l'année, bien que 
la plus à conseiller soit celle qui précède immédiate- 
ment la fête du Rosaire. 

Ceux qui sont légitimement empêchés — comme 
leç ouvriers ou les gens de la campagne — d'accom- 
plir les œuvres prescrites, les samedis, peuvent les 
renvoyer aux dimanches et gagner toutes les indul- 
gences. S. C. T., 17 sept. 1892. 



Indulgences des quinze s.^medis. 

Quatre indulgences plênières, 

dont trois pour les Confrères qui pendant quinze 
samedis consécutifs, après avoir reçu les Sacrements, 
visitent l'église de la Confrérie, et y prient aux in- 
tentions du Pape. Elles peuvent être gagnées à 
trois des quinze samedis choisis à leur gré. 



196 



Une quatrième pour tous les fidèles, à l'un des 
quinze samedis au choix, si chacun de ces sameiis. 
•n s'approche des Sacrements, et récite le chapelet 
ou Mers du Rosaire. 



Indulgences partielles. 

Pour chacun des samedis autres que ceux dont 
nous venons de parler, les confrères du Rosaire pei 
vent gagner une indulgence de 14 ans et 14 quarai 
tames ou carêmes. Cat. des Ind., nos 3 6 37 . i 
app. 6, 7. ' ' 



leu- 



LE MOIS DU ROSAIRE : MOIS D'OCTOBRK 

^^ "Unis à vos pasteurs, célébrez le mois du Rosain. 
"en toute joie et ferveur : Coadunate pastoribus, Bo^ 
"sarii mcnsem in lœfifia et fervore célébrantes: 
Léon XIII, Inter densas., 11 sept. 1887. 
^^ "Cette divine Mère a reçu nos fleurs au mois d. 
"mai; Nous voudrions qu'un généreux élan de l;i 
"piété universelle lui dédiât également le mois de> 
"fruits." AuGUSTissM-Tî., 12 sept. 1897. 

Le mois de mai est le plus fleuri, le plus embaii 
mé ; il exprime si bien par l'éclat et les doux pai'- 
fums de ses fleurs, la suave pureté de celle que 1 1 
liturgie appelle le lis des vallées : c'est le mois cou 
sacré à la virginité de Marie. 






— 197 — 

Ls mois d'octobre est le plus riche, le plus fé- 
(■ond, celui qui pur l'abondance et la saveur de ses 
Iruits, symbolise la maternité divine d'où dérivent 
les fruits de la Rédemption : c'est le mois consacré 
à la maternité de Marie. 

Léon XIII a exhorté les fidèles à consacrer avec 
une piété et une solennité particulière, tout le mois 
d'octobre à Notre-Dame du Saint Rosaire, afin d'ob- 
tenir le secours de Dieu, dans les grandes difficultés 
que traverse l'Eglise. En conséquence, il a décrété 
que chaque année ù partir du 1'' octobre jusqu'au 2 
novembre suivant, on réciterait, tous les jours, au 
moins cinq lizaines du Rosaire, avec les Litanies 
(le liorette et la prière à saint Joseph. Pour la com- 
modité de ceux qui ne pourraient pas assister à cet 
exercice, à l'église, je reproduis ici, ces prières. 

A dix-huit reprises différentes ' le Pape a insisté 
pour que cette pieuse pratique fut observée dans la 
monde entier, et dans toutes les églises. 



' SnpRE.MI., 1 sept. 1883; Salutaris., 24 déc. 1883; SntERiORE., 
30 août 1884; Inter plurkmas., 20 août 1885; Post éditas., 2C 
août 1886; Pic volte., 31 oct. 1886; Vi È ben noto., 20 sept. 
1887; DinruRNis., 5 août 1888; Octobri., 22 sept. 1891; Ma- 
cN.t:,, 7 sept 1892; ' ktiti.ï., 8 sept. 1893; Jucunda., 8 sept. 
1894; Adjctbicem., o sept. 1895; Fidentem., 20 sept. 1896; 
AcousTissiM.»!., 12 sept. 1897; DiniCENi., 5 sept. 1898; In ea , 
29 août 1899; Parta., 7 sept. 1901 



— 198 — 

INDULGENCFS POUR LE MOIS DU SAINT EOSAIRE. 

Deux indulgences plènières. 

La première au jour de leur choix pour les Con. 
frères qui assistent an moins dix fois, à l'exerciw 
du mois d'octobre habituellement institué dans les 
églises des Frères Prêcheurs, pourvu qu'ils reçoivent 
les Sacrements et prient aux intentions du Pape 

La seconde, au jour de leur choix, pour les Cou 
frères qui, après l'octave de la fête du Eosaire, rr- 
citent le chapelet au moins dix fois dans le cours du 
mois d'octobre, soit à l'église, soit à la maison, pour, 
vu qu'ayant reçu les Sacrements, ils visitent une r 
glise et y prient aux intentions du Pape. 



Litanies de Lorette. 

Seigneur, ayez pitié de nous. 
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. 

Seigneur, ayez pitié de nous, J.-C, écoutez-nous. 
Jésus-Christ, exaucez-nous. 



Père céleste, qui êtes Dieu, 

Fils, Eédempteur du monde, qui êtes Dieu, 

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, 

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, 

Sainte Marie, 
Sainte Mère de Dieu, 






199 



Sainte Vierge des vierges, 

Mère du Christ, 

Mère de la divine grâce, 

Mère très pure, 

Mère très chaste, 

Mère toujours vierge, 

^^ère sans tache, 

^rère aimable. 

Mère admirable, 

Mère du bon conseil. 

Mère du Créateur, 

Mère du Sauveur, 

Vierge très prudente. 

Vierge vénérable, 

Vitige digne de louange, 

Vierge puissante, 

Vierge clémente. 

Vierge fidèle. 

Miroir de justice, 

Trône de la sagesse, 

Cause de notre joie. 

Chef d'œuvre du Saint-Esprit, 

Idéal d'honneur. 

Modèle admirable de piété. 

Rose mystérieuse. 

Tour de David, 

Tour d'ivoire, 

Maison d'or. 

Arche d'alliance, 

Porte du ciel. 

Etoile du matin. 

Santé des infirmes, 



N 



1 
I 



— 200 — 

Refuge des pécheurs 

Consolatrice des affliges, 

Secours des chrétiens, 

Reine des Anges, - 

Reine des Patriarches, ; 

Heine des Prophètes, 

Heine des Apôtres, ; 

Reine des Martyrs, ] 

Reine des Confesseurs, : 

Reine des Vierges, '• 

lieine de tous les Saints, 

Reine conçue sans le péché originel, 

Reine du très saint Rosaire, 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du momY 
pardonnez-nous Seigneur. 

Agneau de Dieu qui effacez les pèches du monde 
exaucez-nous Seigneur. 

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde 
ayez pitié de nous. 



Notre Saint Père le Pape Benoit XV, le 1" octo- 
bre 1915, a accordé à tous les fidèles, 100 jours d'in- 
dulgences applicables aux défui s, chaqiie fois qu'il.- 
diront ifeme du Très Saint Rosaire, priez pour nou.i. 
Ajoutée aux Litanies pour toute l'Eglise, par Léon 
XIII, le 24 décembre 1883, cette invocation était en 
usage dans l'Ordre Dominicain, dès 1614. 



201 



pHiÈitii À SAINT Joseph. 

Nous recourons à vous dans notre tribulation, bien- 
litiui'ux .Io8e|)li, et, après avoir imploré le secours 
de votre très sainte l'poiise, nous sollicitons aussi 
avec confiance, votre patrona{,'e. Par l'affection qui 
vous a uni à la Vieige Ininiaciilée Mère de Dieu; 
par l'amour paternel dont vous avez entouré l'En- 
fant Jésus, nous vous supplions de regarder avec 
bonté, l'béritage que Jésus-Cbrist a conquis, au 
[nix de son sang, et de nous accorder votre puissant 
secours, dans nos besoiiis. Protégez, très vigilant 
Gardien de la Divine Famil'e, la race choisie d« 
Jésus-Christ; écartez de nous, père très aimant, 
toute souillure d'erreur et de corruption. Soyez- 
nous propice, ô notre très puissant défenseur, et, du 
haut du Ciel, combattez avec nous, contre la puis- 
sance des ténèbres. De même qu'autrefois, vous 
avez ariaché l'Enfant Jésus au péril de la mort, 
gardez aujourd'hui la sainte Eglise de Dieu, contre 
les pièges de l'ennemi et contre toute adversité. 
Etendez pour toujours, sur chacun de nous, votrs 
protection, afin que marchant sur vos traces et sou- 
tenus par votre secours, nous puissions vivre sainte- 
ment, mourir pieusement, et obtenir la béatitud» 
éternelle du Ciel. Ainsi soit-il. 



"Nous prescrivons, dit Léon XTIT, que pendant 
"tout le mois d'octobre, :i la récitation du Rosaire, 
' 'on ajoute cette prière à saint Joseph , u sera ainsi 
"fait chaque année, à perpétuité. A ceux qui ré- 
"citeront dévotement cette prière, Nous accordons, 



— 202 — 

"pour chaque fois, une indulgnirc dr 7 ans i-l 
"quiinnitainru." (^uamqi'AM., lu iioùt 1889. 



ACTE DE CONSECRATION A NOTRE-DA^IK 
DU ROSAIRE. 



^^ 



Reine du Très Saint Rosaire, prostemô devant 
votre trône, je me consacre à vous pour toujours : je 
vous donne mon cœur, et je veux, après Dieu, vous 
aimer par-dessus toutes choses. Au nom de vok 
joies, de vos douleurs, de vos triomphes, soyez-moi 
la Mère de miséricorde. Prenez en pitié ma pro- 
fonde misère : c'est dans le Sang de Jésus et dans 
vos intercessions que sont toutes mes espérances. 
Aidez-moi à bannir do mon âme et de mon corps 
ce qui vous dépb.ît ; à les sanctifier l'un et l'au- 
tre par l'imitation de vos grandes et aimables vertus, 
surtout la belle parmi les plus belles, celle de la 
chasteté dont vous êtes le modèle sans tache. Soyez 
ma défense dans les tentations, mon refuge dans les 
dangers, mon secours dans mes besoins, mon appui 
dans mes défaillances, mon conseil dans mes doutes, 
ma consolation dans mes peines. 

Je m'engage, en retour, à vous offrir souvent, la 
couronne du Rosaire, symbole de celle que vous 
portez au Paradis. Bénissez-moi ainsi que tous ceux 
qui me sont chers en ce monde, et ne permettez pas 
ju'aucun de nous offense jamais Dieu, au moins 
mortellement. TLa pensée nue tant de péchés commis 



— 203 — 

flans le passé pounnicnt ne pas être pardonnes, m'ef- 
fiiive et m'iinpoiss.' ; ohtencz-m'fn une vraie tlo«i- 
l,,.V nui lf« '•f'"^-f' Acconle/.-nioi la force de iiip 
c.rrifier de mes habitudes mauvaises et d'accomplir 
parla itenient mon devoir, jusqu'à la fin de mes 
leurs II me reste .ncore une grâce à vous deman- 
der ô vous Mère de la divine grâce : quand viendra 
Il mort, ne maliandonnez pas. In enfant peut-il 
mourir sans que sa mère soit près de lui. Douce 
mère du Ciel, sovez près de moi pour me protéger à 
cette heure redoutable dont dépendra mon sort à 
jamais. Pardonnez h ma témérité : venez alors me 
rassurer i.ar votre maternelle présence. Ils sont 
nombreux ceux dont vous avez ainsi réjoui i agonie : 
que je sois de ceux-là. Un jour, grâce \ vous, j au- 
rai enfin le bonheur d'aller vous en remercier en 
Paradis et d'y chanter les miséricordes de Dieu et 
lc« vôtres durant toute l'éternité. Ainsi soit-il. 



LE SANCTUAIRE NATIONAL DE NOTRE- 
DAME DU ROSAIRE AU CAP DE LA 
MADELEINE. 



Le 12 septembre 1915, des fêtes grandioses, pré- 
sidées par Son Eminenoe, le cardinal Bégm, arche- 
vêque de Québec, et Sa Grandeur monseigneur Clou- 
tier évêque des Trois-Rivièrea, commémoraient le 
deuxième centenaire d'un sanctuaire déclaré lieu de 
pèlerinage national par le Toncile Plénier de Québec, 



— 204 — 

en 1909: Notre-Dame d.. Saint Rosairp. du Cap do 
li' .Aradelcno. r/i„t,',o.s.sant historique publié ici est 
a peu i>rvs m rriniso, de monseigneur de Tiois-Ri^ 
vicroH. 

l'éon Xlir „vait voulu se faire représenter dans 
"Il Inl.leMu, à ffenoux devant Xotre-Oame du Ro- 
saue <|u II désifr,,,. Miix fidèles, d'un peste qui veut 
«lire : ■ Voilà votre mère." 

C'est la Rloire de monaeiRneur Cloutier d'avoir 
reproduit le ménie geste de vénération et de confi- 
anee filiale, d'avoir aeeueilli avec une joie, un em- 
pivssement partieulier, les directions du Chef de 
I Kglise, de. s'en être fait au milieu de nous, l'écho 
vigoureux et convaincu, de les avoir propagées avec 
tm zèle, une persévérance, un sens délicat des chc- -! 
de J^ieu, qui se louent eux-mêmes dans l'âme do 
tous les vrais serviteurs de Marie. ,\vec eux je 
reclarn,. le privilège de m'incliner profondément 'de- 
vant I eve.|iie de Xoire-Dame du Rosaire 

L'origine de la dévotion i'i la Sainte Vit ■ au 
( ap de la Afadeleine date des premiers temps . • la 
colonie. Klle nous est venue de France . "Terre de 
•Alarie, ' avec les premiers découvreurs et les pre- 
miers missionnaires. 

Quand Jacques Cartier dressait, le 7 octobre 1535 
une grande croix sur une des îles de l'embouchure de 
la rivière de Fouez — Saint.^raurice — quand le 
2o juillet 1015. le Père Denis, récollet, retournant 
a\ec Tontgravé de la Rivière ûes Prairies à Québec 
s arrêta aux Trois-Rivièr 's pour y célébrer la pre- 
mière messe qui ait jamais été dite à cet endroit la 



— 20.j — 



Vil■r^'e Mmi.' pri'iiiiit |i(m«»'»8i<m, ••" mt'iiic temps 
(iiic Hon Divin Kils, de la terre trifluvienne. 

Kn lf>:J4, len Pères Lejeuiic et Hutenx, jésuites, 
veniiiit, il lu suite de Lavio'ette. fonder une premier.- 
.■lirétienté au fort des Trois-Kivières, la placèrent 
sous le patronage de riminaculép-ronee|)ti((n. 

Elle dut alors jeter un regard de prédilection sur 
notre point.' .le sable pour y établir le siè^'e de su 
.lévotion. Deux ans plus tard, en effet, elle insi.i- 
rait à Monsi.'ur de la Ferté, nbbé d.- la >radeleme, 
membre do la Société des ('.'nt Associés, Ti.l.'e .le 
concéder aux Pères Jésuit.'s, un terrain de deux 
lieues de front sur trente de profondeur, au Cap des 
Trois-Rivières, — aujourd'hui Cap de la Madeleine, 
— dans le but d'y établir un centre de missions sau- 
vaiies Le jwste fut fondé sur !a rivière Faveret. 
et dès lors, la parole évanpéli.pie y fut dispensée 
chaque ann.'e aux diverses tribus indiennes assem- 
blées pour la traite des pelleteries. Après avoir ap- 
pris de la bouche des missionnai.cs à prier .t chanter 
h' Mère du Rédempteur, ils s'en retournaient, Atti- 
kamègues du Nord, Abénaquis du Sud, ^rontasînal8 
de l'Est, Algonquins et Hurons de l'Ouest, vers leurs 
territoires respectifs, où ils enseignaient, à leur tour, 
à leurs familles, à réciter le chapelet et ft chanter 
1p "Salve Regina." Le Cap rayonna.t déjà aux 
quatre coins du Canada la chaleur bienfaisante de 
Kl dévotion Mariale. 

Le Cœur de la Sainte Vierge suivait avec amour 
les développements de sa terre privilégiée. Elle en 
voyait dans les éternels décrets de la Providence, la 
sublime destinée. Aussi bien, voulut-elle la mar- 



— 206 — 

qiier d'un sceau divin, la purifier, la consacrer. Le 
Ciel permit que des hordes d'Iroquois vinssent v pro- 
mener le fer et le feu. Les chr.^tiens tombèrent 
nombreux sous les coups de leurs tomahawks et In 
terre du Cap, reçut, de 1G50 à 1660, le baptême du 
sang. Sacrée, comme l'arène du Colisée, par les os- 
sements de ses martyrs, elle est dif,'ne de devenir 
un jour, une terre de miracle. 

Les documents rapportent que les Pères Jésuites 
avaient construit en 16Ô9 une chapelle de bois à 
une certame distance du fleuve. En 16G1 afin de 
la soustraire à la barbarie des Troquois, ils là rappro- 
cherent du Fort (t la fixèrent, selon toute apparence 
à l'endroit ocoupé par le sanctuaire actuel. Au té- 
moignage de Mgr de Laval, les sauvages continu- 
aient d'y accourir de tous côtés et en grand nombre 
La piété y régnait de façon si admirable que l'égli.sc 
du Cap reçut al.rs l'insigne qualificatif d"'Acadéniie 
d" vertu." Ur ésnite, le Père Lemoine, v mourut 
a la tâche, le 24 décembre 1665. Inhumé sous la 
première église, s^^s restes sanctifient cette terre 
avec ceux de nombreux chrétiens martvrisés par les 
Iroquois. , 

Les Pères Jésuites furent remplacés, vers l'an 
1680, par les Pères Récollets ; oeux-ci, à leur 
tour, cédèrent la desserte au clergé séculier 
en 1685. M. Paul Vachon en fut le premier 
curé. A lui revient le mérite d'avoir implanté au 
Cap de la Madolene la dévotion au Très Saint Ro- 
saire. Un diplôme officiel, en date du 11 mai 1694, 
lui accordait la faveur d'ériger une confrérie dans sa 
vieille chapelJe de bois. Ce diplôme qui porte la 



\ 



— 207 — 

si'matme du Fr. Antonin Cloche, général des Do- 
minicains ù Rome, le contre-seing du Fr. Antonui 
Massoulié, inquisiteur de Toulouse, fut approuve 
par Mgr de Saint-Valier, le 4 octolne 1697. 

A l'occasion de la visite pastorale de 1714, Mgr de 
Saint-Valier émit un décret obligeant les fidèles de lu 
paroisse du Cap et de Bécancour, sa filiale, à cons- 
truire une église i)lus vaste et plus solide. Sur son 
heureuse suggestion, une (luête fut faite auprès des 
principales villes de la Nouvelle-France, pour re- 
cueillir les fonds nécessaires. (,)uél.ec, dans la per- 
sonne de Mgr de Saint-Valier; Trois-Eivières, dans 
celle de son gouverneur, M. de (ialifot; Montréal, 
par le ministère de modestes donateurs dont les 
noms comme tant d'autres aujourd'hui encore, sont 
cornus de Dieu seul, favorisèrent, de leurs aumônes, 
l'éclosion de cette humble semence. T/on peut donc 
dire (pie notre Sanctuaire National de Marie, doit sa 
naissance, non seulement à quelques personnes in- 
téressées mais au pays tout ctUicr, représenté alors 
par les trois principales villes que nous venons de 
nommer ! 

"Depuis la mort de Messire Vachon jusqu en 
1844 la paroisse du Cap n'eut plus de curé résidant. 
Cette absence explique que, durant un espace de 
temps qui se prolonge jusqu'à la moitié du 19' siècle, 
le décret d'érection et la Confrérie elle-même pa- 
raissent être demeurés dans l'oubli. 

"Ce n'est qu'en 1807 que le culte du Très Saint 
Rosaire fut remis on honneur par M. le V. G. Luc 
Désilets, curé de la paroisse du Cap. 

"Le fait qui donna le signal de cette restauration 



^tf'i. 



— L'OS — 

est fort insignifiant on appuivntv, mais Dieu ne - 
l'Iiiit-il pas souvent à se servir d'instruments niên, 
vulpures pour manifester ses volontés'.' N'a-t-il in- 
P'"''' autrefois par la honoli,' ,!.■ l'ânesse de Balniii. 
pour reprendre le jiroplièle? 

"Vuoi (]u-il en soit, M. Désiiets, honniie de I,, 
sunpje et vive, re-arda ce fait eomme un avis ,li 
eiel. 

"("l'Iait la veille de rAscension. M. DésiJeis mv 
f-'re ses pressand.s invilations, n'avait pas reneontiV 
une seule personne au eonfessional. r..^ pauvre pi~ 
•''iir s',.n revenait dir,. sa peine à Notre-Sei-ne,,, 
quand il aperçoit soudain, devant l'autel du Rosaiiv 
i;'i iM.ureeau tenant entre ses dents un chapelet qu'il 
(■fiiaine. Le curé chassa le vilain animal en lui arr . 
chant le chapelet, mais une p.nsée lui vient qui I 
trappe étrangement: "Les liommes, se dit-il hn. 
sent tomber le chapelet, et les pourceaux le ràma. 
sent. Il se jette à fjenoux devant la Madone n 
jure de se con.sacrer ù rétablir et à propager la \v 
votion au Saint Rosaire. Tl prêche le -Rosaire à sr. 
paroissiens, leur en fait connaître les privilèges n 
la puissance; des guérisons s'opèrent, des faveiii- 
sont obtenues, présage d'autres faveurs plus n,u,d ■. 
encore. 

LR "pont PES CHAI'Kl.KTS." 



"En ]878, un événement qui fient du prodige e' 
auquel les nombreux témoins s'accordèrent à recian 
naître un caractère merveilleux, amena la dédicae, 



209 — 



de la vieille église à Notre-Dame du Très Saint Ro- 
saire, et marqua l'origine des pèlerinages. 

"Un décret de Mgr l'Evêque des Trois-Rivièrcs 
ordonnait la construction d'une nouvelle église. Cette 
construction devait être suivie de la démolition du 
vieux temple. I^a pierre avait été préparée à Sainte- 
Angèle, de l'autre côté du fleuve. La transporter 
par bateau eut été trop dispendieux, il fallait at- 
tendre l'hiver. Tous les dimanches, après la messe, 
on récitait le chapelet pour obtenir un pont de glace. 
Mais on avait beau prier, le fleuve demeurait tou- 
jours libre. Janvier et février étaient passés ; mars 
s'écoulait de même ; la saison des grands froids était 
finie ; il semblait que l'on n'avait plus rien à espérer. 
M. ])ésilets fit alors le \œn que, si la sainte Vierge 
lui obtenait un pont de glace à cette saison avancée, 
il conserverait la vieille église pour la dédier, avec 
l'agrément de l'Ordinaire, au culte dt; Marie sous 
io vocable de Notre-Dame du Très Saint Rosaire, et 

qu'il ferait bénir la nouvelle église le jour de la fête 
du Saint Rosaire, conmie un ex-\ 'o à Marie. 

"Enfin, le 1~> mars, l'anse du Cap apparut cou- 
verte d'une couche de neige parsemée de petits bancs 
de glace qu'un ^ t violent avait détachés du rivage. 
Le lendemain qui était un dimanche, M. Duguay, 
vicaire de la paroisse, entreprit avec quelques pa- 
roissiens de découvrir un passage sur le fleuve. C'v- 
tait une tentative hardie. Les glaçons, épars et sépa- 
rés par des espaces variant de 5 à 100 pieds environ, 
n'étaient joints ensemble que par de la neige flottant 
sur ime légère contextnre de paillettes glacées. Per- 



210- 



suafk's que lii Vierfjt" du Rosaire les protégerait, M. 
Duguay et ses compagnons n'hésitèrent pas à entre- 
prendre cette traversée périlleuse. Quelques heur. ^ 
plus tard, ils atteignirent heureusement à la riv. 
sud. La nuit était venue. On décida qu'il 
fallait quand même baliser le passage, et ar- 
roser d'eau, pour en faire une glace solide, la neif.'. 
flottante qui reliait les glaçons. Trente à quarant. 
hommes travaillèrent jusqu'à une heure avancée dr 
la nuit sans jHesque de lumière et sans accidents 
Ils constatèrent clairement l'absence de glace solidr 
il maints endroits, soit en enfonçant jusqu'à l'eau, un 
bâton, le pied ou la main, soit en entendani l'enn 
qu'ils versaient bruire à travers la neige et reprendiv 
le courant du fleuve. La foi de ces hommes en la 
protection de IVIarie était telle qu'ils travaillaioni 
sans crainte au milieu de fous ces périls, et disaient 
avec assurance en regardant la lumière du presbv 
tère : "Il n'y a pas de danger, M. Désilets dit son 
chapelet." 

"Les jours suivants, le "Pont des chapelel.s" 
comme l'a appelé la foi des paroissiens du Cap, parut 
couvert de voitures chargées de pierre, et il se désa- 
grégea de lui-même aussitôt que la quantité de pierre 
demandée eût été transportée. 

"L'église nouvelle se construisit, et la vieille con- 
servée suivant le vœu de ^L Désilets, fut solennelle- 
ment dédiée à Notre-Dame du Saint Rosaire. C'est 
depuis cette date que la modeste chapelle est de- 
venue un lien de j.Merinage proprement dit. 

"M. le G. V. Désilets avait consacré beaucoup de 
son temps à faire connaître et aimer le Rosaire, à 



— 211 — 

réunir aux pieds de la Mère de Dieu les vœux de sm 
Se, les gén^issements des affligés, des rnalade 
en supplications de tous les malheureux; .1 a^a.t 
versé de grandes s< Times d'argent pour les cens- 
n étions, les achats de terrain et les agrandisse 
ments nécessaires aux développements futurs dont 
il avait la claire perception, de sorte que sa mort jeta 
1. paroisse dans de grands embarras finanncrs^ 

••Le Eév M. Duguay, qui avait été durant 10 ans 
le disciple de M. Désilets, devint son successeur, e 
hérita du manteau de son zèle et de ses vertus. Ln 
erdossant des responsabili'.és qui parau saient nsm - 
montables. il comptait que Mane se chargerait d en 
procurer la solution, et qu'elle se devait Je con 
duiro à bonne fin des entreprises inspirées par 1 ^- 
mour de sa gloire. H ne fut pa^ déçu. 



Les pèlerinages. 

"C'est le Rév. Père Frédéric de Ghy^elde O.R 
M. Commissaire de Terre Sainte en Canada qui fut 

envoyé de la Providence. Le bon Père be fit géné- 
eiSent le coopérateur et l'aide du curé de la pa- 
Se dans le soin de la Confrérie d" Rosaire >des^ 
sorte du sanctuaire et la réception des pelenna|es. 
Grâce à l'ascendant que sa vertu éprouvée lui don- 
naTt sur les populations; grâce à ce que no.s pour- 
Hons appeler son magnétisme, il contribua pour une 
large part au règlement dos d>f -f ^-^ ^a effu- 
sion de la dévotion au Très Saint I.usaire. 

"Cependant de nouveaux besoins se faisaient sen- 



— 212 — 

tir à mesure que le culte du Saint Rosaire prenait de 
I extension. Les ,. ..erins affluant de plus en plus, il 
fallait trouver de nouveaux ouvriers pour travailler 
à la moisson. C'est ainsi que les dignes fils de saint 
François, ceux de saint Dominique, et les RR. PP. 
Obliits furent appelés tour à tour à venir prêter main 
forte au dévoué pasteur dont le zèle ne pouvait suf- 
iiie à tant do fatigues et de travaux. Il fallait de 
|iius, rendre le sanctuaire, d'un accès plus facile 
aux pèlerins. M. le sénateur, H. Montplaisir fit 
construire un quai qui depuis lors a servi de débarca- 
dère à ceux venant par la voie fluviale ; c'est encore 
a la générosité du même bienfaiteur, ainsi qu'au 
dévouement des paroissiens, que l'on doit la voie 
ferrée qui relie le Cap au chemin de fer du Pacifique 
Canadien. 

"Pendant que progressait ainsi la dévotion au 
Saint Rosaire, :Monseigneur Laflèche surveillait et 
Mcourageait tous les efforts. II aimait à venir de 
temps en temps saluer les pèlerins du Cap, et les 
édifier de sa belle parole à la fois si simple, si élevée 
et SI puissante. Il ne laissait pas, toutefois, d'obser- 
ver une prudente réserve, laissant au Ciel le soin de 
démontrer le caractère providentiel et surnaturel 
de cette œuvre. 

"Quelques semaines avant sa mort, au curé qui 
Im représentait que les besoins toujours croissants 
du ministère réclamaient la présence ici d'une con- 
grégation religieuse, il répondait : "Je le comprends, 
une congrégation religieuse est devenue nécessaire,' 
mais ma fin est proche, et je veux laisser à mon suc- 



— 213 — 

(.■esseur le soin de mettre le eonronneinent à c^ette 
œuvre. . , , • < 

■•La ProvWence a voulu q"^/'^" V^,';'! Tr 
Notre partage. Dans un n'^»"'!*;"'^" „ ^"J ,'*^ ^, ,', 
Saint Eosaire, promulgué en mil non cen , N^ 
exhortions les fidèles de Notre diocèse a yemr lu, " 
rer et prier la Reine du Ciel dans son veneré sanc- 
tuaire du Cap, que Nous désignions comme heu 
rSennage'diocésain. Nous adoptions - „.eme 
temps certaines dispositions provisoires ^ n de pro 
longer quelque temps encore la période dçpreu^.s 
d "cette œuvre naissante. La réponse d"cfl "".«'' 
fit pas ongtemps attendre. Les faveurs de la Reine 

Fastorae pou -Aujourd'hui, disions-nous, 

S^r^nntsoÏÏ'que la k-ovidence veut que la 
Reine du Ciel reçoive dans la petite église du Cap les 
hommages particuliers de ses dévots -rviteurs Nmis 

Îeclnalsons que ce n'est V^^ ^^^^^^^^X 
menacée de disparaître avec le talent ou le/e'e "i 
d Sel elle a eu ses difficultés et ses obstacles, 
dWa fait que s'accroître et progresser ; elle dure- 

'"• ''Nous annoncions, en conséquence, que la des- 
serte de la paroisse était confiée aux Obl^s de Ma 
rie IjBPiaculée, et que ces vrais fils de Marie, tou 



— 214 — 

jours si dévoués aux intérêts de leur Mère, seraient 
•lésonnuis les gardiens de son béni sanctuaire/' 

Les PKtioRÈs de l'œuvre. 

Les n.iraeles n'ont pas fait défaut, croyons-nous 
a.i sanctuaire du Cap de la Madeleine 

Le r)lus éclatant de tous, nous paraît être le déve- 
loppernent rapide de l'œuvre dirigée par les Révé- 
rends Pères Oblats depuis 1902. Restaura ion dt, 
sanctuaire, construction d'une vaste annexe pouvan 
donner place à près de 1,000 pèlerins, nivellemenTe 
embe ssement du terrain, - on calcule que plus de 

T\ m°^l^'' '^f '"':'' °"' ^^^ charroyés. et plus 
le 1,000 arbres plantés à cet effet, - érection de 
J-^ superbes groupes du Rosaire au prix de $800 

coût"t:iar?"f °" ''' '''^'"•" '^ 'a -ix donUe 
r^nJ .1 ' \ ''''"'^ y compris, dépassera $8,000. 
1 ensemble de ces travaux exécutés à l'aide des au 
nK,nes des 60 000 pèlerins annuels et des 16 000 
abonnes aux Annales du Rosaire, proclament £ 
haut que 1 œuvre est voulue de Dieu et de l'Eglise 
(Extma du journal le Devoir, Il septembre 191.3.) 



cr^iS^ 




TABLE DES MATIERES 



PREMIERE PARTIE. 



I. Aux lldèlei de Marie 

II. Notloni préllminairei '„ ". a 

Si vou. Liez le don de Marie, - 5. Part de 
Marie dans le culte catholique, - 6. Le triple 
emblème de la piété envers Marie, - 7. Marie 
Premier Ministre de Dieu au département de» 
erâce., - 7. Le vrai chrétien reçoit Marie 
cheï lui — 8. Le Rosaire, prière officielle de 
l'Eglise à Marie, - 9-12. Le Rosaire et la 
concurrence, - 1314. Le Rosaire et Notre- 
Dame de Lourdes, - 1517. Le Pape comment 
a.t-il été obéi? - 18. Le Rosaire et » routine, 
— 19. Le Rosaire et la fausse spiritualité — ^U. 
Le Rosaire et les petites dévotions, — 21. Le 
vrai rôle des petites dévotions dan» 1 tguse, 
22-25. 
III. 



3.4 
5-25 



Î6-28 



Notloni générale» ' V , ' j i 

Le nom de Rosaire, - 26. Symbolisme de la 
rose dans le Rosaire, - 26. Explication de la 
dévotion elle-rême, — 27. 

29,41 

IV. Ntt'.lon» détaillée» ■„■'." 1 

Ricilntion de, prière, du Rosaire: Rosaire et 
chapelet, — 29. Prières avant et après, — -W. 
Le .Je crois en Dieu du commencement et le 
Gloire soit au Père, - 30. Invocation au Sacre- 
Cœur — 30. Le lieu, la manière et le langa- 
ee — 31. Séparation des dizaines j omission de 
quelque. Pater ou Ave, - 31. Les «lurds- 
muet»; coutume d'alterner; récitation en com- 



— 216 — 



mun, — 32. Rwitation pindant le travail ma- 
miol; récitation Ho« mèmca prière», — 33 
Miditation de, quime mystère»: méditer eit 
chose facile ; manière de méditer, — 34-35 Mé 
oiter sur chacune de» quinze dizaines; quand 
faut il medi.er? _ 36. Enonciation de» mys- 
tères ; vœu du Congrès Mariai de 1900, — 37 
Les iRnorant», les enfant», les malade, qui ne 
peuvent pas méditer, _ 38. Mystère» et in- 
tentions correspondante», — 39-41. 

V. Le Rosaire comme méditation ou contemplation. 42.66 

I raie mWMde de méditation ou de contempla- 
tion: nne qucstio i de fait. —42 45. Les prin- 
cipes. — 46. Les principes appliqués au Ro- 
«aire. - 47-51. Seule méthode de méditation ou 
Ile nnntemiilati,,,, accessible à la généralité des 
M'ies: les simples fidèles doivent méditer.-52 
Nécessite pour eux d'une méthode courte, simple, 
variée, — 53. Le Rosaire réunit ces condi- 
tions. - 54^57^ Leur foi y est surtout inté- 
ressée. - M-S9. Idée fausse sur la contem- 
plation, - 60-62. Méthode de méditation ou 
de contemplation, calholi,,ue par excellence, 

VI. Exposition des quinze mystires .. 66-94 

Mystères joyeux. - 66-73. Mystères doulou- 
leux. - 74-84. Mystères glorieux, 85-94. 
VII. Indulgence» en général .... 95 , .3 

A^WJ^ l'indulgence, _ 95-96. ' Le 'Trésor 

1 QBS.'"''r^^7- ^■■' Communion des Saints, 

im 1;» '»?"!e™«« plénières et partielles, 

réelle^ -■ 103 "^""'■^ '"'■'''«'• Pt^rsonnelles. 



vm. 



Conditions générale, pour gagner les indulgen- 

LéUtdeCTâce: -ï(«- L'intention; -^ m.'*'''"' 



L'accomplissement Ach 



n-uvres prescrites, — 105. 



IX. Condl;ion. «pédale, pour gagner le» indulgei 



.105110 



— 217 — 

ronfe..ion, - 105106. fomm....ioi.,--107. Vi- 
,ite, — 107-109. Vrièr.'», — IW- 
X. RilUratlon d.. lnd«l«enc.t; leur trm.l.rt. 

pourquoi «lie» lont »à nombrcuK» '""" 

XI. Catalogue dei Induldence. du Roaalre ; IndulUen^ 

Mi connexe, de «Inte Brigitte, de. Pire. 
CroLiler., Papale, ou Aportollque. •"'" 

XII. Remarque. Importante, .ur lindul«ence de '•»"• 

tel prlvIlégW du RoMlre ., j 

Différence entre l'indulgence plen.ere ordma r» 
et rindulKc.ue priviK'«iée.-133. ( omment elle 
doit être a,.pliquée,-133. Prod.nt elU- toujours 
se» effets, — 134. 

XIII. Entretien de l'autel du Roiaire o»„l« usl" 
\ V Avantage. Individuel, de. «5=cic. du RomI e. US-l 

Participation aux biens M;'"""''» ^e Ordre^de 
saint Dominitiue tout entier, - 136139. l-ar. 
ticipation aux suffrages de tous les associes du 
Rosaire, — 140 143. 
XV. Condition pour appartenir à la Confrérie: '•'"» ^^^ ,^g 
cription 

XVI. Obligation, de. a..ocié. ,, , . _ 147"*'" 

Pratiques recommandées aux ( ouficiea. — il'. 

, ^. .. 148 1!);) 

XVII. Rosaire bénit ,..,.• i<iq 
Sa matière, - 148. Sa henedicliou. - Ma. 
Formule fran(,ai9e de bénédiction —J^^ ^'\ 
vers usages du rosaire bénit , - 151-152. Quand 
perd il ou ne perd-il ims ses indulgences, -- IM. 
XVIII. Le Rosaire et la Sainte Messe; le Rosaire et la 
réception de. Sacrement. 

XIX. Le Ro.aire en famille '^5 I.W 

XX. Le Ro.alre et les petits enfants 15» l«2 

XXI. Le RoMlre et la vieillisse 162163 

XXII. Le Rosaire et la mort 164168 
XXIII. Le Ro.aire et le. Ame. du Purgatoire 168 170 



XXIV 

XXV. 

XXVI. 

XXVII. 

XXVIII. 
XXIX. 
XXX. 

XXXI. 
XXXII. 



— 218 — 

. PitroBi du uMcléi du RoMirt: Ici BB. AI- 
phooH de Nivirrcte tt caiiipi||Boni, mirtyra 

•"'•P" I7I.1SZ 

U RoMlre et l« conurvitton de U rellglea: 

Dfroui'rtt dtt chrétiena japonui» 183.187 

Lee roeei benltei du Roulre 187.189 

Formule française de bénédiction, — 108. 

Le cierge binlt du Rotalre 189.192 

Formule françai«e de bénédiction, — 190. 

L» Mené Votive du Roulre: Prière* I93.I94 

Lee quinze umedli du Roiilre 19s 

Le mole du Roulre : moli d'octobre 196'20l 

Indulgence», — 198. Litanie» de Lorette, — 198 
Prière i »aint Joseph, — 201. 

Acte de coniécratlon à Notre-Dame du Roulre, 202 

Notre-Dame du Roulre, au Cap de la Made- 

'•'" 203.214 










,<^>s^.^.4,.,^. 



• <■ Niiiiil |{ 



OMiirc. (i , .!,■ ,|,.s r. 



l'^ii:.-. Ivl:l; 



M l-J .1. 



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